Il sera à La Réunion mercredi

Mayotte : Emmanuel Macron attendu sur l'immigration clandestine

  • PubliĂ© le 22 octobre 2019 Ă  07:54
  • ActualisĂ© le 22 octobre 2019 Ă  10:07
Emmanuel Macron arrive mardi Ă  Mayotte, Ă  Bruxelles, le 18 octobre 2019

Emmanuel Macron arrive mardi Ă  Mayotte oĂč il est attendu de pied ferme sur la lutte contre l'immigration clandestine et le dĂ©veloppement Ă©conomique, avant de poursuivre son dĂ©placement de quatre jours Ă  La RĂ©union oĂč un appel Ă  la "grĂšve gĂ©nĂ©rale" a Ă©tĂ© lancĂ©.

Le chef de l'Etat, qui doit arriver à 9H30 (10H30 à La Réunion) à l'aéroport de Dzaoudzi, en Petite terre, veut faire de sa visite sur le sol mahorais l'illustration du "deuxiÚme pilier" de sa politique sur l'immigration : "la fermeté" (le premier pilier étant l'humanité), selon l'Elysée.

Dans cet archipel de 374 km2, devenu département français en 2011, 48% des 256.000 habitants sont des étrangers, dont 95% de Comoriens, selon l'Insee. Situé à 70 km de l'ßle comorienne d'Anjouan, Mayotte fait figure d'eldorado pour les Comoriens, qui tentent, souvent au péril de leur vie, la traversée. En juillet, le corps d'un enfant de 5 à 6 ans a été retrouvé sur les cÎtes, soulevant une vive émotion.

"On attend des gestes forts (...), un vrai plan de lutte contre l'immigration clandestine, pas seulement de faire du chiffre en faisant des reconduites, explique Estelle Youssouffa, présidente d'un Collectif des citoyens de Mayotte, à l'origine du mouvement social qui avait paralysé l'ßle au printemps 2018, pour dénoncer notamment l'insécurité et l'immigration clandestine. On attend par exemple que l'Etat mette fin aux permis de séjour spécifiques qui fixent la population comorienne à Mayotte" car ils ne donnent pas accÚs à la métropole, insiste la jeune femme. Et pour accentuer la pression, le collectif appelle "la population à porter du blanc en signe de protestation contre le traitement qui est fait à Mayotte".

A peine arrivĂ©, le chef de l'Etat doit embarquer Ă  bord d'un navire intercepteur de la police aux frontiĂšres, dont le rĂŽle est d'empĂȘcher les kwassas-kwassas, embarcations de fortune transportant des migrants, d'accoster sur le sol mahorais. Cet intercepteur fait partie de l'opĂ©ration "Shikandra" (nom d'un poisson dĂ©bonnaire qui mord quand on s'approche de son nid) contre l'immigration clandestine lancĂ© en aout Ă  Mayotte. A son arrivĂ©e Ă  Mamoudzou (chef lieu), Emmanuel Macron rencontrera les forces engagĂ©es dans cette opĂ©ration civilo-militaire avant de s'adresser Ă  la population.

- "Piste longue" -

"Shikandra" vise Ă  atteindre 25.000 reconduites Ă  la frontiĂšre fin 2019. Au 1er octobre, leur nombre s'Ă©tablissait Ă  22.000, selon l'ElysĂ©e. Toujours sur le mĂȘme thĂšme, le chef de l'Etat se rend dans l'aprĂšs-midi Ă  Hamjago, dans la commune de M'tsamboro, au nord-ouest de Mayotte, lĂ  oĂč dĂ©barquent massivement les Comoriens.

C'est là, non loin d'un fief du Rassemblement national, M'tsahara, que le chef de l'Etat doit rencontrer la population et s'exprimer en fin de journée. Auparavant Emmanuel Macron rencontrera les maires de Mayotte pour évoquer le développement économique du territoire et le "contrat de convergence", signé en juillet à Paris, qui prévoit 1,6 mds d'euros notamment pour la construction d'infrastructures scolaires et routiÚres, l'accÚs à l'eau et à la Santé.

Un montant nettement insuffisant selon le collectif de Citoyens et le député Mansour Kamardine (LR), qui réclament notamment plus d'efforts pour une égalité des prestations sociales avec celles de métropole (aujourd'hui inférieures de moitié) et une "piste longue pour l'aéroport", afin de désenclaver le territoire.

Cette "piste longue" est aussi réclamée par les pompiers de l'aéroport de Mayotte, qui ont annoncé qu'ils n'assureraient pas la sécurité à l'arrivée de l'avion présidentiel, marquant aussi leur solidarité envers leurs collÚgues de métropole, dont une récente manifestation à Paris s'est conclue par des heurts avec les forces de l'ordre.

L'Ă©conomie sera Ă©galement au coeur du dĂ©placement le lendemain Ă  La RĂ©union, marquĂ©e l'annĂ©e derniĂšre par un mouvement de gilets jaune contre la vie chĂšre. Emmanuel Macron sera accueilli par un appel Ă  la grĂšve gĂ©nĂ©rale, mais aussi peut-ĂȘtre par une Ă©ruption du Piton de la Fournaise qui manifestait lundi soir des volontĂ©s de rĂ©veil, pour la 5e fois depuis le dĂ©but de l'annĂ©e.

Mardi soir, Emmanuel Macron dßnera avec des élues, militantes associatives et cheffes d'entreprise en hommage au mouvement local des "Chatouilleuses", qui défendirent dans les années 1970 le maintien dans la République de l'ßle de l'océan Indien.

AFP

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