Un verdict plus lourd qu’en première instance

Mayotte : l'ex juge Karki condamné en appel à 10 ans de réclusion pour viol

  • Publié le 5 avril 2024 à 09:29
  • Actualisé le 5 avril 2024 à 16:36

Un verdict plus lourd qu’en première instance : Hakim Karki, ancien juge d’instruction de Mayotte a été condamné en appel à dix ans de réclusion jeudi 4 avril 2024 par la cour d’assises du Val-de-Marne. L'homme avait fait appel de sa condamnation à huit ans de prison prononcée en décembre 2022 par la cour d’assises de Paris pour le viol d’une enseignante commis à Mamoudzou (Photo : www.imazpress.com)

Jugé en première instance à Paris en décembre 2022, Hakim Karki avait été condamné à huit ans de prison. Son procès en appel s’est tenu à huis clos, à Créteil. L’accusé y a comparu libre.

Après douze heures de délibéré, la cour a reconnu jeudi « la gravité des faits de deux viols imposés à une jeune femme qu’il connaissait peu ».

"Les déclarations de la victime ont été jugées circonstanciées, constantes et sincères tout au long de la procédure", a estimé la cour.

"À l’inverse" de M. Karki, qui a tenu des "déclarations évolutives sur des points essentiels, alors que de par ses fonctions" de juge d’instruction, "il avait connaissance des enjeux de telles divergences", a souligné la cour, rappelant que M. Karki avait eu à instruire des affaires de viol à Mayotte.

- Violences -

Ouvert depuis près de dix ans, le dossier a opposé deux parties aux versions radicalement opposées de la nuit du 1er au 2 juillet 2014.

Ce soir-là, Hakim Karki se rend au Caribou, un restaurant prisé de Mamoudzou. Le magistrat, se retrouve à la table de deux jeunes femmes qu’il connaît de loin : une enseignante et professeure de danse, S., accompagnée d’une amie qui quittera la soirée plus tôt.

Il est convenu que le juge ramènera S. après le dîner, le "contexte sécuritaire" à Mayotte étant "très défavorable pour une femme seule" la nuit, a rappelé la cour.

M. Karki a affirmé pendant l’enquête que la plaignante lui "a sauté dessus" sitôt dans la voiture pour une relation sexuelle sauvage en plusieurs temps et qu’il s’est laissé faire même si, a-t-il ajouté, ce n’était pas son "trip".

Le 5 juillet, Hakim Karki, juge d’instruction au tribunal d’instance de Mamoudzou à Mayotte a été placé en garde à vue.

La cour a jugé que les arguments présentés pendant la procédure et à l’audience par M. Karki "pour décrédibiliser" la victime "n’ont pas convaincu de leur pertinence : rien n’accrédite la folie sexuelle de S. à son égard et aucun élément sérieux" ne vient corroborer "qu’elle puisse être l’instrument d’une quelconque manipulation à son encontre".

L’enseignante a pour sa part assuré avoir été forcée durant le trajet à une fellation par une "technique" violente de maintien de la mâchoire et avoir ensuite suivi, en état de choc, le magistrat jusque chez lui pour tenter d’avoir des explications, avant d’y être de nouveau violée.

Le 7 juillet 2014, le juge est déféré à La Réunion devant le parquet de Saint-Denis. Longtemps interrogé par les enquêteurs, le juge ne nie pas la relation sexuelle mais affirme que la plaignante était consentante.

À l’issue de son déferrement, le juge Karki a été placé en détention provisoire à la prison de Domenjod. Le 10 juillet 2014, le juge a demandé sa remise en liberté. Une demande validée par la chambre de l’instruction de la Cour d’Appel le même jour. Le juge sort ainsi libre et est placé en sous contrôle judiciaire.

Le 17 juillet 2014, le juge d’instruction est envoyé à Paris. Interrogé par Imaz Press Réunion Bruno Badré, substitut général à la Cour d’appel de Saint-Denis précise : "la cour de cassation a dessaisi le juge d’instruction du TGI de Saint-Denis et a confié l’instruction de cette affaire à un juge du TGI de Paris, dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice". La demande avait été formulée le 7 juillet dernier par le procureur général du tribunal de grande instance de Saint-Denis, compte tenu des fonctions exercées par le juge d’instruction du TGI de Mayotte auprès de la Cour d’appel dionysienne.

Compte tenu de cette affaire, Hakim Karki a été officiellement suspendu de ses fonctions le mercredi 23 juillet 2014.

www.imazpresss avec AFP/redac@ipreunion.com

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2 Commentaires
akaloupile
akaloupile
1 mois

« la gravité des faits de deux viols imposés à une jeune femme qu’il connaissait peu ».
Phrase qui prête à interprétation. La gravité des faits aurai elle été moindre s'il s'était agit d'une personne qu'il connaissait bien ? Évidemment non !
Les viols ont lieu en majorité dans un environnement familial dans lequel tout le monde se connait bien.

Kunta Kinté
Kunta Kinté
1 mois

Le soleil se lève à l'Est, on le prend avec grand bonheur

Une bonne info, à voir ce rat d'égout condamné à la prison ferme, TOP !

" La justice n'est pas un pouvoir, c'est une autorité. "

Qu’un magistrat soit syndiqué pose déjà un problème au regard de la neutralité dont il se doit de faire preuve