Migrants

Une ministre mexicaine évoque un accord majeur avec Washington

  • PubliĂ© le 24 novembre 2018 Ă  23:09
  • ActualisĂ© le 25 novembre 2018 Ă  05:31
Des migrants d'Amérique centrale espérant pouvoir se rendre aux Etats-Unis regardent à travers les grilles d'un refuge situé prÚs de la fontiÚre américano-mexicaine, à Tijuana au Mexique, le 22 novembre 2018

Le futur gouvernement mexicain a affirmĂ© samedi ĂȘtre parvenu Ă  un accord avec l'administration amĂ©ricaine pour que les demandeurs d'asile restent au Mexique pendant que leur demande est examinĂ©e aux Etats-Unis, un bouleversement majeur qui constituerait une victoire pour Donald Trump.

"Pour l'instant, nous avons trouvé un accord sur cette politique +Rester au Mexique+", a affirmé au Washington Post Olga Sanchez Cordero, la ministre de l'Intérieur du gouvernement du président élu Andres Manuel Lopez Obrador, qui prend ses fonctions le 1er décembre.

Citée dans un article du quotidien américain, elle a évoqué une "solution de court terme". "La solution de moyen et long termes, c'est que les gens cessent de migrer", a-t-elle ajouté.
"Le Mexique a les bras ouverts et tout ce qu'il faut, mais imaginez, caravane aprÚs caravane aprÚs caravane, ce serait aussi un problÚme pour nous", a-t-elle souligné.
Une "caravane" de milliers de migrants, essentiellement des Honduriens qui ont quitté leur pays d'Amérique centrale mi-octobre pour fuir la violence et la pauvreté, a commencé à arriver à la frontiÚre américaine. Donald Trump, qui a massé des milliers de militaires à la frontiÚre avec le Mexique, a menacé de la fermer totalement si la situation devait dégénérer.
Multipliant les annonces, il a aussi pris un décret pour rejeter automatiquement les demandes d'asile déposées par des personnes entrées illégalement aux Etats-Unis, mais la justice a pour l'heure bloqué cette mesure, provoquant l'ire du milliardaire républicain.

Rencontre discrĂšte

Un tel accord avec Mexico, s'il est confirmé, serait donc une victoire pour le président des Etats-Unis qui a fait de la fermeté face aux migrants une de ses priorités. Ce serait aussi un tournant dans les relations entre les deux pays voisins, envenimées depuis l'élection de Donald Trump par sa promesse de bùtir un mur antimigrants à la frontiÚre, et sa demande initiale d'en faire payer le coût à l'Etat mexicain.

Le Washington Post souligne que la Maison Blanche n'a pas réagi dans l'immédiat, et que l'accord n'a pas encore été formellement signé dans l'attente de sa finalisation, plusieurs détails restant à négocier.
Interrogé par l'AFP, le département d'Etat américain n'a pas non plus réagi dans l'immédiat. La semaine derniÚre, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo s'était discrÚtement entretenu avec son futur homologue mexicain Marcelo Ebrard à Houston, au Texas, en compagnie de la ministre américaine à la Sécurité intérieure Kirstjen Nielsen.
"Nous avons affirmé notre engagement partagé à faire face à ce défi. Les caravanes ne seront pas autorisées à entrer aux Etats-Unis", a déclaré Mike Pompeo dans un court communiqué publié jeudi, une semaine aprÚs cet entretien à huis clos.
Il a promis en contrepartie de travailler avec les nouvelles autorités mexicaines pour "développer les créations d'emploi dans la région, y compris dans le sud du Mexique, au bénéfice du gouvernement et du peuple mexicains".

Selon le Washington Post, l'accord américano-mexicain prévoit que les demandeurs d'asile qui arrivent à la frontiÚre auront un entretien préliminaire pour déterminer si rester au Mexique représente un danger immédiat pour eux. Ils devront ensuite attendre cÎté mexicain jusqu'à l'audience devant un juge américain de l'immigration, à laquelle ils seront autorisés à se rendre sous la garde d'officiers américains.

Si le juge ne parvient pas à une décision immédiate, ils devront retourner au Mexique en attendant le verdict. Et s'il refuse l'asile, ils ne pourront au contraire pas retourner au Mexique mais seront placés en rétention aux Etats-Unis en attendant leur expulsion rapide vers leur pays d'origine, rapporte le quotidien.

"Laisser les demandeurs d'asile bloqués au Mexique les mettra en danger", a commenté auprÚs de l'AFP Lee Gelernt, avocat au sein de la puissante organisation de défense des droits civiques ACLU. "L'administration Trump devrait se concentrer sur les moyens de fournir une procédure de demande d'asile équitable et légale aux Etats-Unis plutÎt que de chercher de nouveaux moyens pour l'affaiblir."

AFP

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