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Paris-Roubaix: les perdants de l'Enfer

  • PubliĂ© le 11 avril 2016 Ă  18:23
Le podium de Paris-Roubaix avec l'Australien Mathew Hayman (c), le Belge Tom Booenen (g), et le Britannique Ian Stannard, le 10 avril 2016

Entre déboires et déceptions, ils sont sortis dimanche de l'Enfer, l'un des surnoms de Paris-Roubaix, conquis par l'inattendu australien Mathew Hayman.

Pour les favoris, c'est maintenant le temps des regrets.
TOM BOONEN (BEL/Etixx, 2e): la désillusion
"Tommeke", 35 ans, a douze mois devant lui pour remĂącher l'occasion ratĂ©e. Il est passĂ© Ă  cĂŽtĂ© d'une cinquiĂšme victoire - le record absolu ! - Ă  laquelle peu croyaient, hormis lui-mĂȘme, son Ă©quipe et quelques spĂ©cialistes (Marc Madiot notamment), au vu de ses performances moyennes de la saison. Le Campinois, revenu Ă  un haut niveau athlĂ©tique aprĂšs sa grave blessure de l'annĂ©e passĂ©e, a pĂ©chĂ© dans le sprint. Victime de la dĂ©bauche d'Ă©nergie consentie durant la course, de la fatigue qui obĂšre la luciditĂ© au moment du choix, du poids des ans qui diminue les qualitĂ©s de dĂ©tente.
Si l'hypothÚse de sa retraite était évoquée en cas de victoire -son équipe avait préparé le champagne, selon les journalistes belges-, cette "défaite" change la donne. Boonen l'a affirmé: "Je n'ai pas de raisons de ne pas revenir." S'il avait gagné, l'écart par rapport à son premier succÚs (2005, soit onze ans), aurait été le plus important de l'histoire de la course. Ce record lui est encore accessible. Mais, a-t-il remarqué avec lucidité, "je n'aurai pas une occasion pareille chaque année".
SEP VANMARCKE (BEL/Lotto NL, 4e): la supériorité gùchée
Le Belge a Ă©chouĂ© Ă  faire la dĂ©cision dans le secteur-clĂ© du Carrefour de l'Arbre Ă  une quinzaine de kilomĂštres de l'arrivĂ©e. Il Ă©tait le plus fort du groupe de tĂȘte Ă  ce moment de la course mais insuffisamment pour distancer les quatre autres coureurs logiquement coalisĂ©s pour revenir sur lui. "J'ai eu le sentiment d'ĂȘtre le meilleur sur les pavĂ©s. J'aurais aimĂ© un meilleur rĂ©sultat", a-t-il regrettĂ© Ă  l'arrivĂ©e.
Son équipe semble en avoir tiré les conséquences si l'on en croit le quotidien néerlandais De Telegraaf. Elle se séparerait en fin de saison de Vanmarcke qui a été recruté en 2013 dans l'optique des classiques pavées mais a surtout cumulé les places d'honneur (cinq fois dans les quatre premiers du Tour des Flandres ou de Paris-Roubaix).
L'EQUIPE SKY (Ian Stannard 3e, Luke Rowe 14e): le nouvel échec
A 55 kilomÚtres de Roubaix, tout allait pour le mieux pour la formation britannique qui comptait à l'avant quatre coureurs, dont l'épatant néo-pro italien Gianni Moscon (21 ans), déjà remarqué aux Strade Bianche (18e). Mais deux chutes successives (Moscon et Rowe, puis Puccio) ont fait perdre en quelques instants leur avantage numérique aux maillots noirs.
Fatigue ou, plus probablement, problĂšme de pression de pneumatiques ? Toujours est-il que Stannard s'est retrouvĂ© seul dans le final, sans pouvoir ramener Ă  son Ă©quipe, toute-puissante dans le Tour de France, son premier "monument". La quĂȘte se poursuit mais le directeur sportif, Servais Knaven (ancien vainqueur Ă  Roubaix), a prĂ©fĂ©rĂ© faire contre mauvaise fortune bon coeur: "Voir Ian (Stannard) sur le podium, c'est vraiment grand !"
PETER SAGAN (SVK/Tinkoff, 11e) et FABIAN CANCELLARA (SUI/Trek, 40e): le plantage
Les deux grands favoris ont perdu la course trĂšs tĂŽt, dĂšs lors qu'ils Ă©taient contraints Ă  effectuer eux-mĂȘmes une interminable course-poursuite. Sagan s'est retrouvĂ© une nouvelle fois esseulĂ© malgrĂ© l'apparition inattendue Ă  ses cĂŽtĂ©s de son frĂšre aĂźnĂ© Juraj (51e). Cancellara a pu compter jusqu'Ă  Orchies sur le dĂ©vouement du Belge Jasper Stuyven avant que le Suisse chute sur les pavĂ©s de Mons-en-PĂ©vĂšle et capitule.
Pour ses adieux, "Spartacus" est sorti de l'arĂšne roubaisienne sans la gloire espĂ©rĂ©e. Il a mĂȘme chutĂ© aprĂšs l'arrivĂ©e. Comme le symbole d'une journĂ©e Ă  oublier pour le Bernois, maintenant tournĂ© vers son prochain objectif, la conquĂȘte du maillot rose du Giro qui commence le 6 mai, Ă  Apeldoorn (Pays-Bas), par un contre-la-montre.

Par Franck IOVENE - © 2016 AFP
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