JO-2024

Philippe en Seine-Saint-Denis pour les premiers coups de pioche du village olympique

  • PubliĂ© le 4 novembre 2019 Ă  13:36
  • ActualisĂ© le 4 novembre 2019 Ă  14:59
Nicolas Ferrand, directeur général exécutif de SLIDEO? la société de livraison des  de l'Autorité de livraison des ouvrages olympiques, présente le projet du village des médias des Jeux olympiques de 2024 et du nouveau quartier de Seine-Saint-Denis, au siÚge du journal sportif français L'Equipe, à Boulogne-Billancourt, au sud-ouest de Paris, le 2 octobre , 2019.

Emmené par Edouard Philippe, le gouvernement se déplace en force lundi en Seine-Saint-Denis, pour donner le coup d'envoi du chantier controversé du village des athlÚtes de Paris-2024 et le défendre comme "un accélérateur de politiques publiques" utile à la population.

Cinq jours aprÚs un déplacement à Bobigny, le Premier ministre sera de retour avec 11 ministres dans le département le plus pauvre de métropole, qui accueillera le village olympique et paralympique sur 51 hectares à cheval entre Saint-Denis, Saint-Ouen et L?Ile-Saint-Denis.

Au cÎté notamment du président du comité d'organisation Tony Estanguet, Edouard Philippe lancera symboliquement à Saint-Ouen le début de ces travaux pharaoniques qui doivent durer plus de trois ans. Plus tÎt dans la matinée, à Saint-Denis, il présidera un comité interministériel sur les JO et devrait annoncer un paquet de 170 mesures, selon une source proche du gouvernement.

Certaines sont déjà connues, comme la création d'une cellule à PÎle Emploi dédiée aux postes liés aux JO, un systÚme de défiscalisation pour faciliter le sport en entreprise, le plan "aisance aquatique" destiné à lutter contre les noyades ou encore le plan vélo.

Parmi les mesures nouvelles, sont prévus la création d'un label égalité hommes-femmes, qui aura vocation à s'étendre à d'autres d'événements sportifs, et un plan de formation de jeunes en service civique sur des missions d'accompagnement aux JO (10.000 par an à partir de 2020), selon cette source.

Autre objectif: la formation de 3.000 personnes en situation de handicap pour devenir bénévoles des Jeux.

- "Levier de transformation" -

Le gouvernement entend dĂ©fendre l'idĂ©e d'un "hĂ©ritage" de ces JO-2024 qui doivent ĂȘtre "un vĂ©ritable levier de transformation durable pour le territoire et le quotidien des Français", affichait Matignon en amont de ce dĂ©placement lundi. Moment choisi par le ComitĂ© national olympique et sportif français pour interpeller l'exĂ©cutif et le Parlement: dans une pleine page de l'Equipe, le CNOSF les exhorte Ă  doter le "budget du sport français Ă  la hauteur des ambitions de notre pays".

"Les clubs sportifs français sont aujourd?hui en plein désarroi", alerte le mouvement olympique français pointant la "diminution de plus de 20% du budget qui leur était consacré par l'Etat" et la "diminution sévÚre des emplois aidés".

Localement, des protestations s'élÚvent par ailleurs déjà contre le projet de village olympique qui promet de raser une zone accueillant plus d'une vingtaine d'entreprises, trois écoles, un hÎtel, une résidence étudiante et un foyer de travailleurs étrangers, pour y loger prÚs de 15.000 athlÚtes et officiels.

"Cela fait 40 ans que nous sommes là et il n'y a plus de place pour nous, c'est insultant", déplore Boubacar Diallo, représentant des résidents du foyer de travailleurs étrangers de Saint-Ouen sur lequel a été accrochée une large banderole "En lutte pour un relogement digne".

En remplacement, deux nouvelles rĂ©sidences doivent voir le jour en 2022. Mais les rĂ©sidents refusent le relogement provisoire proposĂ© par la SociĂ©tĂ© de livraison des ouvrages olympiques (Solideo), l'Ă©tablissement public chargĂ© des chantiers des JO. Le foyer demeure l'un des derniers dossiers Ă©pineux pour la Solideo qui a acquis "prĂšs de 90% du foncier Ă  l'amiable" pour un montant de 110 millions d'euros, selon l?Établissement public foncier d'Ile-de-France.

- Nuisances -

Egalement mĂ©contente, l'Ă©cole publique d'ingĂ©nieurs SupmĂ©ca, dont le campus sera coupĂ© en deux. "On nous supprime notre rĂ©serve fonciĂšre. C'est l'argent public qui va permettre de rĂ©gler le problĂšme des promoteurs privĂ©s", tempĂȘte son directeur Alain RiviĂšre.

A Saint-Denis, certains habitants craignent aussi des nuisances en raison de la concentration, dans une zone restreinte, de la future piscine olympique, la plus grande gare du Grand Paris, l'enfouissement des lignes à haute tension, le mur anti-bruit de l'A86 et l'aménagement des berges de Seine.

La Solideo promet "qu'il n'y aura pas de chantier de nuit" et assure que "ce qui va se passer en 3-4 ans est la compensation de ce qui ne s'est pas passé depuis 30 ans". Un message qui fait écho à celui du gouvernement qui a dévoilé jeudi une batterie de mesures spécifiques pour la Seine-Saint-Denis.

Les attentes sont Ă©galement fortes dans le sport, oĂč la fin des emplois aidĂ©s, dans la foulĂ©e de l'attribution Ă  Paris des JO, le 13 septembre 2017, et les craintes de suppression, puis de changement de statut des 1.600 conseillers techniques sportifs ont soulevĂ© de vives critiques.
Entre les coûts d'organisation et les chantiers, le budget total des Jeux s'élÚve à ce stade à 6,8 milliards d'euros, dont 1,5 milliard de dépense publique.

AFP

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