Plus de neuf millions d'Italiens sont appelés à voter dimanche pour le second tour d'élections municipales qui pourraient voir une jeune avocate remporter Rome et sonner comme un coup de semonce pour le chef du gouvernement Matteo Renzi.
Dans les 126 communes concernées, les bureaux de vote doivent ouvrir à 07H00 (05H00 GMT) et fermer à 23H00 (21H00 GMT).
Avec 35% des voix au premier tour le 5 juin, Virginia Raggi, 37 ans, candidate de l'inclassable Mouvement 5 Etoiles (M5S) du comique Beppe Grillo, a 10 points d'avance sur Roberto Giachetti, soutenu par le Parti démocrate (PD, centre-gauche) de M. Renzi.
Le PD est aussi Ă la peine Ă Turin, oĂč son maire sortant est Ă©galement menacĂ© par une jeune candidate du M5S, et surtout Ă Milan, la capitale Ă©conomique du pays, oĂč son candidat Giuseppe Sala (38,5%) est au coude Ă coude avec celui du centre-droit, Stefano Parisi (38,4%).
Le duel gauche-droite se jouera aussi Ă Bologne, mais Ă Naples, le parti de M. Renzi n'est mĂȘme pas arrivĂ© au second tour, et l'atypique maire sortant, Luigi De Magistris, bien parti pour remporter un nouveau mandat, a annoncĂ© vendredi qu'il entendait fonder un nouveau mouvement de gauche, aprĂšs l'Ă©lection.
Une analyse nationale des rĂ©sultats restera dĂ©licate, le M5S Ă©tant en tĂȘte Ă Rome mais absent Ă Naples, Bologne ou Milan, la droite dĂ©chirĂ©e Ă Rome mais unie Ă Milan.
Depuis des semaines, M. Renzi tente cependant de limiter les enjeux en répétant que "la mÚre de toutes les batailles" politiques reste pour lui le référendum prévu en octobre sur sa réforme constitutionnelle, sur lequel il s'est engagé à démissionner en cas d'échec.
FondĂ© en 2009 et devenu le deuxiĂšme parti du pays avec 25% des voix dĂšs les lĂ©gislatives de 2013, le M5S y compte bien. Piochant dans ses propositions Ă droite comme Ă gauche, y compris dans les extrĂȘmes, il continuer de tisser sa toile aux Ă©lections locales en s'appuyant toujours sur la dĂ©nonciation d'une classe politique malhonnĂȘte.
- 'Possible rupture de systĂšme' -
C'est ce discours que Mme Raggi a rĂ©pĂ©tĂ© Ă l'envi pendant sa campagne, sans vraiment entrer dans les dĂ©tails de son programme pour redresser une ville croulant sous une dette de 12 milliards d'euros ou prĂ©senter les tĂȘtes de sa future Ă©quipe.
Ce dernier point est pourtant crucial: l'absence au sein de cadres ayant déjà fait leurs gammes dans la gestion politique au quotidien est l'une des raisons du bilan mitigé du M5S dans les villes de moindre envergure déjà conquises, comme Parme ou Livourne.
Et alors que les "grillini" du M5S se présentent comme les chevaliers blancs de la politique, la presse a réservé un large écho depuis deux jours au fait que Mme Raggi n'a pas mentionné dans des documents administratifs une série de consultations pour un organisme public.
"Ce n'est que de la boue, ils ne savent plus à quoi s'attaquer. J'ai déjà clarifié, tout est déclaré et dans les rÚgles", a-t-elle réagi.
Mais au-delà de ces considérations, ce scrutin est "destiné à laisser une trace dans la politique italienne, à marquer une discontinuité et une possible rupture de systÚme", a prévenu samedi dans un éditorial le directeur de La Repubblica, Mario Calabresi.
Avec le M5S, "on en arrive à choisir la fraßcheur et la sympathie, à considérer l'inexpérience comme la plus grande des valeurs. Et à l'associer à l'espérance", a-t-il estimé, comparant ses militants aux passagers prenant les commandes d'un avion pour protester contre les retards des vols et les avantages sociaux des pilotes.
En attendant, les principaux pilotes ont déserté le terrain. Pour les derniers meetings avant le "silence électoral" du week-end, M. Renzi était en voyage en Russie, M. Grillo aux abonnés absents et Matteo Salvini, l'omniprésent chef de la Ligue du Nord, anormalement discret.
Quant Ă Silvio Berlusconi, qui tente en vain de se maintenir Ă la tĂȘte du centre-droit, il est toujours sur un lit d'hĂŽpital aprĂšs une opĂ©ration Ă c?ur ouvert.
- © 2016 AFP
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