Syrie

Nouvelle tentative attendue d'un convoi humanitaire de l'ONU dans la Ghouta

  • PubliĂ© le 8 mars 2018 Ă  08:17
  • ActualisĂ© le 8 mars 2018 Ă  09:48
Des secouristes des Casques blancs aident un homme aprÚs un bombardement sur la ville de Hammouriyé, dans la Ghouta orientale, le 6 mars 2018

Un nouveau convoi humanitaire de l'ONU doit tenter jeudi de porter secours aux populations de la Ghouta orientale, toujours prises sous un déluge de feu par les forces de Damas, qui ont reconquis plus de la moitié de l'enclave rebelle aux portes de Damas.

Lundi, un premier convoi avait dĂ» abrĂ©ger sa mission en raison des bombardements sur la grande ville de Douma. Le Conseil de sĂ©curitĂ© de l'ONU a rĂ©clamĂ© mercredi l'application du cessez-le-feu exigĂ© et ignorĂ© depuis dix jours, demandant de maniĂšre "unanime" que le nouveau convoi humanitaire prĂ©vu jeudi "parvienne bien Ă  la Ghouta" et que de l'aide puisse ĂȘtre acheminĂ©e "tous les jours", selon un diplomate.

Les quelque 400.000 habitants assiégés depuis 2013 subissent de graves pénuries de nourriture et de médicaments. Les aides médicales et la nourriture doivent permettre de satisfaire les besoins de 70.000 personnes au total, a indiqué le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

Pour le convoi de jeudi, "nous ne savons pas encore combien de camions il y aura, mais ce sera le reste des aides pour 70.000 personnes", a déclaré à l'AFP une porte-parole d'Ocha à Damas, Linda Tom. "Cela comprendra les aides médicales dont le chargement n'avait pas été autorisé" dans le convoi de lundi, a-t-elle signalé.

- L'étau se resserre -

Sur le terrain, les forces du rĂ©gime ont reconquis plus de la moitiĂ© de l'enclave rebelle, cible de bombardements meurtriers qui ont tuĂ© des dizaines de civils mercredi. Frappes aĂ©riennes et tirs d'artillerie ont continuĂ© de s'abattre sur la Ghouta, en dĂ©pit de la trĂȘve quotidienne de cinq heures (07H00 Ă  12H00 GMT) dĂ©crĂ©tĂ©e par Moscou il y a plus d'une semaine.

Au moins "62 civils, dont six enfants, ont été tués mercredi", notamment dans des frappes russes, selon un nouveau bilan de l'OSDH, précisant que ces raids dans la seule localité de Hammouriyé ont fait 18 morts. L'étau se resserre ainsi sur le dernier bastion des insurgés aux portes de Damas. AprÚs une offensive terrestre et deux semaines de bombardements ayant tué plus de 860 civils, les forces de Damas ont pris pied au coeur de l'enclave, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Les forces du régime contrÎlent plus de 50% de l'enclave", notamment aprÚs avoir reconquis mercredi les localités de Beit Sawa et d'Al-Achaari, dans le centre du bastion des insurgés, selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Les troupes poursuivent leur progression vers Douma et les localités dans l'ouest de l'enclave rebelle, aprÚs avoir reconquis des secteurs dans l'est et le sud-est, d'aprÚs l'OSDH, qui a accusé à plusieurs reprises la Russie d'avoir mené des frappes meurtriÚres, que Moscou a démenties.

A HammouriyĂ©, un correspondant de l'AFP a vu deux hommes au sol prĂšs d'une moto, le corps pris par les flammes d'un incendie provoquĂ© par un raid, des secouristes tentant d'Ă©teindre le feu. Ailleurs, un troisiĂšme homme gisait Ă  mĂȘme le sol, prĂšs d'une marre de sang.

- 'Apocalypse' -

Le rĂ©gime semble se rapprocher de son objectif, qui est de scinder l'enclave en deux, en isolant le secteur nord, oĂč se trouve Douma, du secteur sud, selon l'OSDH. L'offensive se poursuit alors que le Conseil de sĂ©curitĂ© de l'ONU avait adoptĂ© fin fĂ©vrier une rĂ©solution rĂ©clamant un cessez-le-feu de 30 jours dans toute la Syrie, qui devait permettre la livraison d'aide humanitaire et l'Ă©vacuation de blessĂ©s.

Ces dispositions sont restées quasiment sans effet et le Conseil de sécurité a tenu mercredi une réunion d'urgence à huit clos, lors de laquelle a été évoqué un possible rÎle onusien pour sortir de la Ghouta des éléments "terroristes", selon des diplomates.

Les principaux groupes rebelles de l'enclave, Faylaq al-Rahmane et Jaich al-Islam, avaient proposé il y a une semaine de faire partir les jihadistes de l'ex-branche d'Al-Qaïda, qui maintiennent une présence limitée dans la Ghouta. Selon un diplomate, un large soutien au Conseil de sécurité a été constaté mercredi à l'idée de Staffan de Mistura d'avoir des négociations à cet égard entre les groupes armés et d'autres parties, notamment la Russie, avec un rÎle de facilitateur pour l'ONU.


Déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, le conflit en Syrie s'est progressivement complexifié avec l'implication de groupes jihadistes et de puissances étrangÚres. Le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad al Hussein, a accusé le régime de planifier "l'apocalypse" en Syrie, estimant que le conflit qui a fait plus de 340.000 morts était entré dans une nouvelle "phase d'horreur".

- © 2018 AFP

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