Jusqu'Ă  35.000 participants

Paris prend des couleurs arc-en-ciel avec la marche des Fiertés LGBT+

  • PubliĂ© le 25 juin 2022 Ă  19:26
  • ActualisĂ© le 26 juin 2022 Ă  08:47
Des participants à la Marche des fiertés à Paris bradissent le drapeau arc en ciel et des pancartes, le 25 juin 2022

Des licornes, des paillettes, du strass et du gros son: malgré un ciel parisien bien gris, la marche des Fiertés LGBT+ a retrouvé des couleurs samedi, aprÚs deux années ternies par le Covid-19.

Peu aprÚs 14h30, une foule compacte s'est élancée depuis la porte Dorée en direction de la place de la République, sous une pluie fine et dans une ambiance festive comme c'est le cas généralement depuis les années 1970.

Des parapluies et des capes arc-en-ciel émaillaient le cortÚge, entre les différents chars des associations ou communautés LGBT d'entreprises comme Air France ou la SNCF.

Les autorités, qui anticipaient une mobilisation de 25 à 35.000 personnes dans la capitale, ont décidé de renforcer la sécurité au lendemain de la fusillade mortelle à Oslo prÚs d'un club gay.

Mais l'inquiétude n'était pas de mise parmi les participants. Plusieurs d'entre eux arboraient des pancartes "free hug" (calin gratuit), appelaient à "imaginer la vie gayment" ou encore proclamaient: "on est pas des monstres". Aux abords du cortÚge, des vendeurs de chapeaux, drapeaux, sifflets et autres goodies aux couleurs arc-en-ciel ravitaillaient les troupes.

Le mot d'ordre choisi cette année par le collectif associatif Inter-LGBT, qui organise cette marche, est: "Nos corps, nos droits, vos gueules !". Une formule virulente assumée qui vise notamment à protester contre la "banalisation" de la "parole LGBTQIphobe et surtout transphobe", trop souvent ignorée des pouvoirs publics, selon eux.

La marche est aussi en solidaritĂ© avec l'Ukraine. En guise de symbole, c'est Anna, militante lesbienne venue de ce pays en guerre, qui a Ă©tĂ© la premiĂšre Ă  prendre la parole dans le carrĂ© de tĂȘte.

"Il y a deux situations qui ont vraiment changĂ© ma vie: un trĂšs mauvais coming-out il y a douze ans et puis la guerre", a-t-elle tĂ©moignĂ© en français, se rĂ©jouissant d'ĂȘtre devant "des personnes libres et courageuses" et appelant au soutien.

D'autres prises de parole ont suivi pour dĂ©noncer l'homophobie, mais aussi pour s'inquiĂ©ter de la montĂ©e de l'extrĂȘme-droite, mettre en avant le sort des migrants LGBT ou encore s'Ă©mouvoir de la dĂ©cision vendredi de la Cour suprĂȘme amĂ©ricaine de rĂ©voquer le droit Ă  l'avortement.

Une militante a Ă©galement insistĂ© sur le fait que la marche est "un grand moment de revendication" et non "une grande fĂȘte colorĂ©e avec de la bonne musique".

- "On existe" -

Mais dans la foule, l'ambiance était joyeuse. Venue de l'Aube avec son épouse, Sandrine Martineau, 51 ans, coiffe à plumes, s'est dite "fiÚre" et "époustouflée" par l'affluence.

Beaucoup de jeunes étaient présents, à l'image de Sandra Vail, 19 ans, "fiÚre de représenter la communauté LGBT" et de "montrer que l'amour n'a pas de sexe".

Non loin de là, Eloise, 15 ans, venue d'Etampes avec des copines pour sa premiÚre marche, entendait "dire qu'on est là, qu'on existe" et se réjouissait de passer un moment avec d'autres LGBT parce qu'"au collÚge, il n'y a pas grand monde...".

Paillettes de strass collées sur le front, Jennifer Than, 22 ans, pour qui c'était aussi une premiÚre, insistait sur le fait qu'"il faut accepter tout le monde et c'est tout !".

Dans l'aprÚs-midi, les organisateurs avaient prévu trois minutes de silence en hommage aux victimes du sida. Un concert était aussi au menu en fin de journée avec une centaine d'artistes dont Bilal Hassani, ex-candidat de la France à l'Eurovision.

Outre cette manifestation habituelle, des marches alternatives sont apparues ces derniÚres années, affichant d'autre slogans et revendications, souvent plus contestataires.

Le 4 juin, un millier de personnes ont ainsi défilé à Saint-Denis pour la deuxiÚme "pride des banlieues". Et le 19 juin ils étaient, selon les associations, quelque 50.000 à Paris à la "Pride radicale" anti-capitaliste et anti-raciste.

AFP

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