Après des violences

Martinique : un couvre-feu instaurĂ© dans certains quartiers de Fort-de-France

  • PubliĂ© le 19 septembre 2024 Ă  02:58
  • ActualisĂ© le 19 septembre 2024 Ă  11:29
Plusieurs nuits de violences urbaines dans un contexte de mobilisation contre la vie chère, à Fort-de-France. | AFP

Le préfet de la Martinique, Jean-Christophe Bouvier, a annoncé l’instauration d’un couvre-feu à partir de mercredi soir dans certains quartiers de Fort-de-France les plus touchés par les violences urbaines, de 21 h à 5 h du matin, ainsi qu’un renfort de la présence des forces de l’ordre. Cet arrêté sera effectif au moins jusqu’au 23 septembre.

"J’annonce également avoir signé un arrêté de couvre-feu" dans certains quartiers du chef-lieu de Martinique, a déclaré le préfet de cette île française des Caraïbes au cours d’une conférence de presse après plusieurs nuits de violences urbaines dans un contexte de mobilisation contre la vie chère. "J’ai demandé aux forces de sécurité intérieure de saturer les axes routiers et les ronds-points de leur présence et de procéder à un maximum d’interpellations", a-t-il poursuivi.

"Cette interdiction ne s’applique pas aux personnes intervenant pour des missions de service public, d’assistance à des personnes nécessitant des soins, d’approvisionnement des commerces ou pour des déplacements liés à une activité professionnelle justifiée", est-il toutefois précisé dans un communiqué.

- Barricades -

Dans la nuit de mardi à mercredi, un McDonald’s du quartier Dillon a été incendié, laissant ses employés au chômage technique, et des barricades ont été enflammées.

Dans ce même quartier, un hypermarché Carrefour a été "envahi par une cinquantaine d’individus qui ont monté une barricade sur le parking et ont tenté de l’incendier", ont indiqué à l’AFP les autorités. Prenant la fuite à scooter au moment de la dispersion par les forces de l’ordre, un homme est tombé, se blessant légèrement. Il a été interpellé.

Ces tensions s’inscrivent dans un contexte de mouvement de contestation contre la vie chère démarré début septembre. En Martinique, d’après une étude de l'Insee en 2022, les prix alimentaires étaient 40 % plus élevés que dans l’Hexagone.

Depuis le début du mouvement, "44 véhicules" ont été incendiés et "35 locaux commerciaux privés attaqués", et les autorités ont procédé à "15 interpellations", a détaillé M. Bouvier.

Selon le préfet, "onze fonctionnaires de police ont été blessés par balle de tir d’arme à feu" et "trois émeutiers" ont également été blessés, dont l’un par balle.

- "La méthode discrédite le mouvement" -

"La cause est noble, mais la méthode, ce que nous sommes en train de vivre là, discrédite le mouvement", a dénoncé mercredi sur franceinfo Rosette Jean-Louis, présidente du conseil citoyen du quartier populaire Sainte-Thérèse, l’un des plus touchés par les violences.

Ce quartier "n’est pas concerné par le couvre-feu. Je n’ai pas souhaité pénaliser deux fois les citoyens qui y vivent, qui subissent déjà les violences, qui doivent parfois se déplacer, pour des raisons professionnelles, la nuit", a dit le préfet mercredi.

Des violences avaient déjà éclaté à Sainte-Thérèse dans la nuit du 2 au 3 septembre, au cours de laquelle des policiers avaient été la cible de tirs à balles réelles. Dans la nuit de vendredi à samedi, deux personnes ont ouvert le feu sur la façade du commissariat de Fort-de-France, sans faire de blessé. "Cette stratégie du chaos ne peut aboutir à aucune issue positive", a prévenu la préfecture.

Le Grand port maritime de Martinique, par lequel transitent 98 % des marchandises qui entrent ou sortent de ce territoire ultramarin, est lui aussi visé par le mouvement de contestation.

AFP

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