Crise migratoire

Ocean Viking: deux migrants se jettent Ă  l'eau

  • PubliĂ© le 2 juillet 2020 Ă  22:36
  • ActualisĂ© le 3 juillet 2020 Ă  05:38
Des migrants nagent en pleine mer Méditerranée aprÚs avoir sauté par-dessus bord de l'Ocean Viking, le 2 juillet 2020

Deux migrants se sont jetĂ©s Ă  l'eau jeudi de l'Ocean Viking pour tenter de rejoindre les rives europĂ©ennes Ă  la nage, avant d'ĂȘtre secourus, a constatĂ© un journaliste de l'AFP, alors que le navire humanitaire est toujours bloquĂ© en MĂ©diterranĂ©e.

Le bateau-ambulance fait du surplace depuis plusieurs jours entre Malte et l'Italie, et a déjà effectué cinq demandes à ces deux pays pour obtenir un port de débarquement pour les 180 migrants à bord, recueillis lors de quatre opérations distinctes jeudi dernier et mardi.

Il Ă©tait midi environ lorsqu'un premier migrant Ă  bout de patience, sous une chaleur accablante, a plongĂ© dans la MĂ©diterranĂ©e, tandis qu'un deuxiĂšme l'a suivi et qu'un troisiĂšme a Ă©tĂ© empĂȘchĂ© de sauter par ses compagnons d'infortune Ă  bord de l'Ocean Viking, oĂč un journaliste de l'AFP est embarquĂ©.

AprĂšs plusieurs minutes de discussions, les deux hommes, qui s'Ă©taient Ă©loignĂ©s d'une centaine de mĂštres, ont Ă©tĂ© rĂ©cupĂ©rĂ©s Ă  bord d'un bateau rapide mis Ă  l'eau par les marins-sauveteurs, avant d'ĂȘtre ramenĂ©s Ă  bord du navire prĂšs de 45 minutes plus tard.

"C'est la premiÚre fois en quatre ans et demi (d'opérations de secours en mer par l'ONG SOS Méditerranée) qu'il se passe quelque chose comme ça", a déploré Nicholas Romaniuk, qui coordonne les secours à bord, lors d'une discussion avec plusieurs groupes de migrants par nationalité.

La raison de ce geste dĂ©sespĂ©rĂ© ? "Je prĂ©fĂšre mourir et que ma famille sache que je suis mort, plutĂŽt que d'ĂȘtre lĂ  et qu'elle ne sache pas si je suis mort ou vivant", explique, en dĂ©chirant son T-shirt noir, un Marocain, troisiĂšme personne Ă  avoir tentĂ© de se jeter Ă  l'eau.

Il rĂ©sume ainsi la frustration de nombre de migrants Ă  bord, qui dĂ©sespĂšrent de pouvoir contacter leur famille et pouvoir enfin rallier la terre ferme. "A quoi bon nous secourir si c'est pour nous mettre dans une situation pareille", abonde un Soudanais, Ă©voquant les conditions Ă  bord, oĂč les 180 migrants dorment Ă  mĂȘme le sol dans des conteneurs.

Un Pakistanais relativise: "On est sortis de l'enfer de la Libye, SOS Méditerranée nous a secourus, on est en vie. Alors qu'on reste un jour, 5 jours ou 15 jours, qu'est-ce que ça peut faire ?"

L'Ocean Viking a repris lundi dernier ses opĂ©rations aprĂšs trois mois d'arrĂȘt en raison de la situation sanitaire, sur fond d'explosion des traversĂ©es de la MĂ©diterranĂ©e centrale, entre les cĂŽtes libyennes et tunisiennes, d'une part, et Malte ou l'Italie, de l'autre.

 AFP

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