Championnats du monde

Natation: la promesse Metella

  • PubliĂ© le 26 juillet 2017 Ă  23:40
Mehdy Metella qualifié pour la finale du 200 m libre aux Mondiaux de Budapest, le 26 juillet 2017

Et s'il était sur le point de devenir le nouveau roi du 100 m ? Mehdy Metella a marqué les esprits en signant le meilleur temps des demi-finales de la distance reine, record personnel pulvérisé, aux Championnats du monde de natation, mercredi à Budapest.


Il aura suffi de 47 sec 65 au sprinter marseillais pour mettre en marche la boĂźte Ă  rĂȘves. ArrivĂ© dans la capitale hongroise avec un record personnel de 48 sec 08, le voilĂ  devenu le Français le plus rapide sur l'aller-retour hors combinaisons, un statut dont il dĂ©possĂšde Yannick Agnel (47.84).

"C'est un temps que je ne m'attendais pas Ă  faire", a avouĂ© Metella, encore jamais mĂ©daillĂ© mondial en individuel mais champion du monde 2015 et vice-champion olympique 2016 avec le relais 4x100 m. "Je me disais que ça pourrait ĂȘtre un temps Ă  envisager dans deux ans mais 47 sec 6 en demi-finales, c'est fort !"

"C'était une trÚs belle course, assez aboutie, avec peu d'erreurs. Il a répondu au plan trÚs optimiste des choses", a reconnu son entraßneur Julien Jacquier. "Mais je pense qu'on n'a pas encore vu ses limites, donc c'est normal qu'il nous épate comme ça de temps en temps."

Le frÚre de l'ex-nageuse Malia Metella a nagé un centiÚme plus vite que le jeune Américain Caeleb Dressel (47.66), détenteur de la meilleure performance mondiale de l'année (47.26). "Je l'ai regardé à la télé avant de nager. Techniquement, c'était fort", a estimé l'Australien Cameron McEvoy, meilleur temps des séries matinales (47.97).

- En chambre d'appel, il danse -

Au total, cinq nageurs sont passĂ©s sous la barre des 48 secondes en demi-finales : outre Metella et Dressel, le champion olympique 2012 Nathan Adrian (47.85), McEvoy (47.95) et un autre Australien, Jack Cartwright (47.97). "Si je refais le mĂȘme temps demain (jeudi), je pense que le podium, mĂȘme la premiĂšre place, c'est jouable", a jugĂ© Metella. "Mais je peux faire quatriĂšme, sixiĂšme, on ne sait jamais...", a-t-il soulignĂ©.

Jeudi en fin d'aprĂšs-midi (17h51), la tension va monter d'un cran en finale. C'est peut-ĂȘtre lĂ  que Metella pourrait faire la diffĂ©rence, lui qui semble hermĂ©tique Ă  la pression. Et qui l'a montrĂ© Ă  ses adversaires en se mettant Ă ... danser en chambre d'appel juste avant sa demi-finale ! "C'est la premiĂšre fois qu'Adrian a dĂ» voir ça. Il m'a dit: +Pourquoi tu danses ?+ Je lui ai rĂ©pondu que je n'avais pas de stress", a rigolĂ© Metella.

Le dĂ©fi qui se prĂ©sente Ă  lui n'en reste pas moins immense : aucun Français, mĂȘme le champion olympique 2008 Alain Bernard, n'a jamais Ă©tĂ© sacrĂ© champion du monde du 100 m.

- Pellegrini renverse Ledecky -

La soirée dans le bassin hongrois avait commencé par un séisme : la premiÚre défaite de l'Américaine Katie Ledecky en finale individuelle d'un grand championnat (JO et Mondiaux). Jusque-là, son bilan était parfait : treize médailles d'or en treize départs.

Mais, mercredi, l'Ă©ternelle Federica Pellegrini (28 ans) a renversĂ© la reine en finale du 200 m (1:54.73), Ă  la faveur d'une derniĂšre longueur de feu. L'Italienne est devenue la premiĂšre nageuse (hommes et femmes confondus) Ă  accumuler sept mĂ©dailles mondiales (3 or, 3 argent, 1 bronze) dans une mĂȘme Ă©preuve individuelle. "C'est une mĂ©daille incroyable", a-t-elle apprĂ©ciĂ©. Je pensais que je pouvais monter sur le podium mais pas gagner la mĂ©daille d'or. Je pensais que Ledecky gagnerait."

Il n'y aura donc pas de sextuplé dans la capitale hongroise pour l'Américaine de 20 ans, devenue mardi la nageuse la plus titrée aux Championnats du monde (12) devant sa compatriote Missy Franklin (11). Mais probablement un nouveau quintuplé, deux ans aprÚs celui réussi à Kazan (Russie). Déjà sacrée sur 400 m, 1500 m et 4x100 m, il lui faudra pour cela conserver les couronnes du 800 m et du relais 4x200 m. "Je savais que ce serait une finale difficile", a déclaré Ledecky sans déception apparente. "Ca va me motiver pour les prochaines années."

Le Sud-Africain Chad Le Clos a lui brisé le coeur du public hongrois en devançant son idole Laszlo Cseh (31 ans) en finale du 200 m papillon (1:53.33). Mais n'a pas manqué, une fois la course terminée, de saluer son adversaire, dans une ambiance électrique.

AFP

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