Bras de fer avec le ministre de la justice

Meurtre de Philippine : Retailleau promet une Ă©volution de "l'arsenal juridique"

  • PubliĂ© le 25 septembre 2024 Ă  14:49
  • ActualisĂ© le 25 septembre 2024 Ă  15:03
Le nouveau ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, accompagné du préfet de police de Paris Laurent Nunez lors d'une conférence de presse à La Courneuve, au nord de Paris le 23 septembre 2024

Bruno Retailleau a promis mercredi une évolution de "l'arsenal juridique" après l'arrestation en Suisse du suspect du meurtre de la jeune étudiante Philippine, un Marocain dont l'obligation de quitter le territoire a suscité maintes réactions, en particulier à l'extrême droite. Tenant d'une droite dure, Bruno Retailleau continue ainsi son bras de fer entamé avec le garde des Sceaux, Didier Migaud, ancienne figure du PS, au sujet d'un supposé laxisme de la justice.

Ce "crime est abominable", écrit le nouveau ministre de l'Intérieur dans un communiqué. Plusieurs responsables politiques, de droite comme de gauche, ont mis en cause mardi "la chaîne pénale et administrative".

"C'est à nous, responsables publics, de refuser la fatalité et de faire évoluer notre arsenal juridique, pour protéger les Français", ajoute-t-il, après l'interpellation d'un Marocain condamné par le passé pour viol et sous le coup d'une obligation de quitter le territoire (OQTF).

"S'il faut changer les règles, changeons-les", poursuit M. Retailleau, qui appelle à "travailler" "ensemble, avec le ministre de la Justice, dans le périmètre de nos responsabilités respectives, et sous l'autorité du Premier ministre (...) pour assurer la sécurité de nos compatriotes".

Tenant d'une droite dure, désireux de "rétablir l'ordre", l'élu vendéen a d'emblée entamé un bras de fer avec le garde des Sceaux, Didier Migaud, ancienne figure du PS, au sujet d'un supposé laxisme de la justice.

Le corps de Philippine, une étudiante de 19 ans à l'université de Paris-Dauphine, a été retrouvé enterré dans le bois de Boulogne, dans l'ouest parisien, lors d'une battue samedi après-midi.

C'est sa famille qui avait signalé sa disparition. L'étudiante avait été vue pour la dernière fois vendredi à l'heure du déjeuner, à l'université située tout près du bois.

Le ressortissant marocain a été arrêté mardi dans le canton de Genève, en Suisse, "en vertu d'une mesure relevant du droit des étrangers et a ensuite été identifié comme suspecté d'un meurtre commis à Paris", a déclaré à l'AFP la porte-parole du ministère suisse de la Justice.

"L'Office fédéral de la justice (OFJ) a alors ordonné la détention aux fins d'extradition sur la base d'une demande d'arrestation émanant de la France", qui a maintenant 18 jours pour déposer une demande formelle, a-t-elle ajouté.

Agé de 22 ans et en situation irrégulière, le suspect avait été condamné en 2021 pour un viol commis en 2019 et avait été "libéré, en fin de peine, au mois de juin 2024", selon le parquet de Paris.

- Inscrit au fichier des personnes recherchées -

Il n'a pas bénéficié de libération conditionnelle, selon une source judiciaire française, il est sorti à la fin de sa peine, en bénéficiant de réductions automatiques que la loi permettait encore à l'époque de sa condamnation.

Il était sorti de détention le 20 juin et avait été placé en centre de rétention administrative (CRA) à Metz, selon une source proche du dossier.

Le 3 septembre, un juge des libertés et de la détention avait validé sa sortie du centre de rétention. Une mesure assortie d'une obligation de pointer. Le 4 septembre, le Maroc avait fait "parvenir l'autorisation d'expulsion" aux autorités françaises, selon cette même source. Mais le suspect était déjà dehors.

La veille du meurtre, le 19 septembre, il avait été inscrit au fichier des personnes recherchées, parce qu'il ne respectait pas son obligation de pointer, toujours selon cette source.

L'extrême droite est immédiatement montée au créneau, mais aussi des personnalités de gauche. "La vie de Philippine lui a été volée par un migrant marocain sous le coup d'une OQTF", a ainsi réagi sur X le président du Rassemblement national, Jordan Bardella. "Il est temps que ce gouvernement agisse: nos compatriotes sont en colère et ne vont pas se payer de mots".

"C'est le problème des OQTF (mesures d'éloignement du territoire, NDLR), il faut que ça aille vite", a de son côté souligné François Hollande qui a mis en cause sur franceinfo la "chaîne pénale et administrative".

La député écologiste Sandrine Rousseau a estimé pour sa part que ce "féminicide" méritait "d'être jugé et puni sévèrement", tout en ajoutant que l'extrême droite allait "tenter d'en profiter pour répandre sa haine raciste et xénophobe".

Le taux d'exécution des mesures d'éloignement (OQTF) de la France est le plus bas de l'Union Européenne: autour de 7% contre près de 30% au niveau de l'UE.

"Trop d'OQTF sont prises par les autorités: on observe une multiplication des mesures d'éloignement à l'encontre de personnes dont on sait dès le départ qu'elles ne peuvent pas faire l'objet d'un retour vers un pays d'origine ou de transit", selon Marie-Laure Basilien-Gainche, professeure de droit public à l'université Lyon III.

AFP

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2 Commentaires
Ded
Ded
1 an

Comme tout les fachos de son espèce et aussi comme tous les ministres qui ont un bon plan de carrière , ce brave homme profite de l'émotion suscitée par un crime pour faire semblant de vouloir légiférer alors que TOUTES les lois nécessaires existent mais ne sont tout simplement pas appliquées parfois même parce que la loi votée à grand renfort de com. tombe aux oubliettes car on "oublie" volontairement de rédiger les décrets d'application . le bon peuple est satisfait car "not bon maître" a entendu nos cris ... Mais rien ne se passe en réalité , jusqu'au prochain fait divers qui permettra aux clowns qui nous gouvernent de venir une fois de plus , causer dans le poste

HULK
HULK
1 an

Une absurdité. Il suffit simplement d'appliquer la loi. Mais trop lâches, depuis des décennies, pour celà. Voilà le type d'individus que Lucie CASTETS,la tarée de MÉLENCHON,veut régulariser en priorité. Et bien non, heureusement il y a des gens qui sont contre. On peut les traiter de tous les noms mais ils sont de plus en plus nombreux, ils n'ont pas le sang d'innocents sur les mains et ils en ont marre.