Royaume-Uni

May rencontre le patronat européen en pleine tension sur le Brexit

  • PubliĂ© le 13 novembre 2017 Ă  17:09
  • ActualisĂ© le 13 novembre 2017 Ă  17:17
La PremiĂšre ministre britannique Theresa May au 10 Downing street, Ă  Londres, le 2 novembre 2017

La PremiĂšre ministre britannique Theresa May rencontrait lundi les dirigeants du patronat europĂ©en inquiets du Brexit, au moment oĂč son gouvernement est plus dĂ©chirĂ© que jamais sur l'attitude Ă  adopter vis-Ă -vis de l'Union europĂ©enne. Deux poids lourds pro-Brexit de son gouvernement, les ministres des Affaires Ă©trangĂšres Boris Johnson et de l'Environnement Michael Gove, ont exigĂ© davantage d'enthousiasme pour prĂ©parer l'hypothĂšse d'un Brexit sans accord avec l'Union europĂ©enne alors que les nĂ©gociations patinent, d'aprĂšs le journal Mail on Sunday.

 

Selon eux, à ce rythme, "nous serons dans une position vraiment trÚs difficile en 2021" à l'issue d'une éventuelle période de transition de deux ans suivant le Brexit prévu le 29 mars 2019. Cette nouvelle démonstration des déchirements du gouvernement conservateur, entre "Brexiters" convaincus et partisans d'une approche plus accommodante vis-à-vis de Bruxelles, rend encore plus précaire la position d'équilibriste de Mme May.


SymptĂŽme de l'inquiĂ©tude des marchĂ©s pour la stabilitĂ© Ă  la tĂȘte du gouvernement britannique, la livre sterling perdait environ 1,0% lundi sur le marchĂ© des changes face Ă  l'euro et au dollar vers 09H30 GMT. Les reprĂ©sentants des patronats britannique et europĂ©en, qui vont rencontrer Mme May Ă  Downing Street, devraient insister sur l'importance d'obtenir au plus vite un accord de transition entre Londres et Bruxelles afin d'attĂ©nuer le choc.


"Il y a un sentiment d'urgence croissant parmi les chefs d'entreprise", soulignait la patronne des patrons britanniques, Carolyn Fairbairn, avant la rencontre prĂ©vue en fin de matinĂ©e. Des reprĂ©sentants des employeurs de dix autres pays europĂ©ens devaient ĂȘtre prĂ©sents, dont le Medef français mais aussi les patronats allemand, italien, espagnol et irlandais.

- Pressions de l'UE -

Au-delà de ses tiraillements internes, le gouvernement britannique fait face à la pression du négociateur en chef de l'UE sur le Brexit: Michel Barnier lui a donné deux semaines pour clarifier ses engagements sur les termes du divorce, s'il veut obtenir d'ici à la fin de l'année le feu vert de Bruxelles sur le lancement des négociations commerciales sur l'aprÚs-Brexit. Si ce délai n'était pas respecté, la perspective des négociations commerciales serait reportée à "février ou mars", selon un haut diplomate de l'UE. Une solution trÚs peu du goût de la City de Londres alors que nombreuses firmes ont prévenu qu'elles pourraient annoncer des déplacements de personnel vers le continent si aucun progrÚs n'était acté avant début 2018.


Face aux négociations qui patinent, M. Barnier a déclaré se "préparer" au scénario d'une absence d'accord. "Ce n'est pas mon option, qui serait un retour en arriÚre de 44 ans (date de l'entrée du Royaume Uni dans l'UE, ndlr). Mais c'est une possibilité", a-t-il prévenu, dans une interview au Journal du Dimanche. Outre ses divisions sur le Brexit, le gouvernement britannique a été affaibli ces derniÚres semaines par les démissions de deux ministres - la premiÚre sur fond de scandale de harcÚlement sexuel et la seconde du fait de rencontres non autorisées avec des responsables israéliens.


Dimanche, le Sunday Times a assurĂ© que 40 dĂ©putĂ©s conservateurs Ă©taient prĂȘts Ă  signer un texte de dĂ©fiance Ă  l'Ă©gard de Mme May. Si huit dĂ©putĂ©s conservateurs supplĂ©mentaires les rejoignaient, elle pourrait se voir signifier son Ă©viction de la tĂȘte du parti, d'aprĂšs le journal.

AFP

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