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Norbert Dentressangle (XPO): les rebondissements du rachat devant la justice

  • PubliĂ© le 29 septembre 2015 Ă  00:58
Les camions du transporteur Norbert Dentressangle prĂšs du port de Calais, le 29 avril 2015

Un patron remercié, des actionnaires qui se déchirent devant la justice: six mois aprÚs, le rachat inattendu de Norbert Dentressangle, fleuron français du transport et de la logistique passé sous pavillon américain, plonge les syndicats maison dans l'expectative.


Le tribunal de commerce de Paris sera le théùtre mardi d'un nouveau round dans le combat judiciaire opposant XPO Logistics, le nouveau propriétaire du Groupe Norbert Dentressangle (GND), au fonds d'investissement Elliott.
La justice française avait été saisie par l'américain XPO, qui a déboursé en avril plus de trois milliards d'euros pour le rachat de 67% de Norbert Dentressangle. Le groupe est mécontent de l'intrusion, juste aprÚs cette annonce, du fonds Elliott Capital Advisors au capital du groupe français.
Ce fonds --dit "vautour" (il s'est notamment illustré en réclamant à l'Argentine en crise le remboursement de sa dette au prix fort)-- a progressivement racheté 9,06% des actions du logisticien et transporteur routier.
XPO Logistics demande notamment à la justice que toutes les actions acquises par Elliott Capital Advisors soient rétrocédées à Bank of America, qui les lui avaient vendues.
La montĂ©e aussi brusque que soudaine d'Elliott au capital du transporteur et logisticien lyonnais empĂȘche XPO d'enclencher une procĂ©dure de retrait obligatoire qui contraint les derniers actionnaires minoritaires Ă  cĂ©der leurs actions Ă  l'actionnaire majoritaire aux mĂȘmes conditions que l'OPA, opĂ©ration qui, in fine, permet de sortir la sociĂ©tĂ© de la Bourse.
"On ne peut pas dire que ça pÚse sur les salariés et, syndicalement, ce n'est pas notre problÚme. On est plutÎt inquiets sur le projet industriel", commente Christian Cottaz, délégué syndical CFDT.
A ce titre, le départ surprise d'Hervé Montjotin, le président du directoire de Norbert Dentressangle, le 8 septembre, a été interprété comme un mauvais signal par les représentants des salariés.
"On savait trĂšs bien qu'il allait partir un jour mais, il n'empĂȘche, la rapiditĂ© de son dĂ©part nous inquiĂšte sur le continuitĂ© du management", observe Nicolas Peyrot, de la CFTC. Car, comme l'a soulignĂ© FO, M. Montjotin devait "rester le pilier et le garant du gĂ©nome N. Dentressangle".
Dans un entretien accordĂ© Ă  l'AFP en juin, M. Montjotin promettait "une trĂšs grande continuitĂ© managĂ©riale, avec la mĂȘme Ă©quipe dirigeante en Europe".

- Réunion du 5 octobre -

AprÚs ce revirement et la nomination de l'Américain Troy Cooper qui cumulera le poste de responsable des opérations de XPO au niveau mondial avec la direction de la filiale européenne, quid des autres promesses? En particulier le maintien du nombre actuel d'employés à temps plein en France, pour au moins 18 mois à compter de la clÎture de l'acquisition?
Les syndicats, qui rappellent les péripéties judiciaires de Norbert Dentressangle en raison de l'emploi de chauffeurs routiers des pays de l'Est (une partie de la procédure a été annulée à Valence, l'appel sera examiné en mars à Grenoble), n'idéalisent pas la politique sociale de l'ex-groupe familial. Ils regrettent néanmoins l'ADN français d'une "entreprise dirigée depuis la France".
Demain, ils craignent que les centres de décision à Malakoff (Hauts-de-Seine, banlieue parisienne) et surtout dans la DrÎme et à Lyon (sud-est) ne ferment au profit d'un pilotage depuis les Etats-Unis. Une hypothÚse qui est pour l'heure catégoriquement écartée par XPO Logistics.
Avides d'informations sur la stratégie industrielle de la nouvelle entité, les syndicats attendent avec impatience le 5 octobre, date du premier rendez-vous entre les partenaires sociaux et le nouveau directoire.

Par Jean-François GUYOT - © 2015 AFP
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