De retour au tribunal, cette fois pour le dossier Bygmalion: deux semaines aprÚs sa condamnation dans l'affaire dite "des écoutes", l'ancien président Nicolas Sarkozy est jugé à partir de mercredi pour les dépenses excessives de sa campagne présidentielle de 2012.
Le procĂšs, qui s'ouvrira Ă 13H30, pourrait cependant ĂȘtre trĂšs vite interrompu: JĂ©rĂŽme Lavrilleux, Ă l'Ă©poque directeur adjoint de la campagne, a fait une demande de renvoi car son avocat est atteint du Covid-19 et hospitalisĂ©. Les avocats des 14 prĂ©venus au total - anciens cadres de Bygmalion et de l'UMP, experts-comptables - se sont associĂ©s Ă cette demande et le parquet ne devrait pas s'y opposer. Le procĂšs, audiencĂ© sur un mois, pourrait dĂ©buter vĂ©ritablement au mois de mai.
Le 1er mars, Nicolas Sarkozy est devenu le premier ex-prĂ©sident de la Ve RĂ©publique Ă ĂȘtre condamnĂ© Ă trois ans d'emprisonnement, dont un ferme, pour corruption et trafic d'influence. Il encourt un an d'emprisonnement et 3.750 euros d'amende pour "financement illĂ©gal de campagne Ă©lectorale" dans le dossier Bygmalion, une affaire qui avait entraĂźnĂ© des dĂ©flagrations en chaĂźne Ă droite au fur et Ă mesure des rĂ©vĂ©lations.
MĂȘme s'il "ne se dĂ©robera pas", M. Sarkozy a fait savoir qu'il n'assisterait qu'aux audiences le concernant. Contrairement Ă ses co-prĂ©venus renvoyĂ©s notamment pour escroquerie ou complicitĂ©, il n'est pas mis en cause pour le systĂšme de fausses factures, imaginĂ© pour masquer les dĂ©penses excessives de sa campagne, qu'avait rĂ©vĂ©lĂ© JĂ©rĂŽme Lavrilleux dans une surprenante confession tĂ©lĂ©visĂ©e en 2014.
Mais selon l'accusation, Nicolas Sarkozy a laissé filé les dépenses malgré plusieurs alertes claires sur les risques de dépassement de plafond et il a "incontestablement" bénéficié de la fraude qui lui a permis de disposer de "moyens bien supérieurs" à ce qu'autorisait la loi: au moins 42,8 millions au total, soit prÚs du double du plafond légal à l'époque (22,5 millions d'euros).
- "Campagne éclair" -
L'enquĂȘte dĂ©crit une campagne qui se voulait d'abord "Ă©clair" pour le prĂ©sident sortant - seuls une quinzaine de meetings prĂ©vus, dont trois ou quatre grands rassemblements. Mais la machine s'emballe: "moyens techniques les plus en pointe" pour la scĂšne, le son et l'Ă©clairage, "mise en scĂšne grandiose et millimĂ©trĂ©e" pour les grands meetings... les prix n'en finissent plus de grimper.
Et alors que les premiÚres alertes de risques de dépassement tombent, le candidat demande au contraire qu'on accélÚre le rythme. Il y aura au total plus de 40 meetings.
Une campagne "d'une rare densité", marquée par une succession "trÚs rapide" des meetings et une "totale improvisation" des donneurs d'ordre, dit aussi l'accusation.
Pour éviter au candidat de devoir reconnaßtre publiquement que ses dépenses avaient dérivé "de maniÚre spectaculaire", "avec les conséquences politiques et financiÚres" qui s'en seraient suivies, il a été décidé de "purger" le compte de campagne, soutient l'accusation.
Grùce à un systÚme de double facturation, le prix des meetings est drastiquement réduit et le reste est facturé à l'UMP, au nom de conventions fictives du parti. Le procÚs risque de rallumer une guerre fratricide au sein de la droite française, le camp sarkozyste et les proches de Jean-François Copé se rejetant mutuellement la responsabilité de la fraude.
JérÎme Lavrilleux (à l'époque également directeur de cabinet du patron de l'UMP Jean-François Copé) est le seul au parti - devenu Les Républicains - à avoir reconnu les faits. Il avait d'abord été accusé d'avoir constitué un "trésor de guerre" au profit de l'avenir politique de son patron.
Jamais mis en cause, Jean-François CopĂ© sera entendu au procĂšs comme simple tĂ©moin. RenvoyĂ© pour escroquerie, le directeur de la campagne, Guillaume Lambert, assure lui que le systĂšme a Ă©tĂ© mise en place Ă son insu. Pour lui, "rien" dans le dossier ne montrerait d'ailleurs un lien avec la campagne - il privilĂ©gie la thĂšse de l'enrichissement personnel de dirigeants de Bygmalion. "Je continue Ă me demander oĂč est passĂ© l'argent", avait aussi de son cĂŽtĂ© dit Nicolas Sarkozy devant les enquĂȘteurs, estimant que le prix moyen de ses meetings Ă©tait "en ligne" avec ceux de son opposant François Hollande.
AFP



On doit respecter la justice y compris un ancien président.
Le pauvre homme... Cette justice qui "n'aime pas les politiques" va encore passer des jours à l'accabler. Sa chÚre Carla va pouvoir s'épancher en tweets enamourés pour son amour de petit mari...