Etats-Unis

Retour des sorties, des donuts: la vaccination des 12-15 ans démarre

  • PubliĂ© le 14 mai 2021 Ă  01:39
  • ActualisĂ© le 14 mai 2021 Ă  04:54
Maelani Ben-Ezra, 12 ans, reçoit une dose du vaccin de Pfizer/BioNTech contre le Covid-19 à Bloomfield Hills dans le Michigan aux Etats-Unis, le 13 mai 2021

Harrison Hunger, 14 ans, vient de se faire vacciner contre le Covid-19 dans le Michigan. Et il a maintenant un programme bien prĂ©cis: "Aller chez Krispy Kreme, parce qu'ils offrent des donuts gratuits" aux gens vaccinĂ©s ! Une promotion devenue une motivation comme une autre aux Etats-Unis, oĂč les adolescents ĂągĂ©s de 12 Ă  15 ans ont pu commencer Ă  se faire vacciner contre le Covid-19 partout dans le pays jeudi, aprĂšs l'extension plus tĂŽt cette semaine de l'autorisation du vaccin de Pfizer/BioNTech pour cette tranche d'Ăąge.

Au total, environ 17 millions de jeunes sont dĂ©sormais Ă©ligibles au vaccin, et 15.000 pharmacies devaient pouvoir, dĂšs jeudi, faire les premiĂšres piqĂ»res. Dans ce centre mĂ©dical de Bloomfield Hills, celles-ci permettent aux familles de refaire des projets: le jeune Harrison et sa famille ont prĂ©vu un voyage en Alaska deux semaines aprĂšs sa deuxiĂšme injection. "Je suis la derniĂšre de la famille Ă  ĂȘtre vaccinĂ©e, donc maintenant nous sommes tous en sĂ©curitĂ©", se rĂ©jouit de son cĂŽtĂ© Kandall, 15 ans, venue avec sa mĂšre au centre des CongrĂšs Ă  Washington pour recevoir l'antidote avant d'aller Ă  l'Ă©cole. "Beaucoup de mes amis se font vacciner aujourd'hui ou dans quelques jours. C'est super de pouvoir moins s'inquiĂ©ter."

Le lieu est ouvert à tous, pas besoin de rendez-vous -- mais on ne se bouscule pas pour autant, avec seulement une poignée d'enfants présents. "Mieux vaut prévenir que guérir", estime de son cÎté Maya, 15 ans, dont la mÚre Amy est "enchantée" par le feu vert des autorités sanitaires: "Nous voulons qu'elle soit en sécurité et contribuer le plus possible à l'immunité collective".

Les adolescents dĂ©veloppent gĂ©nĂ©ralement des formes moins graves du Covid-19 que les adultes. Mais ils ne sont pas Ă  l'abri d'une infection, et peuvent alors participer Ă  la transmission du virus au sein de la population. Leur immunisation devrait donc contribuer Ă  ralentir l'Ă©pidĂ©mie. Mais aussi leur permettre de reprendre une vie plus "normale". "J'ai vraiment hĂąte de retourner Ă  l'Ă©cole cinq jours par semaine", contre deux jours actuellement, affirme Ă  l'AFP Theo Bernstein, qui s'est fait vacciner jeudi Ă  New York, quelques jours aprĂšs avoir fĂȘtĂ© ses 12 ans.

Sa mĂšre, Daphna Straus, se dit prĂȘte Ă  faire "tout ce qu'il faut pour que les instituteurs se sentent plus Ă  l'aise pour revenir enseigner en personne". "Je vais pouvoir sortir davantage", jubile Daniel Fox, 13 ans. "Jouer en ligne c'est marrant, mais c'est bien aussi de jouer en personne de temps en temps," raconte-t-il, alors que son pĂšre se fĂ©licite qu'il puisse aller en colonie de vacances cet Ă©tĂ©, et revoir ses grands-parents plus facilement.

Tous pourront aussi laisser de cĂŽtĂ© leur masque: les autoritĂ©s sanitaires ont levĂ© jeudi l'obligation du port de ce symbole de la pandĂ©mie pour les personnes vaccinĂ©es, sauf dans les transports, les aĂ©roports et les gares. Charles Muro, 13 ans, qui Ă©crit pour le journal de son Ă©cole de Hartford, dans le Connecticut, s'est dit "soulagĂ©" d'ĂȘtre vaccinĂ©, et entend promouvoir la vaccination autour de lui. Le vaccin, "c'est l'avenir: si vous voulez pouvoir retourner Ă  la pizzeria le dimanche soir, c'est comme ça qu'on pourra revenir Ă  la normale", assure-t-il Ă  l'intention de ses camarades.

- Enthousiasme limité -

Le vaccin administrĂ© aux 12-15 ans est le mĂȘme que celui pour les adultes, y compris le dosage, et beaucoup de centres de vaccination dĂ©jĂ  en place n'ont eu qu'Ă  abaisser la tranche d'Ăąge acceptĂ©e. Pour autant, les autoritĂ©s cherchent Ă  mettre rapidement sur pied d'autres canaux de distribution, dans des endroits plus pratiques encore comme dans les Ă©coles, ou chez les pĂ©diatres, connus des familles et ayant leur confiance.

Car tous les parents ne sont pas forcément enthousiastes: parmi ceux ayant des enfants entre 12 et 15 ans, prÚs d'un quart déclaraient mi-avril qu'ils ne les feraient pas vacciner, et seuls trois sur dix disaient vouloir le faire dÚs que possible, selon un sondage réalisé par la Kaiser Family Foundation. "Le vaccin pour les enfants entre 12 et 15 ans est sûr, efficace, pratique, rapide et gratuit", a martelé mercredi le président américain Joe Biden, qui multiplie les interventions pour encourager les parents à sauter le pas.

L'Agence américaine des médicaments (FDA) avait donné son autorisation lundi aprÚs avoir étudié les données d'essais cliniques sur environ 2.000 jeunes. Certaines localités avaient commencé dÚs mardi à vacciner les adolescents, mais la grande majorité du pays a attendu l'ultime feu vert des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), principale agence fédérale de santé publique du pays, délivré mercredi soir.

AFP

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