Un drapeau, un drap, quelques bougies ou des fleurs: des petits autels de fortune jonchent encore la promenade des Anglais quelques heures avant sa réouverture complÚte, prévue aprÚs le respect d'une minute de silence lundi midi en hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet.
Philippe Gambino est venu tous les jours se recueillir depuis vendredi. Pour lui, la minute de silence sera "essentielle". "Il ne faut pas passer trop vite à autre chose. On a besoin d'exorciser, d'en parler, on a besoin de recueillement", estime ce Marseillais, qui est arrivé à Nice le matin tÎt aprÚs le drame, et n'a appris ce qui venait de se passer que sur place.
La grande artĂšre du bord de mer niçois, sera rendue dans son intĂ©gralitĂ© Ă la circulation en dĂ©but d'aprĂšs-midi, aprĂšs le respect d'une minute de silence Ă midi en prĂ©sence notamment du Premier ministre Manuel Valls et de la ministre de la SantĂ© Marisol Touraine. Elle Ă©tait encore parsemĂ©e lundi matin de nombreux mĂ©moriaux installĂ©s aux endroits prĂ©sumĂ©s oĂč des victimes ont trouvĂ© la mort.
Des passants dĂ©ambulent en silence, s'arrĂȘtant seulement pour lire les nombreux messages de soutien, d'hommage et de colĂšre, avant qu'un saxophoniste vienne rompre le silence avec une mĂ©lodie mĂ©lancolique, accompagnant la peine qui se lit sur chaque visage.
Un peu plus d'une heure avant la minute de silence, des centaines de personnes sont déjà présentes sur la Promenade, dont les trottoirs sont également ornés lundi matin, tous les 15 mÚtres environ, de bouquets déposés par des fleuristes de la ville.
-"On peut juste prier" -
Mickaël est venu lundi sur ces lieux avec sa femme, sa belle-mÚre et son bébé pour la premiÚre fois depuis le drame. Il prend un stylo et tente d'écrire un mot sur un drapeau français déjà rempli de petite phrase d'hommage et de soutien.
"C'est compliqué d'écrire quelque chose de censé, ça paraßt tellement irréel", explique-t-il: "On peut juste prier". Lui qui n'était pas venu jusqu'à présent "voulait venir avant qu'ils n'enlÚvent tout", explique-t-il.
Les mots d'hommages et les objets dĂ©posĂ©s sur la Promenade des Anglais depuis jeudi doivent ĂȘtre dĂ©placĂ©s Ă proximitĂ©, autour du kiosque Ă musique situĂ© dans le jardin Albert 1er, tout au bout de la promenade des Anglais. Par la suite, tous ces objets seront conservĂ©s, a promis la municipalitĂ©.
La belle-mÚre de Mickaël, les larmes aux yeux, lui demande d'allumer une bougie qu'elle n'arrive pas à enflammer. Lui ne sera pas là pour la minute de silence. "Je préfÚre quelque chose de plus simple, plus intime", mais ce n'est pas par peur du rassemblement, assure-t-il.
Au-delĂ , il appelle Ă "une prise de conscience de chacun, que chacun ait conscience qu'il a un service Ă rendre" pour Ă©viter ces drames. "Il faut ĂȘtre vigilant, pas paranoĂŻaque", juge-t-il, au risque sinon de "cĂ©der Ă la mĂȘme nĂ©gativitĂ© dans laquelle ils (les terroristes, ndlr) se sont embourbĂ©s".
"Ca passe par l'éducation, la démocratie, le rappel des valeurs, de l'histoire", estime-t-il.
Parmi les petits mĂ©moriaux, l'un dĂ©tonne : un tas d'immondices, des mĂ©gots calcinĂ©s, et, Ă©crit en rouge "ASSASSIN", c'est le lieu prĂ©sumĂ© oĂč a Ă©tĂ© abattu le tueur.
Par Ammu KANNAMPILLY - © 2016 AFP
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