Education nationale

Rentrée scolaire: Blanquer joue la carte de l'apaisement

  • PubliĂ© le 27 aoĂ»t 2019 Ă  14:25
  • ActualisĂ© le 27 aoĂ»t 2019 Ă  14:32
Le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer lors d'une conférence de presse sur la rentrée scolaire, le 27 août 2019 à Paris

Le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, a réaffirmé mardi la priorité donnée à l'école primaire et joué la carte de l'apaisement aprÚs une fin d'année tendue, en ouvrant par exemple la porte à des aménagements de la réforme du lycée.

A quelques jours de la rentrée, le 2 septembre, il a placé l'année 2019-2020 "sous le signe de la maturité et de la réussite", lors de sa conférence de presse rituelle, organisée dans le jardin du ministÚre pour illustrer une volonté d'agir en faveur du développement durable.

L'école primaire reste la "priorité" du gouvernement, a souligné M. Blanquer, comme l'illustre la mesure-phare de sa loi "pour une école de la confiance" votée cet été: l'abaissement à trois ans de l'ùge de l'instruction obligatoire, contre six aujourd'hui. La mesure ne concernera que 2,5% d'enfants mais c'est un enjeu important pour des territoires comme Mayotte ou la Guyane.

Par ailleurs, la rĂ©duction des effectifs dans les classes de CP et CE1 des quartiers dĂ©favorisĂ©s s'achĂšve. Quelque 300.000 Ă©lĂšves sont concernĂ©s et ils devraient ĂȘtre 450.000 d'ici la fin du quinquennat, le prĂ©sident Emmanuel Macron ayant annoncĂ© au printemps qu'elle serait Ă©tendue progressivement aux classes de grande section en Ă©ducation prioritaire.

"C'est une bonne nouvelle mais on va demander au ministre comment il compte faire, car il ne va pas falloir gonfler les effectifs des autres classes", a prévenu lundi Francette Popineau, secrétaire générale du Snuipp-FSU, le premier syndicat des enseignants du primaire.
"L'égalité des chances passe aussi par la scolarisation des enfants en situation de handicap", a souligné le ministre, rappelant que 4.500 accompagnants d'élÚves en situation de handicap (AESH) supplémentaires ont été recrutés.

Mises en place l'an dernier en CP, CE1 et 6Úme, les évaluations des élÚves, trÚs décriées par une partie des professeurs, sont maintenues mais revues pour tenir compte des critiques.
Jugeant "essentielle" la question de l'environnement, M. Blanquer a aussi annoncé que 250.000 "éco délégués" seraient nommés (un par classe au collÚge et au lycée) pour favoriser la mise en ?uvre d'actions concrÚtes.

- "Tourner la page"-

Autre chantier du gouvernement: la dĂ©licate rĂ©forme du bac, qui doit ĂȘtre effective en 2021. Cette rĂ©forme, qui rĂ©duira le nombre d'Ă©preuves finales au profit du contrĂŽle continu, s'accompagne d'une refonte de l'enseignement au lycĂ©e.
Cette année, les séries (L, ES et S) sont supprimées en classe de PremiÚre et remplacées par des enseignements de spécialité. La réforme a cristallisé les oppositions de ceux qui craignent l'instauration d'un examen "local" et non plus national, jusqu'à rejaillir fin juin sur le bac, entaché par une grÚve des correcteurs.

"Les raisons de la colĂšre sont lĂ , cette rentrĂ©e va ĂȘtre compliquĂ©e car elle est pleine d'incertitudes", affirme Claire GuĂ©ville, secrĂ©taire nationale du Snes-FSU, premier syndicat dans le secondaire, opposĂ© Ă  la rĂ©forme.
En recevant les syndicats au cours des derniers jours, le ministre a voulu déminer le terrain et a annoncé que des "comités de suivi" seraient mis en place pour tenir compte des difficultés éventuelles et décider d'aménagements.

En cette rentrĂ©e, le ministre semble en effet jouer la carte de l'apaisement. "Il est temps de tourner la page de la crise du bac, de passer Ă  autre chose", a-t-il ainsi affirmĂ©, avec un changement de ton Ă©vident par rapport au mois de juillet. Il a aussi insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© de renforcer le bien-ĂȘtre des professeurs.

Il a notamment dĂ©taillĂ© les mesures du plan sur les violences Ă  l'Ă©cole, repoussĂ© Ă  maintes reprises: Ă  la rentrĂ©e un accompagnement personnalisĂ© des profs victimes de violences est mis en place. Les Ă©lĂšves hautement perturbateurs et "poly-exclus" de diffĂ©rents Ă©tablissements pourront ĂȘtre affectĂ©s en classes relais, sans avoir besoin de l'accord de la famille.

Accusé à maintes reprises par les syndicats de rester sourd à leurs revendications, le ministre a insisté sur "la nécessité de travailler en profondeur avec les partenaires sociaux". En vue de la réforme des retraites qui pourrait notamment pénaliser les enseignants, il faudra "revaloriser cette profession", a-t-il assuré. "Nous avons une opportunité historique de travailler tranquillement" sur cette question. Les professeurs, eux, espÚrent obtenir rapidement des revalorisations salariales.

AFP

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