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Obama, grand protecteur de grands espaces

  • PubliĂ© le 18 juin 2016 Ă  23:06
La famille de Barack Obama visite une grotte du parc national de Carlsbad au Nouveau-Mexique le 17 juin 2016

Barack Obama a opté pour un week-end en famille dans le Parc national de Yosemite.

Pour sa beauté à couper le souffle. Mais aussi pour vanter son bilan et redire l'urgence d'agir sur le climat.
Rappelant que le concept de Parc national était souvent appelé "la meilleure idée de l'Amérique", le président des Etats-Unis a insisté samedi sur la nécessité de poursuivre les efforts engagés depuis un siÚcle, en prenant aussi en compte les bouleversements en cours.
"Le changement climatique n'est plus seulement une menace, c'est déjà une réalité", a-t-il mis en garde, lors d'une allocution devant les spectaculaires Yosemite Falls (740 mÚtres au total), plus grandes chutes d'eau du parc.
Premier Président américain en exercice à se rendre dans cet écrin naturel depuis John F. Kennedy en 1962, M. Obama a fait de la protection des espaces naturels l'une des signatures de ses années à la Maison Blanche.
Depuis 2009, il a protégé plus de 100 millions d'hectares, sur terre et en mer, à travers le pays, plus qu'aucun de ses prédécesseurs (une large partie est liée à un sanctuaire marin autour d'ßles et d'atolls dans le Pacifique).
Il s'est appuyé pour ce faire sur l'Antiquities Act, loi signée en 1906 par Theodore Roosevelt, ardent défenseur de la préservation des ressources naturelles.
"Je suis fier d'avoir bùti sur le travail de plusieurs géants?, a-t-il lancé, évoquant notamment ce dernier.
Cette loi permet au prĂ©sident d'agir vite pour prĂ©server des espaces menacĂ©s, qui peuvent ensuite ĂȘtre transformĂ©s en Parcs nationaux lorsque le CongrĂšs s'empare du dossier. Le Grand Canyon, la VallĂ©e de la Mort (Death Valley) et des pans entiers de l'Alaska en ont bĂ©nĂ©ficiĂ©.
Seize présidents y ont eu recours avant lui. Seuls trois, tous républicains, n'en ont pas fait usage: Richard Nixon, Ronald Reagan, et George H. W. Bush.
D'ici son départ en janvier, M. Obama pourrait trancher sur d'autres projets qui l'attendent sur son bureau. En bonne place: l'expansion de la réserve marine de Papah?naumoku?kea, à Hawaï, créée il y a dix ans par George W. Bush, qui abrite nombre d'espÚces endémiques.
Au fil des dĂ©cennies, ces dĂ©signations ont parfois Ă©tĂ© sources de polĂ©miques dans la mesure oĂč elles sont notamment synonymes d'interdiction de nouveaux forages et exploitations d'Ă©nergies fossiles (pĂ©trole, gaz, charbon).
Mais les quelque 400 Parcs nationaux que comptent les Etats-Unis restent une réelle attraction: ils ont accueilli plus de 305 millions de personnes en 2015, un record.
- 'Spectaculaire !' -
"Spectaculaire !", a lancé le président en visitant vendredi les grottes de Carlsbad, perdues dans les paysages montagneux et arides du Nouveau-Mexique.
"C'est pas cool ?", a-t-il ajouté en se tournant vers les journalistes dans un message qui semblait plutÎt destiné à emporter l'adhésion de ses deux filles adolescentes, Malia et Sasha.
Quelques heures plus tard, à l'issue d'un survol spectaculaire d'une série de cascades, dÎmes et pics de granit, la "First Family" rejoignait le parc de Yosemite, dans l'est de la Californie.
Ce voyage en famille, qui rappelle celui effectué à l'été 2009 à Yellowstone au début de son premier mandat, vise aussi à marquer, avec un peu d'avance, le centenaire de la création des Parcs nationaux.
Mais Ă  sept mois de son dĂ©part, les ONG environnementales appellent le prĂ©sident dĂ©mocrate Ă  ne pas s'arrĂȘter lĂ .
"Ce qu'il a fait est significatif", estime Sharon Buccino, du National Resources Defense Council (NRDC).
"Mais son bilan en matiÚre de protection des espaces sera réellement jugé à l'aune de ce qu'il fera dans le temps qui lui reste", ajoute-t-elle dans une entretien à l'AFP.
Ce long week-end familial loin de Washington intervient à l'issue d'une semaine endeuillée par la fusillade d'Orlando, la plus meurtriÚre jamais enregistrée sur le sol américain.
Avant de s'envoler pour l'Ouest afin de défendre son bilan environnemental, M. Obama a par ailleurs essuyé une rude mise en cause sur une partie nettement plus controversée de son bilan: la Syrie.
Une cinquantaine de diplomates du département d'Etat ont formé un groupe "dissident", qui critique le "statu quo" et réclame que les Etats-Unis frappent militairement le régime de Bachar al-Assad.

Par JérÎme CARTILLIER - © 2016 AFP
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