Deux mois aprĂšs l'ouragan Irma

Philippe annonce de nouvelles aides pour St-Martin et St-Barthélemy

  • PubliĂ© le 7 novembre 2017 Ă  02:54
  • ActualisĂ© le 7 novembre 2017 Ă  09:08
Edouard Philippe (G) et Jean-Michel Blanquer (C) supervisent la rentrée scolaire dans l'école primaire Clair Saint Maximin à Grand Case sur l'ßle de Saint-Martin, le 6 novembre 2017

Deux mois aprĂšs le dĂ©vastateur ouragan Irma, Édouard Philippe a annoncĂ© lundi de nouvelles aides pour Saint-Martin, une Ăźle portant encore les stigmates de la catastrophe et qui aborde Ă  peine le dĂ©fi complexe de la reconstruction.


Le Premier ministre a achevĂ© sa visite de trois jours aux Antilles en se rendant Ă  Saint-BarthĂ©lemy, oĂč il a visitĂ© deux hĂŽtels sinistrĂ©s ainsi qu'un chantier de dĂ©blaiement. Il a aussi rencontrĂ© Ă  Gustavia le prĂ©sident de la petite collectivitĂ© de cette Ăźle paradisiaque des Antilles du nord, Bruno Magras (LR).
Un peu plus tÎt, le chef du gouvernement avait annoncé des mesures financiÚres pour favoriser le redécollage de l'économie de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy.

Les entreprises des deux Ăźles "ne paieront pas de charges sociales patronales" jusqu'en novembre 2018, a annoncĂ© M. Philippe lors d'un discours dans le chef-lieu de la partie française de Saint-Martin, Marigot. L'État va aussi accorder une aide de 62 millions d'euros Ă  la collectivitĂ© territoriale de Saint-Martin afin de compenser le manque Ă  gagner de la collectivitĂ© en termes de recettes fiscales.

"Certains s'Ă©tonnent qu?il n'y ait pas un plan de l?État de X milliards d?euros pour la reconstruction de Saint-Martin. Ce n?est pas ma maniĂšre de concevoir la politique (...) Les outre-mer ont trop longtemps souffert de ce qu'on appelle parfois la maladie des annonces et du syndrome des promesses de tarmac", a plaidĂ© le Premier ministre qui a aussi annoncĂ© qu'un membre du gouvernement se rendrait sur place "tous les deux mois".

M. Philippe, qui s'est entretenu avec Daniel Gibbs, le président de la collectivité de Saint-Martin, a confirmé le mécanisme d'aide "d'urgence" pour les Saint-Martinois les plus démunis, promis par Emmanuel Macron lors de sa visite il y a un mois et demi. La collectivité ayant réclamé qu'il ne s'agisse pas d'un versement en espÚces, un systÚme de cartes prépayées, utilisables exclusivement sur la partie française de l'ßle, a été retenu et sera opérationnel "dans dix jours" selon M. Philippe. L'aide accordée à quelques milliers de bénéficiaires s'élÚvera à 300 euros par adulte et 100 euros par enfant (plafond de 900 euros par famille).

Dans la matinĂ©e, le Premier ministre avait supervisĂ© la rentrĂ©e scolaire dans une des Ă©coles primaires de l'Ăźle dans la commune populaire de Quartier-d'OrlĂ©ans. "On a une rentrĂ©e qui, globalement, et je le dis avec humilitĂ©, se passe bien et c'est indispensable parce que c'est un des Ă©lĂ©ments du retour Ă  la normale, qui sera long mais est en route", a-t-il dit dĂ©clarĂ©, aux cĂŽtĂ©s des ministres Jean-Michel Blanquer (Éducation) et Annick Girardin (Outre-mer).

-Lenteur des assurances-

ConformĂ©ment Ă  l'objectif du gouvernement, tous les Ă©lĂšves ont repris le chemin des classes lundi, mĂȘme si quatre Ă©tablissements restent impraticables et qu'un systĂšme de rotations matin/aprĂšs-midi des Ă©lĂšves a dĂ» ĂȘtre mis en place dans certaines Ă©coles. Le Premier ministre, qui a Ă©galement rencontrĂ© des commerçants? Ă  Grand-Case, a Ă©tĂ© interpellĂ© Ă  plusieurs reprises sur la lenteur des remboursements des assurances: "De l'argent, il nous faut de l'argent tout simplement, on ne fait pas la mendicitĂ©, on paie nos assurances, de l'argent pour reconstruire nos maisons, on a eu zĂ©ro centime jusqu'Ă  maintenant", lui a lancĂ© une Saint-Martinoise.

"Aujourd'hui, on attend les remboursements de l'assurance. On n'a encore rien touché, donc on ne peut pas redémarrer", a aussi expliqué Sandra Vaudelle qui gÚre avec son mari un magasin d'arts de la table, pillé à de nombreuses reprises aprÚs Irma. "On essaie de faire en sorte que ça avance", lui a répondu le Premier ministre.

Le dossier central de la reconstruction pose lui un choix complexe: reconstruire comme avant, et risquer dans un an ou deux une catastrophe similaire? Ou tenter un nouveau Saint-Martin, quitte à perdre les quelque 30.000 habitants de l'ßle surtout soucieux de retrouver un toit solide et un gagne-pain? Le préfet Philippe Gustin doit remettre le 10 novembre un rapport sur le sujet.

Mais l'État affiche dĂ©jĂ  sa volontĂ© d'une reconstruction exemplaire. "Nous ne pouvons pas reconstruire comme si rien ne s'Ă©tait passĂ©", plaide le Premier ministre depuis samedi. La question principale concerne le nombre important d'habitations sans permis, dont la reconstruction au mĂȘme endroit pourrait ĂȘtre freinĂ©e. AprĂšs un passage en Martinique samedi et en Guadeloupe dimanche, M. Philippe doit quitter les Antilles ??lundi soir pour Paris.

AFP

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