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Quel pilote dans l'avion Fifa, en plein trou d'air judiciaire ?

  • PubliĂ© le 26 septembre 2015 Ă  14:50
Michel Platini (à droite) avec  le président de la Fifa Joseph Blatter lors du 64e congrÚs de la Fifa le 11 juin 2014 à Sao Paulo

Victime d'un nouveau trou d'air avec la mise en examen de son prĂ©sident Joseph Blatter par la justice suisse, l'avion Fifa risque de perdre son pilote et mĂȘme Platini, grand favori Ă  la succession du Suisse Ă  la tĂȘte du football mondial, est pris dans les turbulences.

DĂ©missionnaire depuis le 2 juin, quatre jours aprĂšs sa réélection Ă  un cinquiĂšme mandat Ă  la tĂȘte de la Fifa, le Valaisan de 79 ans pensait pouvoir gĂ©rer les affaires courantes jusqu'en fĂ©vrier et ce CongrĂšs Ă©lectif qui dĂ©cidera de son hĂ©ritier. Mais l'intervention des enquĂȘteurs suisses vendredi pourrait rebattre les cartes.
Poursuivi pour soupçon de "gestion déloyale" et "abus de confiance", Blatter peut-il rester à son poste ? Pourquoi pas. Mais ce serait un traitement de faveur, alors que tous les hauts dirigeants de la Fifa interpellés avec fracas le 27 mai à Zurich à la demande de la justice américaine, sur fond de soupçons de corruption, ont été eux suspendus dans les 24 heures par lafa.
"Dans cette situation de chaos, c'est impossible que le président tienne jusqu'à l'élection du 26 février", veut croire le quotidien espagnol Sport. Et le quotidien suisse Le Matin d'appeler "à la démission (de Blatter), une vraie cette fois, pas un de ces faux départs permettant de continuer à tirer les ficelles".
"Cette fois, Sepp Blatter risque la prison", jusqu'à dix ans, assure le quotidien suisse Le Temps samedi, soulignant cependant que si "le vieux lion est blessé, (...) il n'est pas encore mort".

- 'Une chance sur deux' pour Blatter -

Selon le journal, "son sort dĂ©pend du comitĂ© exĂ©cutif de la Fifa, et si celui-ci dit (Ă  la justice suisse) qu'il n'a pas vraiment Ă©tĂ© lĂ©sĂ© dans l'affaire, ce dernier ne pourra pas faire grand-chose. En dĂ©finitive, si le systĂšme juge qu'il est prĂ©fĂ©rable de sauver Blatter, il peut encore s'en sortir. Peut-ĂȘtre une chance sur deux".
Si elle se retrouvait privée de son commandant de bord attitré depuis 17 ans, alors qu'elle est déjà sans copilote depuis le 17 septembre, avec le limogeage de son secrétaire général, le Français JérÎme Valcke, quelques heures à peine là aussi aprÚs avoir été accusé d'avoir trempé dans une affaire de revente sur le marché noir de billets du Mondial 2014, la Fifa devrait alors se trouver un nouveau patron.
En tant que vice-prĂ©sident senior, ce serait au Camerounais Issa Hayatou, patron du football africain depuis 1998, de prendre les rĂȘnes. Mais l'ancien coureur de demi-fond de 69 ans n'est pas non plus exempt de reproche. En dĂ©cembre 2011, le ComitĂ© international olympique lui avait infligĂ© un "blĂąme" ayant valeur de "sanction" pour avoir perçu 100.000 francs en liquide de la part d'ISL, un partenaire commercial de la Fifa, en 1995. Un conflit d'intĂ©rĂȘt avait jugĂ© la commission d'Ă©thique du CIO.
Encore grandissime favori vendredi matin pour le poste de meneur de jeu du football mondial, Ă  l'issue de l'Ă©lection du 26 fĂ©vrier, Michel Platini est dĂ©sormais menacĂ© de ne pas monter Ă  bord depuis les rĂ©vĂ©lations des enquĂȘteurs suisses. Et notamment ce versement de 2 millions de francs suisses (1,8 M EUR) reçu de Blatter en 2011, "prĂ©tendument pour des travaux effectuĂ©s entre janvier 1999 et juin 2002".
Face à cette accusation d'emploi fictif, le patron de l'UEFA s'est défendu dÚs vendredi soir en parlant d'un versement effectué pour "un travail accompli de maniÚre contractuelle pour la Fifa". Mais l'explication n'avait pas convaincu tout le monde samedi.

- 'DerniĂšre partie du roi Michel' -

Ces "deux millions au noir" stigmatisĂ©s par Il Messaggero en Italie -le seul Ă  utiliser cet adjectif- pourraient entraver les ambitions de l'ancien meneur de jeu de la Juventus d'aprĂšs de nombreux Ă©ditorialistes europĂ©ens. "Le FIFAgate touche Platini", souligne ainsi Sport en Espagne, pour qui "la Fifa est un bunker de corruption prĂȘt Ă  exploser".
C'est "la derniĂšre partie du +Roi Michel+ (en français), et il risque de tout perdre", craint mĂȘme la Repubblica en Italie. Car le doute est lĂ .
"Pourquoi payer en 2011 un travail fait pour la Fifa 10 ans plus tÎt", s'interroge la Gazzetta dello Sport. "C'est un peu gros", accuse le quotidien bruxellois La DerniÚre Heure, selon qui il devient "difficile pour Platini de rester un candidat crédible à la succession de Blatter".
A la différence de la presse anglaise, qui se focalise surtout sur Blatter, l'éditorialiste du Bild en Allemagne appelle lui à un grand nettoyage: "Blatter, Platini, tous dehors", demande-t-il, en prenant l'exemple de Martin Winterkorn, "qui a endossé le scandale VW et a démissionné".
Du cÎté de la presse française, l'heure est encore à la défense de "l'icÎne" du foot tricolore, pour reprendre le terme du Parisien/Aujourd'hui en France. "Lorsqu'il s'est lancé, il se doutait bien que les cinq mois de campagne seraient trÚs longs et parsemés de chausse-trapes. Il y est", commente de son cÎté le quotidien sportif L'Equipe.

AFP

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