Le scrutin est marqué par un suspense inédit

Présidentielle - Une campagne aux multiples rebondissements

  • PubliĂ© le 23 avril 2017 Ă  10:32
Les onze candidats à la présidentielle française

Des tĂȘtes d'affiche Ă©liminĂ©es, l'extrĂȘme droite en force, le renouveau du centre, la percĂ©e de la gauche radicale, le candidat conservateur plombĂ© par les affaires: jamais une campagne prĂ©sidentielle française n'a Ă©tĂ© aussi riche en rebondissements, jusqu'au sprint final marquĂ© par un suspense inĂ©dit.

- Un président impopulaire qui renonce -

Le 1er dĂ©cembre 2016, François Hollande renonce Ă  briguer un second mandat. TrĂšs impopulaire, le chef d'Etat explique vouloir Ă©viter une dĂ©route de la gauche face Ă  la droite et l'extrĂȘme droite. C'est la premiĂšre fois depuis 1958 que le prĂ©sident sortant ne brigue pas un second mandat.


- Les favoris éliminés des primaires à droite et à gauche -
Le 27 novembre 2016, l'ancien Premier ministre François Fillon remporte contre toute attente la primaire à droite avec un programme d'austérité économique et de restriction de l'immigration. Un autre ex-Premier ministre, Alain Juppé, favori des sondages depuis des mois, rate son pari d'ouverture au centre. L'ex-président Nicolas Sarkozy fut éliminé dÚs le premier tour.
Deux mois plus tard, le "frondeur" Benoßt Hamon bat haut la main l'ex-Premier ministre Manuel Valls à la primaire socialiste, avec un discours résolument à gauche. Mais les derniers sondages le relÚguent à moins de 8% des intentions de vote, le pire niveau pour un candidat socialiste depuis un demi-siÚcle.


- Le conservateur Fillon déstabilisé par les affaires -
Le 24 janvier 2017, l'hebdomadaire Le Canard enchaßné révÚle que l'épouse de François Fillon, Penelope, a été rémunérée pendant plusieurs années comme attachée parlementaire auprÚs de son mari ou de son suppléant, alors que cette mÚre au foyer a toujours dit ne jouer aucun rÎle politique auprÚs de lui. Les soupçons d'emplois fictifs détrÎnent le candidat de sa position de favori.

François Fillon prĂ©sente ses "excuses" aux Français, mais affirme que "tous les faits Ă©voquĂ©s" Ă©taient lĂ©gaux. L'enquĂȘte s'Ă©largit Ă  des soupçons d'emplois fictifs au profit de ses enfants, puis Ă  des costumes de luxe offerts par un avocat Ă  la rĂ©putation sulfureuse. ContestĂ© au sein de son propre camp mais confortĂ© par un immense rassemblement de ses partisans Ă  Paris, il poursuit sa campagne en dĂ©nonçant un complot. Il a Ă©tĂ© inculpĂ© le 14 mars, notamment pour dĂ©tournement de fonds publics, une premiĂšre pour un candidat majeur Ă  la prĂ©sidentielle.


- Une étoile montante au centre -
Ancien ministre de l'Economie de François Hollande pendant deux ans, repositionnĂ© au centre, l'ancien gĂ©rant de portefeuilles de la banque d'affaires Rothschild Emmanuel Macron a surgi dans la campagne sans expĂ©rience et sans parti. D'abord accueilli avec une certaine condescendance par des professionnels de la politique, raillĂ© pour le flou de son projet, le benjamin des candidats, 39 ans, a progressivement grimpĂ© dans les sondages, contredisant ceux qui le dĂ©crivaient comme une "bulle" mĂ©diatique. Jusqu'Ă  se hisser en tĂȘte des sondages avec la candidate d'extrĂȘme droite Marine Le Pen.

Celui qui n'a jamais eu aucun mandat électif a reçu le ralliement de personnalités clés, tel le centriste historique François Bayrou ou le ministre socialiste de la Défense Jean-Yves Le Drian.


- L'extrĂȘme droite conquĂ©rante -
Au plus haut des sondages depuis des mois, la fille du sulfureux fondateur du parti d'extrĂȘme droite Front national, Jean-Marie Le Pen, est donnĂ©e largement qualifiĂ©e au premier tour le 23 avril, mais battue au second tour le 7 mai du fait d'un report prĂ©sumĂ© insuffisant des voix.
Capitalisant sur le ras-le-bol exprimé par nombre de Français sur les "élites", le chÎmage ou l'immigration, Marine Le Pen, qui s'est efforcée d'adoucir l'image du Front National, espÚre tirer profit de la vague nationaliste, eurosceptique et anti-mondialisation en Europe et aux Etats-Unis.


- La percée de Jean-Luc Mélenchon -
Parti en campagne Ă  l'Ă©tĂ© 2016 avec son programme radical -rupture avec les traitĂ©s europĂ©ens de l'Europe "libĂ©rale", sortie de l'Otan, fin de la "monarchie prĂ©sidentielle française"- le tribun de la gauche radicale a rĂ©ussi Ă  se hisser au coude Ă  coude avec le candidat de la droite François Fillon, derriĂšre le duo de tĂȘte constituĂ© par Marine Le Pen et Emmanuel Macron.
Fort du succÚs populaire de ses meetings -avec ou sans son désormais célÚbre hologramme -, trÚs actif sur les réseaux sociaux, le chef de la "France insoumise" a décollé dans les sondages depuis le premier grand débat télévisé du 20 mars.


- Menace jihadiste et attentats -
"Jamais le risque terroriste n'a été aussi haut", selon le ministre français de l'Intérieur. Trois jours avant le premier tour du scrutin, une attaque revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a coûté la vie à un policier, sur la prestigieuse avenue des Champs-Elysées à Paris.
Cet attentat, survenu aprÚs plusieurs tentatives déjouées, a durci la campagne et replacé les débats sur la lutte antiterroriste au coeur de l'élection, alors que la France a subi en 2015 et 2016 une vague sans précédent d'attentats meurtriers qui ont fait 239 morts.

AFP

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1 Commentaires
CHABAN
CHABAN
9 ans

C'est clair! Inédit et pathétique à cause de qui vous savez!
La mafia sera-t-elle candidate la prochaine fois?