L'équipe de France de handball a perdu pied jeudi en demi-finales du Mondial, submergée dÚs les premiÚres minutes à Zagreb par la Croatie (31-28) et la ferveur de son public, puis trop courte pour renverser la vapeur.
Elle ira à Oslo pour accrocher une médaille de bronze, dimanche contre le Portugal ou le Danemark, alors qu'elle visait avant le début de la compétition un septiÚme titre mondial. Six mois aprÚs le cuisant échec olympique et une élimination en quarts de finale contre l'Allemagne (35-34 a.p.).
La mission rédemption a échoué deux jours aprÚs une qualification en quarts de finale acquise au forceps, sur un incroyable but au buzzer de Luka Karabatic contre l'Egypte (31-30), dans l'Arena Zagreb aux deux tiers vide.
Les Bleus avaient hùte d'enfin se confronter à une ambiance électrique aprÚs sept premiers matches remportés dans un environnement feutré; ils ont été servis.
L'Arena Zagreb a bien été l'enfer promis, connu par leurs prédécesseurs vainqueurs en finale du Mondial-2009.
Pleine comme un oeuf de quelque 15.000 supporters habillés de rouge et de blanc, scandant des "Hrvatska, Hrvatska" ("Croatie, Croatie") à plein poumons, huant les Français dÚs leur échauffement puis à chacune de leur possession, l'enceinte a joué son rÎle de huitiÚme homme attendu. Et donné raison a cette célÚbre marque de bouchons d'oreilles figurant sur le sol parmi d'autres parraineurs.
L'équipe de France s'y est noyée pendant prÚs de 30 minutes dÚs le début d'un match commencé à l'envers (1-3, 4e; 5-10, 15e; 7-15, 22e) et quasiment plié à la mi-temps, atteinte avec sept buts de retard (11-18).
- Remontée vaine -
L'addition aurait mĂȘme pu ĂȘtre plus lourde sans deux buts consĂ©cutifs d'Aymeric Minne en fin de premiĂšre pĂ©riode pour des Bleus qui ont multipliĂ© les pertes de balle (neuf Ă la mi-temps), les tirs manquĂ©s (pĂ©nalty de Melvyn Richardson, 14e) les mauvais choix, s'entĂȘtant Ă s'enferrer au coeur de la dĂ©fense croate et dĂ©laissant le jeu sur les ailes. Pourtant efficace les rares fois oĂč ils y ont fait voyager le ballon.
La défense tricolore, si solide depuis le début du tournoi, a de son cÎté fait preuve de certaines largesses, alors que Rémi Desbonnet n'est pas parvenu à lire les tirs lointains de Zvonimir Srna (7/11), Ivan Martinovic (6/13) ou Mateo Maras (4/8).
Il a été remplacé dans le but dÚs la 21e minute (3/17) par Charles Bolzinger et quatre minutes plus tard Guillaume Gille avait pris ses deux temps morts, aprÚs avoir par ailleurs dégainé (sans succÚs) pour la premiÚre fois dans le Mondial l'arme du jeu à sept contre six.
L'hypothétique remontée a eu encore un peu plus de plomb dans l'aile quand Minne, l'homme du réveil (3/3), a été définitivement exclu dÚs la 32e minute pour un bras dans le visage de Leon Susnja.
Les Bleus l'ont entrevue en grignotant petit à petit leur retard pour revenir à trois longueurs (25-28) à sept minutes de la fin, grùce aux buts de Dika Mem (8/13) et à l'efficacité de Ludovic Fabregas au poste de pivot (4/5).
Mais ils n'ont pas su profiter d'une double supériorité, encaissant un but avant que Fabregas ne tire trop mollement dans le but vide, permettant au gardien Dominik Kuzmanovic, l'un de leurs bourreaux (15/43, 35% de réussite), de sauver in extremis un but qui aurait maintenu l'espoir.
Quelques minutes plus tard, les 15.000 supporters de l'Arena Zagreb pouvaient fĂȘter "Kuzma, Kuzma" et leurs hĂ©ros dans une ambiance indescriptible.
AFP


