"Parfois, seuls les coups de poing dans le nez arrĂȘtent les petites brutes": le gouverneur du territoire amĂ©ricain de Guam est montĂ© au crĂ©neau lundi pour dĂ©fendre la rhĂ©torique incendiaire du prĂ©sident Donald Trump face Ă la CorĂ©e du Nord.
Ceux qui critiquent le président américain l'accusent d'envenimer la crise avec Pyongyang mais Eddie Calvo est reconnaissant au chef de la Maison Blanche d'avoir adopté une position de fermeté face à la Corée du Nord, qui menace de tirer des missiles prÚs de cette ßle du Pacifique-ouest.
"Tous ceux qui ont grandi dans une cour d'école primaire comprennent ce que c'est qu'une petite brute", a déclaré le gouverneur à l'AFP.
Le dirigeant nord-coréen "Kim Jong-Un est une petite brute qui possÚde des armes trÚs fortes (...), une petite brute qu'on doit confronter avec beaucoup de fermeté".
Eddie Calvo, un républicain comme Donald Trump, juge que les critiques faites au président sur sa gestion de la crise sont injustes alors que Pyongyang a rendu public un programme détaillé pour tirer des missiles vers Guam en guise "d'avertissement crucial".
Le Nord a menacé Guam, avant-poste stratégique de l'armée américaine sur la route de l'Asie, au moins trois fois depuis 2013, dit-il. Guam compte deux imposantes bases militaires et plus de 6.000 soldats américains y sont déployés.
Donald Trump a menacĂ© Pyongyang du "feu et de la colĂšre", ajoutant que les "solutions militaires" Ă©taient "complĂštement en place" et "prĂȘtes Ă l'emploi".
"Le président Trump n'est pas un élu conventionnel, ce qu'il dit diffÚre beaucoup de ce que disaient d'autres présidents", dit le gouverneur.
Cependant, il fait remarquer que d'autres chefs de l'Etat ont parfois usé du registre martial face à Pyongyang, déclarant que Barack Obama avait dit l'année derniÚre: "nous pourrions, de toute évidence, détruire la Corée du Nord avec nos arsenaux".
- Un endroit 'sûr' -
"Un prĂ©sident (Obama) l'a dit d'une certaine façon, de maniĂšre cool, calme, avec un point. (...) L'autre a parlĂ© du feu et de la colĂšre avec un point d'exclamation mais c'est toujours le mĂȘme message", estime-t-il.
Le gouverneur rejette l'idée qu'entre les dirigeants nord-coréen et américain, il n'y en aurait pas un pour racheter l'autre quand il s'agit de propos belliqueux.
"Il n'y en a qu'un qui a vaporisé son oncle transformé en nuage rouge, ou un général qui s'était endormi lors d'une réunion au canon anti-aérien, et celui là c'est Kim Jong-Un".
"Il n'y en a qu'un qui a tué son frÚre à l'aide de l'un des agents les plus neurotoxiques jamais créés, et celui là c'est Kim Jong-Un".
Des acteurs régionaux comme la Chine ont appelé M. Trump à adoucir le ton mais le gouverneur de Guam leur a demandé d'en faire plus pour refréner les ardeurs militaires de Pyongyang. "Personne ne veut voir une guerre".
"Ce n'est pas seulement dans l'intĂ©rĂȘt de l'AmĂ©rique et de ses alliĂ©s, mais aussi de la Chine et de la Russie de voir que ce type ne poursuit pas dans la voie de la nuclĂ©arisation et du dĂ©veloppement de missiles Ă longue portĂ©e", a-t-il poursuivi.
M. Calvo a également balayé les craintes sur le bouclier antimissiles Thaad, déployé dans le territoire de 162.000 habitants et qui est destiné à détruire les engins à portée intermédiaire dans leur phase finale de vol.
"Ce n'est pas fait pour tirer sur les gens, c'est fait pour tirer sur des missiles qui tuent les gens".
Guam est prisé des touristes, qui lui fournissent un tiers de ses emplois. Ses plages paradisiaques, complexes hÎteliers et magasins hors taxe ont attiré plus de 1,5 million de visiteurs en 2016, la plupart japonais ou coréens.
M. Calvo ne pense pas que la crise actuelle aura un impact majeur sur cet état de fait. "Guam est un endroit sûr. J'invite tous les habitants de la planÚte à visiter Guam, c'est un endroit magnifique".
Par Robin GREMMEL - © 2017 AFP
