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Réforme de la lutte andidopage: le sport entre interrogations et scepticisme

  • PubliĂ© le 15 novembre 2016 Ă  16:52
Le siÚge de l'AMA à Montréal, le 20 septembre 2016

A l'approche d'une importante réunion de l'Agence mondiale antidopage (AMA) samedi et dimanche à Glasgow, la réforme de la lutte antidopage inscrite au programme suscite des interrogations voire du scepticisme chez les acteurs du sport, en particulier concernant son financement.


La mesure phare souhaitée par le CIO - rendre les contrÎles antidopage plus indépendants en les retirant aux fédérations sportives pour les confier à une structure indépendante créée par l'Agence mondiale antidopage - est actuellement à l'étude par l'AMA. Le groupe de travail dédié fera un point à ce sujet lors du Conseil de fondation de l'Agence.
Mais pour beaucoup, au-delà de la mise en oeuvre des réformes qui prévoient aussi que les premiÚres sanctions en matiÚre de dopage soient prononcées non plus par les fédérations mais par le Tribunal arbitral du sport (TAS), le problÚme numéro un reste financier.
- Des fédérations partagées
"Nous respectons les propositions de l'AMA et du CIO mais elles concernent plus les petites fĂ©dĂ©rations", continue d'affirmer Michel D'Hooghe, prĂ©sident de la Commission mĂ©dicale de la Fifa, ajoutant que son instance n'est pas prĂȘte Ă  dĂ©lĂ©guer ses contrĂŽles. MĂȘme son de cloche pour le responsable d'une autre fĂ©dĂ©ration olympique, qui sous couvert d'anonymat, estime cette proposition "plus politique que pratique".
En revanche, pour le secrétaire général de la Fédération de tir à l'arc, Tom Dielen, "cela ne changera pas grand chose pour nous car nous externalisons déjà nos contrÎles". Pour le responsable de la lutte antidopage d'une "petite" fédération olympique, "tout ce qui va dans le sens de plus d'indépendance dans les contrÎles est bienvenu, car dans le systÚme actuel, c'est un peu le renard qui garde le poulailler". Mais "il y a encore trop de flou. Dans cette nouvelle entité indépendante, les gens n'auront pas notre connaissance, élément décisif notamment pour les contrÎles ciblés".
- Le précédent de l'UCI
"La bonne connaissance du sport reste fondamentale dans la lutte", confirme Christophe Misteli, secrétaire général de la Fondation antidopage du cyclisme (CADF), "structure indépendante" ayant le statut de fondation qui gÚre, depuis l'affaire Armstrong, le programme antidopage de l'Union cycliste internationale. "La CADF propose un modÚle qui offre des garanties d'indépendance. Ce modÚle est exportable vers d'autres fédérations", ajoute M. Misteli.
- Obligatoire ou facultatif ?
"J'ai du mal à imaginer que le transfert des contrÎles antidopage de chaque fédération soit obligatoire", s'interroge ce responsable d'une "petite" fédération. La structure indépendante chargée des contrÎles "est une proposition du CIO", rappelle Olivier Niggli, directeur général de l'AMA. "Il appartiendra au CIO de convaincre les fédérations internationales d'en faire partie, comme il lui appartiendra d'en assurer d'une façon ou d'une autre le financement", ajoute-t-il.
- Comment financer ?
Le CIO qui finance déjà la moitié des 27 M USD de budget de l'AMA, vient de décider de lui attribuer 500.000 dollars supplémentaires sous condition que des réformes soient adoptées et que les gouvernements, qui apportent l'autre moitié, suivent. Une idée est de demander aux fédérations de transférer à l'AMA le budget qu'elles consacrent à l'antidopage.
"Il faut que l'AMA cherche d'autres sources de financement que les gouvernements ou le mouvement sportif", estime le chercheur suisse Jean-Loup Chappelet pour qui ces sources pourraient venir notamment d'une "taxation des bénéficiaires d'un sport propre (diffuseurs, sponsors...) en échange d'un label +sport propre+".
- La verrue russe
Les activités de l'AMA "ne sont pas transparentes, de nombreuses décisions sont prises en coulisses et cela devient un instrument de manipulation, notamment de nature politique", a répété la semaine derniÚre le président du Comité olympique russe Alexandre Joukov, alors que l'AMA, qui avait demandé une exclusion totale de la Russie des Jeux de Rio n'avait pas été suivie par le CIO.
"On parle beaucoup aujourd'hui de réformes du systÚme antidopage et peu de la Russie", répond M. Niggli. "Le principal dossier en cours reste pourtant la question russe et la façon de s'assurer qu'un systÚme crédible soit mis en place dans ce pays", ajoute M. Niggli.
"La crédibilité entiÚre d'un systÚme réformé passe par une réelle indépendance des structures antidopage nationales, dont les laboratoires", confirme un responsable de fédération. Et le rapport McLaren qui a révélé "le dopage d'Etat" en Russie et dont la version finale est attendue début décembre montre qu'il reste du travail à faire.

- © 2016 AFP
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