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Poulidor, 80 ans et une "Poupoularité" toujours intacte

  • PubliĂ© le 15 avril 2016 Ă  13:19
L'ancien coureur, idole des années 1960-1970, Raymond Poulidor suit la derniÚr étape de La Méditerranéenne, le 14 février 2016 à Bordighera en Italie

Sa popularité n'a pas pris une ride: l'ancien coureur Raymond Poulidor, idole des années 1960-1970 mais jamais vainqueur du Tour de France, conserve à l'aube de ses 80 ans (vendredi) une aura hors du commun.


"Quoi tu ne connais pas Poulidor ?!" Une adolescente, incrédule, apostrophe son camarade venu l'accompagner à une séance de dédicaces avec "l'éternel second" sur le village-départ de Paris-Roubaix, samedi dernier à CompiÚgne.
Sur le stand de la banque dont "Poupou" est l'ambassadeur depuis plusieurs annĂ©es, la foule se presse tout l'aprĂšs-midi pour une photo ou un autographe, alors qu'au mĂȘme moment les stars de la "reine des classiques" Peter Sagan, Fabian Cancellara et Tom Boonen sont prĂ©sentĂ©s au public.
"C'est inexplicable, cela fait 50 ans que j'ai arrĂȘtĂ© le vĂ©lo !, confie Poulidor Ă  l'AFP. Ce qui est extraordinaire, c'est que pour les gens qui m'abordent, je ne dois pas vieillir. Ils me voient encore en coureur, comme sur la photo oĂč j'avais 24 ans avec le maillot Mercier que je signe."
"Je ne l'ai jamais vu courir", avoue Laurent, 40 ans, venu rencontrer en famille "Poupou". "Mais mon pÚre m'en avait beaucoup parlé et maintenant j'essaye de transmettre le +virus+ à mon fils de 10 ans."
Plus connu pour n'avoir jamais réussi à porter le maillot jaune sur le Tour en 14 participations, que pour son record de présence (18) à Paris-Roubaix, Poulidor a su conquérir les coeurs des Français, à travers les ùges, davantage "par sa gentillesse et sa disponibilité" que par son palmarÚs (Tour d'Espagne 1964, Milan-Sanremo, FlÚche Wallonne, Paris-Nice...).
MĂȘme un groupe de rock amiĂ©nois créé en 2009, les "Poulidoors", a choisi de porter son nom en guise d'hommage.
"Cette popularitĂ©, c'est magique!", explique Ă  l'AFP Sophie MoressĂ©e-Pichot, responsable sponsoring chez LCL. C'est un vrai succĂšs populaire, il touche les parents, les grands-parents et mĂȘme les arriĂšre grands-parents. On voit vraiment que ce sont des instants de bonheur pour les gens."
-'J'ai eu beaucoup de chance'-
Au-delĂ  de la "vox populidor" selon l'expression de l'Ă©crivain-chroniqueur Antoine Blondin, le Limousin a marquĂ© l'histoire du sport français. Avec une image forte: son duel lĂ©gendaire avec Jacques Anquetil lors du Tour 1964 oĂč il laisse Ă©chapper le gain du maillot jaune aprĂšs de nombreux Ă©pisodes malchanceux.
"Ce qui m'est arrivĂ© au Tour 1964, c'est invraisemblable, rĂ©pĂšte-il avec regret. On dit que j'ai perdu le Tour dans le Puy-de-DĂŽme (Poulidor avait enfin rĂ©ussi Ă  distancer Anquetil, mais pas assez pour prendre la tĂȘte du classement gĂ©nĂ©ral, ndlr). Ce n'est pas vrai je l'ai perdu tous les jours."
Le pire souvenir de sa carriĂšre ? Pas du tout. "Sans hĂ©sitation le Tour 1968", oĂč il fut renversĂ© par un motard alors que la victoire lui semblait promise.
"L'autre jour on a Ă©voquĂ© l'accident du coureur belge dĂ©cĂ©dĂ© (Antoine DemoitiĂ©, ndlr) mais on a oubliĂ© de me citer", fait-il remarquer. "On a dit Ă  l'Ă©poque: +Bon c'est la malchance, c'est la malchance+. Je dis non. C'est le contraire j'ai eu beaucoup de chance. J'aurais pu ĂȘtre comme le Belge et rester sur la route".
Car finalement, ne jamais avoir porté le maillot jaune ne constitue pas un crÚve-coeur. Au contraire. "Cela a fait ma gloire. J'aurais gagné deux ou trois Tour de France, je ne serais pas là aujourd'hui. On ne parlerait pas de moi", s'amuse-t-il.
Avant de replonger dans le jeu des selfies avec ses fans, "Poupou" s'enthousiasme devant le renouveau du cyclisme tricolore. "Jamais nous n'avons eu une nouvelle génération de jeunes coureurs avec autant de valeur", lùche-t-il, citant Nacer Bouhanni, Arnaud Démare, ou Thibaut Pinot.
Son chouchou ? "J'aime bien Romain Bardet, je ne sais pas pourquoi. Peut-ĂȘtre parce ma femme (GisĂšle) est aussi une Bardet", glisse-t-il amusĂ© avant de citer Peter Sagan car "tout le monde est content quand il gagne" et "il fait l'unanimitĂ©" auprĂšs des passionnĂ©s. Mais le champion du monde est encore loin de la "PoupoularitĂ©".

Par Kyoko HASEGAWA - © 2016 AFP
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