Recyclage

Retour de la consigne en verre: en Alsace elle n'a jamais disparu

  • PubliĂ© le 3 mai 2025 Ă  02:57
  • ActualisĂ© le 3 mai 2025 Ă  09:06
Un employé de la société YSE livre des bouteilles de boissons en verre et récupÚre celles qui sont vides le 23 avril 2025 à Strasbourg ( AFP / FREDERICK FLORIN )

Vingt centimes par bouteille restituĂ©e, et du plastique Ă©vitĂ©: la consigne en verre, qui va faire son grand retour dans plusieurs rĂ©gions en mai, est dĂ©jĂ  bien rĂ©pandue en Alsace, oĂč les consommateurs plĂ©biscitent cette solution Ă©cologique.

Dans un immeuble du centre de Strasbourg, Antonin gravit les Ă©tages une caisse dans chaque main. Il vient livrer 23 bouteilles d'eau en verre Ă  Christine Pfeiffer et Jean-Marc Faudi, 66 ans. En Ă©change il repart avec le mĂȘme nombre de bouteilles vides, qui une fois lavĂ©es, pourront ĂȘtre rĂ©utilisĂ©es.

En Alsace, la consigne n'a jamais disparu et connaĂźt mĂȘme un nouvel engouement avec le dĂ©veloppement de services de livraison Ă  domicile.

"Franchement, on apprécie. Je ne reviendrai pas en arriÚre", témoigne Christine. "TrÚs préoccupée par l'environnement", la sexagénaire explique qu'elle en avait "marre des bouteilles en plastique". "Pour moi, c'est essentiel de passer au verre consigné, puisque c'est lavé, réutilisé. C'est vraiment une solution écologique."

A ses cÎtés, Jean-Marc se souvient qu'enfant, il rapportait les pots de yaourts et bouteilles de lait à l'épicerie. Il se félicite de voir le verre consigné faire son grand retour: "enfin, on retrouve le bon sens de nos grands-parents".

Jus de fruits, biÚres, soupes... En mai, la consigne en verre va faire son retour à grande échelle dans les supermarchés de Bretagne, Pays-de-la-Loire, Normandie et Hauts-de-France - soit 16 millions de consommateurs potentiellement concernés. Une expérimentation préalable à une éventuelle généralisation à toute la France.

L'enjeu, selon l'éco-organisme Citeo, est de rattraper le retard en matiÚre de réemploi des emballages.

- Plus de 20 réutilisations -

Edouard Haag, président de la brasserie Meteor, implantée à Hochfelden, à 30 kilomÚtres au nord-ouest de Strasbourg, est "absolument convaincu que c'est un systÚme qui doit se redéployer au niveau national".

Selon une étude réalisée en 2009, une bouteille en verre réemployée permet d'économiser 79% de CO2 et 75% d'énergie par rapport à une bouteille en verre recyclée.

"Il y a à la fois un enjeu écologique et économique" et "la réglementation va dans ce sens, avec des obligations croissantes", souligne M. Haag, citant la loi Agec sur l'économie circulaire de février 2020 qui vise 10% d'emballages réemployés d'ici à 2027.

A Hochfelden, oĂč l'on brasse de la biĂšre depuis 1640, sept millions de bouteilles en verre consignĂ©es sont produites chaque annĂ©e par Meteor.

Une fois vidĂ©es, elles reviennent Ă  la brasserie, oĂč elles vont connaĂźtre une nouvelle vie. "Elles passent par diffĂ©rents bains dont un avec de la soude pour Ă©liminer les Ă©tiquettes et les impuretĂ©s puis elles sont rincĂ©es", explique Thierry Charpilloz, employĂ© chez Meteor depuis 27 ans.

Redevenues pimpantes, elles sont de nouveau remplies de biĂšre, encapsulĂ©es, Ă©tiquetĂ©es et mises en caisses, prĂȘtes Ă  ĂȘtre livrĂ©es. Chacune peut ainsi ĂȘtre rĂ©employĂ©e plus de 20 fois.

- Changer les mentalités -

Pour chaque bouteille de 75 cl consignée, les particuliers déboursent 20 centimes, somme qui leur est restituée lorsque le contenant est rapporté sur le lieu de vente.

"C'est un geste qu'il va falloir apprendre ou réapprendre. Et ça, nécessairement, ça prend un peu de temps. Mais je suis absolument convaincu que les consommateurs français vont s'y employer assez rapidement", espÚre Edouard Haag.

Pour simplifier cette démarche et éviter aux particuliers de se déplacer, des sociétés de livraison à domicile ont émergé ces derniÚres années.

Selon Erwann Dauges, cofondateur de la société de livraison de boissons consignées YSE, ce systÚme séduit des personnes convaincues par le caractÚre "écologique", mais aussi "pratique" de la démarche, et qui permet de récupérer "environ 95 % des contenants".

Autre intĂ©rĂȘt, la consigne "crĂ©e de l'emploi non dĂ©localisable", souligne M. Dauges, citant les livreurs ou encore les laveurs.

Pour développer ce systÚme, le plus grand défi, "c'est de changer les mentalités", estime l'entrepreneur. Car une fois clients, "trÚs peu de gens reviennent au plastique".

AFP

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1 Commentaires
Pierrot 974
Pierrot 974
1 an

Et à la Réunion, c'est pour le XXIIÚme siÚcle ?