Les rebelles au Yémen ont bombardé intensément vendredi les positions des forces progouvernementales à Hodeida, avec l'objectif de ralentir leur avancée dans cette ville portuaire clé de l'ouest du pays en guerre, selon des responsables militaires.
Point d'entrée de trois quarts des importations et de l'aide internationale dans ce pays menacé par la famine, la ville de Hodeida est sous contrÎle des rebelles depuis octobre 2014 et les forces loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi, appuyées par les alliés saoudiens et émiratis, tentent de la reprendre depuis des mois.
Les forces loyalistes sont entrĂ©es jeudi pour la premiĂšre fois dans la citĂ© oĂč elles ont progressĂ© de quelques km en direction du port.
Vendredi, les Houthis, dont le chef a promis que ses hommes combattraient jusqu'au bout- ont intensifié leurs contre-attaques pour ralentir leur avancée. Ils "mÚnent des attaques intensives" en tirant des obus sur les positions des troupes loyalistes dans le sud de la ville, ont précisé les responsables militaires progouvernementaux.
Malgré la résistance féroce des rebelles, les forces loyalistes ont réussi à avancer lentement dans l'est de la ville, ont ajouté ces responsables. Outre Hodeida, les rebelles contrÎlent de vastes pans du territoires dans le nord et le centre du pays, ainsi que la capitale Sanaa. Les rebelles ont en outre affirmé avoir réussi à couper les voies d'approvisionnement de leurs adversaires dans quatre secteurs de la province de Hodeida, à l'extérieur de la ville éponyme.
Depuis 2015, les forces loyalistes, aidées militairement par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, tentent de chasser les Houthis, soutenus par l'Iran, des vastes régions qu'ils ont conquises. La bataille pour Hodeida dure depuis des mois, mais elle s'est intensifiée à partir du 1er novembre. Au total, quelque 250 combattants ont été tués -197 Houthis et 53 loyalistes.
En prÚs de quatre ans, le conflit a fait quelque 10.000 morts et provoqué selon l'ONU la pire crise humanitaire au monde. Des organisations humanitaires ont exprimé leurs vives inquiétudes quant au sort des civils à Hodeida qui comptait en temps normal quelque 600.000 habitants, mais dont une partie a fui ces derniers mois.
- © 2018 AFP
