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Photos d'exactions de l'EI sur Twitter: le parquet demande un procĂšs pour Marine Le Pen

  • PubliĂ© le 1 mars 2019 Ă  18:48
Marine Le Pen et Gilbert Collard, députés RN, à l'Assemblée nationale le 13 février 2019

Marine Le Pen risque de devoir s'expliquer devant un tribunal pour des tweets datant de 2015: le parquet de Nanterre a demandé un procÚs pour la présidente du Rassemblement national (RN), aprÚs la diffusion de photos d'exactions du groupe EI.


Le parquet a requis le renvoi devant un tribunal correctionnel de Mme Le Pen, ainsi que du député RN Gilbert Collard, pour "diffusion d'images violentes", ont indiqué à l'AFP vendredi des sources concordantes, confirmant une information du Parisien.
AprÚs ce réquisitoire, daté du 19 décembre, il revient désormais à la juge d'instruction d'ordonner ou non un procÚs pour les deux élus.
Les faits remontent au 16 décembre 2015. En réponse au journaliste Jean-Jacques Bourdin, qu'elle accusait d'avoir "fait un parallÚle" entre l'EI et le FN, elle avait relayé sur Twitter trois photos d'exactions en y ajoutant les mots: "Daech, c'est ça!"
Les photos montraient un soldat syrien Ă©crasĂ© vivant sous les chenilles d'un char, un pilote jordanien brĂ»lĂ© vif dans une cage et une photo du journaliste amĂ©ricain James Foley, le corps dĂ©capitĂ© et la tĂȘte posĂ©e sur le dos.
Quelques semaines aprÚs les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, la publication de ces images trÚs violentes avait immédiatement soulevé un tollé au sein de la classe politique mais aussi au-delà.
Le parquet de Nanterre avait lancĂ© le jour-mĂȘme une enquĂȘte aprĂšs un signalement des clichĂ©s par le ministre de l'IntĂ©rieur.
AprĂšs trois ans d'instruction, le parquet a requis la tenue d'une procĂšs pour les deux Ă©lus d'extrĂȘme droite, sur la base de l'article 227-24 du code pĂ©nal, qui punit la diffusion de messages violents susceptible d'ĂȘtre vus par un mineur, ont indiquĂ© Ă  l'AFP leurs avocats ainsi que le parquet de Nanterre.
"On a détourné totalement ce texte pour l'instrumentaliser contre Marine le Pen à des fins de persécution politique", a réagi son conseil Me David Dassa-Le Deist. "Il n'y a jamais eu d'application de ce texte pour la diffusion de photos d'actualité", a-t-il assuré.
"C'est un acharnement", a estimé Me Jean-Marc Descoubes, avocat de Gilbert Collard, qui affirme lui aussi que l'article invoqué n'est pas "applicable" aux faits. L'avocat a indiqué qu'il avait déposé, il y a plusieurs mois, une demande d'annulation de la levée de l'immunité parlementaire de M. Collard devant la justice administrative, qui n'a pas encore tranché.
- Une deuxiĂšme enquĂȘte -
M. Collard avait quant à lui relayé la photo d'un homme gisant au sol, le crùne défoncé, avec ce commentaire: "Bourdin compare le FN à Daech: le poids des mots et le choc des bobos!"
AprĂšs s'ĂȘtre vu retirer son immunitĂ© parlementaire, d'abord en tant qu'eurodĂ©putĂ©e puis en tant que dĂ©putĂ©e, Mme Le Pen avait Ă©tĂ© mise en examen le 1er mars 2018, deux mois aprĂšs M. Collard.
En septembre, elle s'était insurgée contre une expertise psychiatrique ordonnée dans cette instruction - un examen cependant prévu par la procédure pénale. Dénonçant une "méthode" utilisée "dans les régimes totalitaires", elle avait déclaré qu'elle ne s'y rendrait "bien sûr" pas.
Mme Le Pen avait alors publiĂ© sur Twitter, in extenso, le document ordonnant cette expertise, signĂ© par la juge d'instruction: dans la foulĂ©e, une nouvelle enquĂȘte a Ă©tĂ© ouverte - la loi interdisant la publication d'un acte de procĂ©dure judiciaire avant une audience publique.
La patronne du FN est mise en examen dans un autre dossier, celui des emplois présumés fictifs d'assistants parlementaires européens, pour "détournements de fonds publics", aux cÎtés de plusieurs autres responsables politiques.

Par Robin TUTENGES - © 2019 AFP
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