Yémen

Premiers combats de rue dans un quartier résidentiel de Hodeida

  • PubliĂ© le 11 novembre 2018 Ă  14:37
  • ActualisĂ© le 11 novembre 2018 Ă  14:45
Des forces progouvernementales yéménites circulant le 10 novembre 2018 à la lisiÚre Est de la ville de Hodeida dans le cadre d'une offensive qui s'intensifie pour reprendre cette ville portuaire aux rebelles Houthis

Des premiers combats de rue ont Ă©clatĂ© dimanche dans un quartier rĂ©sidentiel de l'est de la ville portuaire de Hodeida, au YĂ©men, oĂč des forces progouvernementales tentent de briser la rĂ©sistance des rebelles Houthis, ont indiquĂ© Ă  l'AFP des sources militaires.

Un responsable militaire progouvernemental a affirmé que l'objectif était de "purger" ces rues de toute présence rebelle.

Hodeida, ville de l'ouest du YĂ©men sur la mer Rouge, revĂȘt une importance stratĂ©gique car c'est le point d'entrĂ©e des trois-quarts des importations et de l'aide humanitaire internationale au YĂ©men.
Des forces progouvernementales ont pénétré dimanche matin dans un quartier situé entre le sud de l'hÎpital du 22-Mai --le plus grand de la ville-- et la grande avenue appelée Sanaa, ont indiqué des sources militaires, ajoutant que loyalistes et rebelles se sont affrontés autour d'un complexe touristique appelé Al-Waha (Oasis).
Des habitants d'un secteur situé plus au sud disent avoir entendu tirs et bombardements toute la nuit et de maniÚre sporadique dimanche matin.
"Trois personnes de notre quartier ont été blessées par des éclats d'obus et hospitalisées ce weekend", a dit Marwa, s'exprimant sous un pseudonyme. "Nous sommes vraiment fatigués. On n'est pas en sécurité. Nous n'avons pas d'argent. Cette fois-ci personne ne peut partir. Nous n'en avons pas les moyens et c'est dangereux".
Vendredi, les troupes loyalistes, soutenues militairement par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, avaient repris aux Houthis l'hĂŽpital du 22-Mai.

Avant les affrontements dimanche, des sources militaires et hospitaliÚres avaient indiqué qu'au moins 61 combattants --43 rebelles et 18 loyalistes-- avaient été tués au cours des derniÚres 24 heures.
Un médecin à Hodeida avait précisé que des dizaines de Houthis blessés avaient aussi été transportés vers la capitale Sanaa, à l'est, et la province d'Ibb, au sud.
L'offensive sur Hodeida a été lancée en juin, mais elle s'est nettement intensifiée depuis le 1er novembre avec un bilan d'au moins 443 combattants tués jusqu'ici dans les deux camps. Les Houthis, qui contrÎlent également la capitale Sanaa, sont appuyés par l'Iran.
Le Yémen est le théùtre de la pire crise humanitaire au monde, rappelle réguliÚrement l'ONU qui précise que 14 millions de civils sont en situation de pré-famine.
De nombreuses organisations humanitaires se sont inquiétées ces derniers jours de l'impact des combats sur des dizaines de milliers de civils piégés dans la ville, ainsi que sur la distribution de l'aide humanitaire à partir du port.

"Le port est ouvert"

Yahya Sharafeddine, directeur adjoint du port de Hodeida situé au nord de la ville, a déclaré dimanche à l'AFP que "jusqu'à présent, le port est ouvert, tout le monde est là et nous travaillons normalement".
Cependant, a-t-il ajouté, "nous ne pouvons prédire ce qui se produira à l'avenir".
Selon des habitants, la coalition antirebelles sous commandement saoudien a recours à des avions de combat et à des hélicoptÚres d'attaque Apache pour pilonner les positions des Houthis qui ont pour leur part posé de nombreuses mines pour freiner l'avancée de leurs adversaires.

Les rebelles ont enregistrĂ© au moins une dĂ©fection, celle de leur "ministre de l'Information" Abdel Salam Jaber, qui est apparu dimanche, lors d'une confĂ©rence de presse Ă  Ryad, oĂč il a Ă©voquĂ© "le dernier souffle" des Houthis.
"Ce qui s'est produit au Yémen est plus dangereux qu'un coup d'Etat", a-t-il clamé en appelant la coalition antirebelles à achever rapidement l'objectif de "libérer" le Yémen de l'emprise des Houthis qui, outre Hodeida, contrÎlent la capitale Sanaa et de vastes pans de l'ouest et du nord du pays.
Dimanche soir, le roi Salmane d'Arabie saoudite a reçu à Ryad le prince héritier d'Abou Dhabi, cheikh Mohammed ben Zayed Al-Nahyane, sans que l'agence officielle saoudienne ne précise les sujets discutés, à part "les relations fraternelles" entre les deux pays.

La diplomatie saoudienne a été considérablement affaiblie par l'affaire Jamal Khashoggi, du nom de ce journaliste saoudien tué dans le consulat saoudien à Istanbul le 2 octobre. Ryad avait déjà une mauvaise image en raison du grand nombre de civils tués depuis 2015 dans des frappes aériennes au Yémen.

L'administration amĂ©ricaine de Donald Trump, visiblement sous la pression du CongrĂšs, a confirmĂ© l'annonce samedi par Ryad que la coalition sous commandement saoudien au YĂ©men allait dĂ©sormais effectuer elle-mĂȘme le ravitaillement en vol de ses avions, assurĂ© jusqu'ici par les Etats-Unis.

Depuis 2015, les combats au Yémen ont fait quelque 10.000 morts, majoritairement des civils, et plus de 56.000 blessés, selon l'Organisation mondiale de la santé. Mais des responsables humanitaires estiment que le bilan réel des victimes est bien plus élevé.

AFP

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