Droit du travail

Ordonnances: nouveau round au menu de l'Assemblée mardi avec la ratification

  • PubliĂ© le 19 novembre 2017 Ă  07:32
  • ActualisĂ© le 19 novembre 2017 Ă  07:37
Emmanuel Macron, aux cÎtés de Muriel Penicaud et Christophe Castaner signe les ordonnances réformant le droit du travail, le 22 septembre 2017 à l'Elysée

Nouveau passage à l'Assemblée pour les ordonnances modifiant le droit du travail: leur ratification, au menu des députés à partir de mardi, doit sceller cette premiÚre réforme sociale du quinquennat Macron, toujours trÚs décriée à gauche et par les syndicats. Signées devant les caméras par le chef de l'Etat en septembre, les cinq ordonnances réformant le droit du travail sont entrées en vigueur peu aprÚs.

 

Mais faute de ratification, elles deviendraient caduques. Ces textes, portés par la ministre du Travail Muriel Pénicaud et visant à "donner plus de liberté et plus de protection" aux entreprises et aux salariés selon le gouvernement, passent entre les mains des députés toute la semaine, avant un vote solennel le mardi 28. Ils seront ensuite transmis au Sénat.

Leur ratification ne fait guÚre de doute, le projet de loi habilitant l'exécutif à réformer par ordonnances ayant été largement approuvé début août avec les voix de la majorité LREM et MoDem mais aussi des LR et Constructifs. La contestation continue mais semble affaiblie. Jeudi, les opposants à la politique "libérale" du président, menés par CGT et FO, ont défilé pour la quatriÚme journée de mobilisation depuis la rentrée, sans réussir à mobiliser fortement.

"Tous dans l'action pour refuser les ordonnances de destruction sociale", proclamait notamment la banderole de tĂȘte du cortĂšge parisien. Parmi les mesures les plus controversĂ©es: la barĂ©misation des indemnitĂ©s prud'homales en cas de licenciement abusif, la fusion des instances reprĂ©sentatives du personnel, dont le CHSCT, ou le rĂŽle accru de l'accord d'entreprise.

La majorité défend "un ensemble cohérent". Et elle est déjà tournée vers le nouveau volet de réformes vantées par le gouvernement comme un moyen d'apporter davantage de sécurité au salarié: l'apprentissage et la formation professionnelle, plus une réforme de l'assurance-chÎmage.

- 'Ne pas se résigner' -

LREM aimerait ne pas "rejouer les dĂ©bats amples et intenses" de l'Ă©tĂ©, oĂč la gauche, Insoumis et communistes en tĂȘte, est montĂ©e au crĂ©neau sur pratiquement chaque disposition, comme l'a soulignĂ© une Ă©lue en commission. Le rapporteur Laurent Pietraszewski (LREM), qui travaillait dans les ressources humaines, a dit Ă  l'AFP s'attendre Ă  "un peu plus de mesure" dans l'hĂ©micycle, aprĂšs le rĂ©cent examen en commission oĂč il n'a "pas vu de volontĂ© d'obstruction".

Il a prĂ©dit des "ajustements Ă  la marge" en sĂ©ance, oĂč les dĂ©putĂ©s auront Ă  examiner un peu plus de 360 amendements majoritairement dĂ©posĂ©s par la gauche, mais il pense qu'aucune des cinq ordonnances ne sera vĂ©ritablement "challengĂ©e". En pratique, tant qu'elle n'est pas ratifiĂ©e, une ordonnance peut Ă  loisir ĂȘtre modifiĂ©e. Les trois groupes de gauche - Nouvelle Gauche, communistes et Insoumis - ne manqueront pas de revenir Ă  la charge contre des mesures "de rĂ©gressions".

Malgré leurs tentatives, les ordonnances ont été peu modifiées en commission. Les députés ont notamment renforcé les compétences du Conseil d'entreprise ou ouvert le congé mobilité aux salariés concernés par une rupture conventionnelle collective. Les communistes ont promis de "continuer la bataille pour contester ou limiter au maximum les ordonnances", tandis que Nouvelle Gauche a dénoncé un "élément supplémentaire d?une politique économique libérale qui accroßtra encore les inégalités".

Les Insoumis restent mobilisĂ©s contre un "plan de marche anti-social", mĂȘme si leur chef de file, Jean-Luc MĂ©lenchon a reconnu rĂ©cemment qu'Emmanuel Macron avait "le point pour l'instant" et jugĂ© que la "rĂ©sistance (avait) beaucoup pĂąti de la division syndicale". "Nous ne dĂ©sarmerons pas pour convaincre qu?il ne faut pas se rĂ©signer", alors qu'Emmanuel Macron "prĂ©pare un monde du travail considĂ©rablement dĂ©gradĂ©", promet l'un des fers de lance LFI sur ce texte, Adrien Quatennens.

Et de rappeler qu'en 2006, le gouvernement avait reculé sur le Contrat premiÚre embauche (CPE), alors que la loi avait été promulguée. La mobilisation dans la rue avait à l'époque été massive, notamment celle des jeunes.

L'offensive se poursuivra aussi sur le terrain judiciaire, avec des recours syndicaux devant le conseil d'Etat. La CGT a été déboutée sur la forme d'une premiÚre demande jeudi, les juges doivent encore se prononcer sur le fond.

AFP

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