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Marseille: un divorce avec les supporteurs qui risque de peser

  • PubliĂ© le 11 avril 2016 Ă  18:38
Une banderole des supporteurs marseillais visant la direction du club, lors du match contre Bordeaux au Vélodrome, le 10 avril 2016

Un clash qui n'en finit pas.

.. Depuis plusieurs semaines, l'OM est en guerre avec ses supporteurs, ulcérés par la saison indigne de leur équipe dont ils rendent responsables la propriétaire Margarita Louis-dreyfus et son président, une situation volcanique qui risque d'empoisonner la fin de saison.
"C'est une ville qui vit pour le foot, pour son équipe. A la voir toute la saison comme ça, ils pÚtent les plombs": cette phrase de Basile Boli, l'ancien icÎne de l'OM, résume bien les termes du divorce.
Marseille n'est qu'à 6 points du premier relégable à cinq journées de la fin, avec un calendrier délicat à négocier (avec notamment Monaco, Nantes et Angers au programme). Le scénario catastrophe d'une nouvelle descente en L2 est à portée, mais malgré le vertige d'un tel drame pour cette ville qui suinte le football à chaque coin de rue, aucune révolte visible sur le terrain.
MalgrĂ© les promesses d'un sursaut, l'OM a encore sombrĂ© face Ă  Bordeaux dimanche, plutĂŽt mĂȘme chanceux de prendre un point aprĂšs ce match nul indigent (0-0). La colĂšre des supporteurs, qui monte graduellement depuis des semaines dans une ville oĂč le football a toujours eu une dimension particuliĂšre, n'est donc pas redescendue.
Signe de l'extrĂȘme tension qui entoure dĂ©sormais les matches de l'OM, les joueurs ont du ĂȘtre escortĂ©s par la police aprĂšs le match, et les personnes encore prĂ©sentes dans le stade y ont Ă©tĂ© confinĂ©es quelques minutes.
- Le bal des chĂšvres -

La succession de pancartes caricaturant les joueurs en chÚvres sur l'air du Benny Hill's show dans le virage sud lors du match dimanche, guidée par une caricature de Margarita Louis-Dreyfus, semble avoir eu bien plus de succÚs que les timides prestations des joueurs.
"C'était le moment le plus intéressant de la soirée. Car sur le terrain, il n'y avait rien à voir": ironise Gilbert Deukmeudjian, président du Club central des supporters, qui n'était pas au Vélodrome dimanche, "car je suis fatigué et je m'attendais à ce qui s'est passé sur la pelouse". Il a donc suivi devant sa télévision cet OM?Bordeaux.
Jeudi, aprÚs une semaine de grogne des supporters qui demandaient le départ de Margarita Louis-Dreyfus, l'entraßneur Michel avait twitté aprÚs les avoir rencontrés en compagnie de joueurs dans une tentative d'apaisement: "Nous faisons le travail trÚs dur pour essayer à gagner tous les matches qui restent" (sic).
Mais cela ne s'est pas vraiment vu. A la fin du match, le parvis du Vélodrome a été le témoin d'une scÚne qui risque de se répéter: une charge policiÚre contre quelque 200 supporters qui tardaient à rentrer chez eux, ruminant leur mécontentement.
- "Pauvre OM"-
Alors qu'ils guettaient le passage éventuel du président du club Vincent Labrune, cible de la colÚre générale, ils ont cru le voir passer derriÚre la vitre d'un véhicule, ce qui a provoqué leur charge, immédiatement contrée par l'intervention des forces de l'ordre, soutenues par des jets de lacrymogÚnes.
Selon les associations de supporters, il s'agit là de réactions d'"indépendants" sans lien avec elles. "Ils sont plus dangereux car personne ne peut contenir leurs actes. Et personnellement, je ne suis pas un Canadair. Nous sommes arrivés à un stade compliqué et je dis: pauvre OM ! ", commente Gilbert Deukmedjian, président du Club central des supporters, dans le quotidien La Marseillaise.
Le désamour des supporters vise surtout les dirigeants du club. Michel a eu sa bordée de sifflets au coup d'envoi mais n'a plus été insulté ensuite, alors que Labrune a lui reçu des bordées d'injures toute la soirée.
AprÚs le match, peu de joueurs se sont attardés avec les médias. Benjamin Mendy a lancé à la cantonade: "il n'y a rien à dire, vous avez tout vu sur le terrain !".
Basile Boli, ambassadeur de l'OM, s'est fait le porte-parole du club pour tenter de faire baisser la tension. "Les supporters ont raison Ă  100%, on pensait qu'ils (les joueurs, NDLR) se donneraient Ă  fond et lĂ  c'est plus que triste". Bref tout le monde est d'accord sur la maladie, reste Ă  trouver le remĂšde...

Par Franck IOVENE - © 2016 AFP
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