Macron promet une "transformation profonde"

Réforme du travail - "Jour J" pour les ordonnances

  • PubliĂ© le 31 aoĂ»t 2017 Ă  09:33
Le gouvernement dévoile jeudi 31 août 2017 ses ordonnances réformant le code du travail tandis que les opposants, syndicaux et politiques, promettent déjà une rentrée chaude dans la rue.

C'est un chantier social majeur pour le président Emmanuel Macron qui promet une "transformation profonde": le gouvernement dévoile jeudi ses ordonnances réformant le code du travail tandis que les opposants, syndicaux et politiques, promettent déjà une rentrée chaude dans la rue.


C'est "une rĂ©forme de transformation profonde" qui "doit ĂȘtre assez ambitieuse et efficace pour continuer Ă  faire baisser le chĂŽmage de masse et permettre de ne pas revenir sur ce sujet durant le quinquennat", explique le prĂ©sident Emmanuel Macron dans un entretien fleuve jeudi dans Le Point.
Le Premier ministre, Édouard Philippe, et sa ministre du Travail, Muriel PĂ©nicaud, dĂ©voileront les ordonnances en deux temps : d'abord aux partenaires sociaux, lors d'une multilatĂ©rale prĂ©vue Ă  9H45 Ă  Matignon, puis Ă  la presse lors d'une confĂ©rence de presse programmĂ©e Ă  12H00.
Les grandes lignes de la réforme sont connues.
Elle modifie l'articulation entre les accords de branches et d'entreprises. Les premiÚres conserveront la primauté sur les minima conventionnels, les classifications et l'égalité professionnelle notamment, et se verront confier la régulation des contrats courts (CDI de chantier, CDD). En outre, elles pourront décider de faire primer leur accord dans les domaines du handicap ou de la pénibilité par exemple. Sur les autres sujets de négociation, c'est l'entreprise qui primera.
DeuxiÚme axe de la réforme: le dialogue social dans les entreprises. La fusion de trois des quatre instances représentatives du personnel (délégués du personnel, CE et CHSCT) est déjà actée. Pour les PME dépourvues de délégué syndical, la possibilité de négocier avec un délégué du personnel non mandaté par un syndicat semble actée jusqu'à 50 salariés, mais le gouvernement laisse planer le doute sur le sort réservé aux entreprises de 50 à 300 salariés.
Enfin, troisiĂšme bloc de mesures, celles censĂ©es "sĂ©curiser les relations de travail". Il s'agit, pour l'essentiel, de mesures relatives au licenciement : plafonnement des dommages et intĂ©rĂȘts prud'homaux, harmonisation et rĂ©duction des dĂ©lais de recours, passage Ă  un pĂ©rimĂštre national pour apprĂ©cier les difficultĂ©s Ă©conomiques des multinationales qui licencient en France...
"Les indemnitĂ©s lĂ©gales en France sont infĂ©rieures Ă  ce qui se fait ailleurs en Europe, nous les augmenterons. En revanche, les dommages et intĂ©rĂȘts, eux, vont du simple au quintuple pour la mĂȘme situation", a observĂ© le chef de l'État jugent cela "absurde et injuste".
Plusieurs questions restent en suspens : quels seront le plancher et le plafond des indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif ? Quels seront les nouveaux délais pour saisir les prud'hommes ? Jusqu'à quel seuil d'effectifs les entreprises pourront-elles négocier avec des élus non mandatés ? Les employeurs pourront-ils faire valider un accord minoritaire par référendum ?


- "Déferler" sur Paris -


Les ordonnances sur le code du travail sont présentées par le gouvernement comme la premiÚre étape d'une "rénovation du modÚle social" français. Suivront la réforme de l'assurance chÎmage, de la formation professionnelle et de l'apprentissage à partir de septembre, puis celle des retraites en 2018.
Pour les opposants à la réforme, il s'agit surtout d'une "loi travail XXL", dans la droite ligne de la loi El Khomri, qui avait provoqué en 2016 un conflit social inédit sous un gouvernement de gauche.
Mais contrairement Ă  2016, oĂč la CGT et FO manifestaient main dans la main, cette annĂ©e, la CGT est, pour l'heure, la seul grande organisation syndicale Ă  appeler Ă  manifester le 12 septembre. Le numĂ©ro un de FO, Jean-Claude Mailly, a annoncĂ© mercredi que son syndicat ne se joindrait pas Ă  cette journĂ©e d'actions, se satisfaisant qu'il y ait eu une "vraie concertation" et que le gouvernement ait "fini par bouger" sur plusieurs points, notamment sur le rĂŽle de la branche.
Pourtant, selon Philippe Martinez (CGT), "tous les ingrédients sont là pour qu'il y ait une bonne mobilisation" et son syndicat "réfléchit déjà à une initiative trÚs rapprochée du 12 pour continuer" la mobilisation. La centrale promet, si nécessaire, une mobilisation longue. "Les ordonnances, ce n'est pas la loi, elles ne rentrent dans la loi que trois ou quatre mois aprÚs. On a vu, en d'autres occasions, des ordonnances qui ne sont jamais devenues la loi, donc on a du temps", a prévenu M. Martinez mardi.
La CFE-CGC, également vent debout contre la réforme, a elle lancé une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux. Son président François Hommeril appelle à construire un "mouvement unitaire" contre une réforme qui n'apportera que "précarité" et "dumping social".
L'opposition est aussi politique. La France insoumise compte "dĂ©ferler" sur Paris le 23 septembre contre ce qu'elle considĂšre comme un "coup d'État social".

- © 2017 AFP

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