40-16

Mondial de rugby: l'Angleterre écrase l'Australie et fonce en demi-finale

  • PubliĂ© le 19 octobre 2019 Ă  13:47
  • ActualisĂ© le 19 octobre 2019 Ă  14:14
L'ailier anglais Anthony Watson marque un essai contre l'Australie en quart de finale de la Coupe du monde, le 19 octobre 2019 Ă  Oita (Japon)

L'Angleterre, énorme en défense et trÚs réaliste en attaque, a fini par écoeurer l'Australie (40-16) au terme d'une superbe bataille samedi à Oita pour rejoindre la premiÚre les demi-finales de la Coupe du monde de rugby.

. All Blacks en vue ?

Les Anglais affronteront samedi 26 octobre à Yokohama le vainqueur du second quart de finale de la journée qui oppose la Nouvelle-Zélande à l'Irlande. Si la logique est respectée, une savoureuse finale avant l'heure se profile donc entre les All Blacks, doubles champions du monde en titre, et leurs outsiders les plus ambitieux.

Car le sélectionneur Eddie Jones le clame depuis quatre ans: l'Australien a préparé le XV de la Rose pour s'imposer au Japon, pays qu'il a aussi fait progresser aprÚs avoir mené l'Australie en finale du Mondial 2003 face à... l'Angleterre.

Jones n'a pas fait de cadeau à son propre pays, ni à son ex-coéquipier et ami Michael Cheika, le sélectionneur des Wallabies dont l'élimination dÚs les quarts confirme le déclin, perceptible depuis quatre ans. L'Australie, finaliste de l'édition 2015, aura vendu chÚrement sa peau avant de craquer en début de seconde période.

Le flanker David Pocock (31 ans, 83 sélections), grand artisan du beau parcours de 2015, quitte la scÚne internationale sans avoir réussi à soulever le trophée Webb-Ellis. Le dernier triomphe australien - 1999 - commence à dater...

. Parole à la défense

L'Ă©quipe du capitaine Michael Hooper a pourtant paru tenir tĂȘte au favori anglais: elle a mieux dĂ©marrĂ© chaque pĂ©riode, notamment la premiĂšre, et s'est montrĂ©e tout du long trĂšs disciplinĂ©e (1 seule pĂ©nalitĂ© concĂ©dĂ©e en premiĂšre pĂ©riode, 5 au total contre 8 pour les Anglais). Mais il lui manquait (entre autres) un ouvreur capable de faire la diffĂ©rence: Christian Lealiifano n'a pas su peser dans le jeu et a Ă©tĂ© remplacĂ© dĂšs la 53e minute par Matt Toomua.

A la diffĂ©rence d'Owen Farrell, qui a scellĂ© le succĂšs anglais par une magnifique passe au cordeau, Ă  la limite de l'interception, pour le pilier Kyle Sinckler (46e). L'ouvreur anglais a aussi Ă©tĂ© impĂ©rial au pied (20 points Ă  8/8), contrairement au match de poule contre l'Argentine oĂč il avait flanchĂ©.

Les Anglais ont pris le dessus grĂące Ă  leur dĂ©fense monstrueuse: 8 joueurs, soit plus de la moitiĂ© de l'Ă©quipe, terminent le match entre 13 et 20 placages! Et s'il faut retenir un "geste symbole" de ce match, il suffit de s'arrĂȘter Ă  la 60e minute lorsque le pilier anglais Sinckler est venu arracher le ballon des mains d'Isi Naisarani aprĂšs une longue possession australienne.

. Leçon de réalisme

Mieux rentrés dans le match, vainqueurs des duels à l'impact et avançant à coups de passes aprÚs contact, les Australiens n'étaient que maigrement récompensés (3-0) aprÚs 12 minutes.

Les Anglais n'ont pas tardé à réagir, exploitant chaque opportunité pour marquer deux essais en trois minutes par Jonny May (18e, 21e); le premier sur un décalage parfaitement joué; le second aprÚs une interception d'Henry Slade prolongée au pied pour son ailier.

Les Anglais ont pris le contrĂŽle du match pour ne plus jamais le lĂącher, mĂȘme si les Australiens se sont accrochĂ©s, revenant mĂȘme Ă  un point (17-16) avec l'essai de Marika Koroibete (43e). L'ailier a conclu d'une chevauchĂ©e solitaire une superbe passe de Reece Hodge suivie d'une remise intĂ©rieur du jeune prodige Jordan Petaia.

Mais Farrell a tuĂ© dans l'oeuf tout espoir en lançant Sinckler dans le meilleur intervalle possible (24-16), et les Australiens se sont alors mis Ă  faire des fautes. L'addition s'est alourdie: 30 points (66e), puis 40 aprĂšs l'interception d'Anthony Watson sanctionnĂ©e par un 4e essai anglais (76e). Les Anglais sont prĂȘts, les autres peuvent trembler.

Les Australiens, finalistes en 2015, quittent eux le Mondial sur une déroute qui va laisser des traces.

AFP

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