AprÚs la séquence internationale du G7, l'exécutif fait sa rentrée sur le plan intérieur avec la réception mardi par Edouard Philippe des 19 organisations à l'initiative du "Pacte du pouvoir de vivre", dont le patron de la CFDT Laurent Berger, signe affiché d'un acte 2 plus "délibératif".
Juste avant la rentrée scolaire, Matignon souhaite d'abord insister sur la thématique écologique, en réservant le premier déplacement de M. Philippe aprÚs les vacances à Roubaix (Nord) jeudi, "un territoire innovant en termes de gestion des déchets". Sur l'écologie, "on veut montrer qu'on ne lùche pas la balle, qu'on a compris le problÚme et que ce n'est pas qu'un sujet pré-élections européennes", martÚle un conseiller de l'exécutif.
A ce titre, quasiment un an jour pour jour aprÚs la démission fracassante de Nicolas Hulot du gouvernement, Edouard Philippe a choisi de recevoir les initiateurs du "Pacte du pouvoir de vivre", dont les figures de proue sont Laurent Berger et l'ancien ministre de la Transition écologique.
Si, à l'inverse du syndicaliste, l'écologiste ne se rendra pas à Matignon, "l'examen de la situation montre l'ampleur des chantiers ouverts et des avancées déjà opérées en matiÚre de transition écologique et solidaire", fait-on valoir dans l'entourage du Premier ministre.
Le chef du gouvernement sera entouré de cinq ministres, dont la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne, pour écouter les représentants des 19 signataires de ce pacte (CFDT, Fondation Hulot, ATD Quart monde, Fondation Abbé-Pierre...) qui ont formulé 66 propositions en mars.
Le collectif est dĂ©sormais Ă©largi Ă une cinquantaine d'organisations et a mis en exergue "8 mesures d'urgence", comme interdire la location de logements indignes et de passoires Ă©nergĂ©tiques; Ă©valuer l'impact de toute nouvelle loi sur les 10% les plus pauvres; revaloriser les minima sociaux et les faire Ă©voluer au mĂȘme rythme que les revenus du travail...
"C'est une dĂ©marche qui a du poids car elle est collective. C'est une voix qui mĂ©rite d'ĂȘtre Ă©coutĂ©e", souligne-t-on Ă Matignon, en notant que ces organisations avaient Ă©tĂ© "forces de propositions" au printemps, durant le Grand dĂ©bat.
- Marge de manoeuvre -
C'est aussi une maniĂšre pour l'exĂ©cutif d'illustrer un "acte 2" du quinquennat fondĂ© sur "une mĂ©thode de travail plus dĂ©libĂ©rative", selon l'entourage du Premier ministre. "Le mot d'ordre, c'est la constance. Continuer les rĂ©formes sans ĂȘtre clivants", appuie-t-on de mĂȘme source.
Dans cette optique, les représentants du Pacte sont reçus "avant le séminaire gouvernemental (le 4 septembre) et le bouclage des textes financiers", glisse-t-on à Matignon, assurant que "le Premier ministre a souhaité avoir cet échange pour, en amont, se nourrir de la vision d'un certain nombre d'acteurs en matiÚre sociale et de transition écologique".
Une maniĂšre d'affirmer qu'existe une marge de nĂ©gociations, mĂȘme si rien de concret ne sera annoncĂ© Ă l'issue de cette rĂ©union. Il y a "Ă©normĂ©ment de choses mises en oeuvre ou en chantier de notre cĂŽtĂ©, qu'il s'agisse de la transition Ă©cologique, de l'Ă©galitĂ© hommes-femmes, de la lutte contre la fraude fiscale, du logement" et qui font Ă©cho aux revendications des signataires, dit-on dans l'entourage du Premier ministre, estimant que "dans beaucoup de mesures, on coche la case de cette logique +pouvoir de vivre+".
"Et cela permettra aussi de partager sur des sujets sur lesquels il y aura moins de convergence, comme la fiscalitĂ© du capital", dit-on encore. En accĂ©dant Ă la demande des signataires d'ĂȘtre entendus, M. Philippe soigne en filigrane une relation parfois dĂ©tĂ©riorĂ©e avec Laurent Berger, alors que le partenaires sociaux seront reçus les 5 et 6 septembre Ă Matignon pour prĂ©parer la refonte du systĂšme des retraites.
AFP



