Au bord du gouffre ! Avec deux points au compteur, Monaco est trÚs mal engagé en Ligue des champions et, pour voir le printemps dans cette compétition, il lui faut impérativement gagner mardi contre Leipzig (20h45), et prier...
"L'objectif du match est clair: on a besoin de gagner, lance Leonardo Jardim. A l'heure oĂč l'on parle, la qualification ne dĂ©pend pas de nous. Se qualifier pour la Ligue Europa, oui. Au dĂ©but du match, peut-ĂȘtre que ces deux objectifs dĂ©pendront de nous (si Porto ne gagne pas Ă Istanbul, ndlr). De toute façon, il faut gagner. Car tout autre rĂ©sultat verra les deux objectifs tomber par terre."
Les MonĂ©gasques, qui n'ont donc plus leur destin en mains, peuvent s'en vouloir. Car, mĂȘme s'ils ne sont pas aussi flamboyants que la saison derniĂšre, leur statut de tĂȘte de sĂ©rie leur avait offert une poule G Ă leur portĂ©e.
D'ailleurs, excepté contre Porto (0-3) et leur non-match à domicile, les hommes de Jardim n'ont jamais été réellement dominés par leurs adversaires durant cette phase de poule. Mais ils n'ont jamais su faire preuve non plus de maturité.
Comme par exemple contre le leader du groupe, le Besiktas Istanbul (10 points).
A l'aller, aprÚs avoir ouvert la marque par Radamel Falcao, l'équipe a fait preuve d'une léthargie aussi spectaculaire qu'inconcevable à ce niveau avant d'encaisser deux buts et de perdre (1-2).
- Erreurs de jeunesse -
Au retour, des erreurs de jeunesse ont, une fois encore, grevé la bonne prestation d'ensemble. La perte de balle de Tielemans, suivi du tacle inconsidéré de Jorge dans la surface ont anéanti le but de Lopes avant la pause (1-1).
Si les hommes de Jardim avaient pris 4 points (au lieu de 1) sur ces deux rencontres, l'état des lieux serait aujourd'hui bien différent.
Ca n'est pas tout: pour la premiÚre journée à Leipzig, Monaco a aussi raté le coche. A l'époque Jardim s'était félicité du match nul (1-1). Mais contre une équipe de novices, sa formation avait les moyens d'e gagner. Elle ne l'a pas fait. Aujourd'hui, les regrets sont ravivés...
Généralement, autant de faits contraires cumulés sont rédhibitoires à ce niveau. Mais si les adversaires de ce groupe sont de bonnes équipes continentales, ce ne sont pas non plus des cadors européens.
Certes, les jeunes Allemands de Leipzig peuvent se targuer d'avoir gagnĂ© en expĂ©rience depuis le dĂ©but de la saison. A tel point que leur entraĂźneur Ralph HasenhĂŒttl annonce: "si on n'est pas capable de prendre trois points, on ne mĂ©rite pas de passer".
Monaco sera encore amputé de Thomas Lemar et de Djibril Sidibé, piÚces essentielles. Mais le champion de France a évidemment les moyens de l'emporter, contre une équipe qui s'est déjà inclinée à Istanbul (2-0) et à Porto (3-1).
"Bien sûr que j'y crois, lance Danijel Subasic. Il reste deux finales. C'est la premiÚre. Je sais qu'on a la qualité pour remporter trois points."
- Compter sur Besiktas -
Les hommes de Jardim devront aussi compter sur le Besiktas. En mĂȘme temps qu'une victoire monĂ©gasque contre Leipzig, les Stambouliotes ne doivent pas s'incliner Ă domicile contre Porto. En cas de match nul, le Besiktas se qualifierait pour la premiĂšre fois de son histoire en huitiĂšmes de finale de la C1. Mieux, il serait certains de terminer 1er du groupe.
Ces deux conditions réunies créeraient alors l'unique possibilité pour Monaco d'aller jouer une finale pour la qualification à Porto le 6 décembre dans un "Estadio do Dragao" en fusion.
Mais si les raisons d'y croire existent, Monaco est également au bord du précipice. Car en cas de défaite mardi soir, les demi-finalistes de la précédente édition seraient d'ores et déjà éliminés de toute compétition européenne.
Ce serait un échec majeur dans la saison du club. Et une belle tache sur le tableau footballistique européen de son président, le milliardaire russe Dmitry Rybolovlev. Un tableau qui, pour le moment encore, est aussi idyllique que le "Salvatore Mundi" de Leonard de Vinci qu'il vient de céder pour 450 millions de dollars à New York...
Par Catherine BOITARD - © 2017 AFP

