Le géant américain du fast-food McDonald's a contraint son directeur général Steve Easterbrook à quitter l'entreprise, considérant qu'il avait commis une erreur de jugement en engageant récemment une liaison certes "consentie" avec un ou une salariée, mais contraire aux rÚgles de l'entreprise.
Le groupe assure dans un communiqué que ce départ n'a "pas de rapport avec la performance opérationnelle ou financiÚre" de McDonald's. Mais le conseil d'administration "a déterminé que (M. Easterbrook) avait enfreint le rÚglement de l'entreprise et qu'il avait fait preuve d'un mauvais jugement en ce qui concerne une récente relation consentie avec un(e) membre du personnel".
Dans une lettre adressĂ©e aux salariĂ©s et consultĂ©e par l'AFP, M. Easterbrook a reconnu lui-mĂȘme avoir commis "une erreur". "Etant donnĂ© les valeurs de l'entreprise, j'estime comme le conseil d'administration qu'il est temps pour moi de passer Ă autre chose", y Ă©crit-il.
McDonald's n'a rien divulguĂ© sur le salariĂ© en question, pas mĂȘme s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme. M. Easterbrook est remplacĂ©, avec effet immĂ©diat, par Chris Kempczinski, qui gĂ©rait jusqu'Ă prĂ©sent les activitĂ©s de McDonald's aux Etats-Unis.
"Chris prend les rĂȘnes de cette grande entreprise Ă un moment oĂč la performance est solide et durable, et le conseil a toute confiance en lui pour ĂȘtre le mieux Ă mĂȘme de dĂ©finir la vision et guider la stratĂ©gie permettant Ă l'entreprise de poursuivre son succĂšs", a commentĂ© le prĂ©sident du conseil d'administration de l'entreprise, Enrique Hernandez Jr., dans le communiquĂ©.
"Il dispose des compĂ©tences et de l'expĂ©rience voulues pour avoir menĂ© Ă bien nos activitĂ©s aux Ătats-Unis (de 2017 Ă 2019, NDLR), oĂč les franchisĂ©s produisent des rĂ©sultats financiers et opĂ©rationnels solides, et pour avoir supervisĂ© la stratĂ©gie mondiale, le dĂ©veloppement commercial et l'innovation" de McDonalds en 2015 et 2016, a-t-il ajoutĂ©.
Diplomé de Duke University et de la prestigieuse école de commerce de Harvard, il est un habitué des groupes offrant des produits de grande consommation puisqu'il avait auparavant travaillé à PepsiCo, Kraft, Procter & Gamble.
- Liaisons fatales -
Mr. Easterbrook était, lui, arrivé en 2015 au poste de directeur général de l'entreprise, qui compte 38.000 restaurants dans plus de 100 pays. Sous sa houlette, l'action de McDonald's a doublé à Wall Street et le bénéfice net de l'entreprise a augmenté chaque année.
Il n'a toutefois pas réussi à enrayer la diminution progressif des ventes de l'entreprise, qui fait face comme d'autres grandes chaßnes de restauration rapide aux changements d'habitude des consommateurs, à la recherche d'une alimentation plus saine.
Il a bien tenté de revitaliser le chiffre d'affaires en simplifiant sa carte, en proposant une formule petit-déjeuner toute la journée, des sodas et cafés pour 1 dollar aux Etats-Unis ou des hamburgers en petites tailles.
McDonald's a également beaucoup investi dans les technologies pour faciliter par exemple la prise de commandes, depuis les bornes dans les restaurants ou l'application sur les téléphones, ou dans les services de livraison.
Le gĂ©ant du fast-food a toutefois déçu les marchĂ©s lors de son dernier rapport trimestriel, en faisant Ă©tat d'une croissance moins forte que prĂ©vu de ses ventes aux Etats-Unis, oĂč il semble payer cher son retard dans les burgers vĂ©gĂ©tariens, la derniĂšre mode du secteur.
Les liaisons sur le lieu du travail ont coûté leur place à de nombreux PDG aux Etats-Unis lors des derniÚres années, et le sujet est devenu encore plus sensible depuis le mouvement #MeToo contre le harcÚlement et les agressions sexuelles.
En 2018, ce sont les patrons du fabricant de micro-processeurs Intel, Brian Krzanich, et du fabricant de vĂȘtements de yoga branchĂ©s Lululemon, Laurent Potdevin, qui avaient quittĂ© leur entreprise respective pour des liaisons avec des salariĂ©es.
En 2016, Darren Huston, le PDG du site du commerce en ligne Priceline avait dû démissionner pour des raisons similaires. Idem en 2012 pour Brian Dunn, le PDG du groupe de grande distribution BestBuy.
AFP


