12Úme journée

Retraites: derniĂšre mobilisation avant le verdict constitutionnel

  • PubliĂ© le 13 avril 2023 Ă  05:54
  • ActualisĂ© le 13 avril 2023 Ă  06:04
Des manifestants à Nantes lors de la 11e journée d'action contre la réforme des retraites, le 6 avril 2023

Ultime démonstration de force des opposants à la réforme des retraites avant le verdict du Conseil constitutionnel: des centaines de milliers de personnes sont attendues dans les cortÚges de l'Hexagone jeudi à l'appel de l'intersyndicale, toujours unie.

La mobilisation devrait rester conséquente, bien qu'en décrue par rapport à la derniÚre journée d'action, il y a une semaine. Au ministÚre de l'Intérieur, le renseignement territorial prévoit entre 400 et 600.000 personnes dans les rues, à comparer avec les 570.000 recensés le 6 avril et 740.000 le 28 mars.

"Ce n'est pas le moment de craquer car c'est ce qu'attendent Macron et Borne, que ça s'essouffle. Il faut continuer à montrer que le peuple est contre la réforme", explique Johan Chivert, un étudiant de Toulouse.

"Ça fait dĂ©jĂ  trois mois que nous sommes dans la rue, c'est dĂ©jĂ  Ă©norme", renchĂ©rit Yves Juruard, retraitĂ© de la fonction publique, lui aussi Ă  Toulouse. "La dĂ©cision de vendredi" du Conseil constitutionnel "peut mettre un terme Ă  toute cette mobilisation", mais "j'ai un peu peur que ça se radicalise dans les prochaines semaines".

CĂŽtĂ© transport, la SNCF prĂ©voit des perturbations un peu plus faibles que la semaine derniĂšre, avec 3 TER sur 5 et 4 TGV sur 5, et seulement 1 train IntercitĂ©s sur 5. En rĂ©gion parisienne, le trafic du mĂ©tro et des RER devrait ĂȘtre lĂ©gĂšrement perturbĂ©, selon la RATP.

La Direction générale de l'aviation civile (DGAC) demande aux compagnies aériennes de renoncer à 20% de leurs vols dans les aéroports de Nantes, Bordeaux et Toulouse.

Dans l'énergie, des reprises du travail et des levées de blocage ont eu lieu dans les raffineries bloquées par le conflit depuis une semaine, mais de nouveaux appels à la grÚve ont été lancés.

Les universités restent un point chaud de la mobilisation. Mercredi matin, plus d'une douzaine de sites universitaires à Paris ont été bloqués par des protestataires.

- La période laissera des traces -

L'exécutif et les opposants à la réforme attendent la décision du Conseil constitutionnel, prévue vendredi en fin de journée. Il semble peu probable que les Sages, chargés de vérifier la conformité des lois avec la Constitution, annule la totalité de la réforme.

Mais ils pourraient élaguer le texte et renforcer les arguments de l'intersyndicale en faveur d'une suspension ou d'un retrait d'une réforme qui se trouverait de facto déséquilibrée.

Depuis Amsterdam, oĂč il est en visite, Emmanuel Macron a promis mercredi aux syndicats un "Ă©change qui permettra d'engager la suite et de tenir compte" du verdict du Conseil.

"Le pays doit continuer d'avancer", a affirmĂ© le chef de l'État. "J'engagerai, pour tout ce qui les concerne, les partenaires sociaux Ă  pouvoir revenir --je sais que la pĂ©riode gardera encore les traces des dĂ©saccords du moment-- mais je le ferai avec l'esprit de concorde et la volontĂ© d'engager la suite, quelle que soit la dĂ©cision" des Sages.

Le patron de la CFDT, Laurent Berger, suggÚre qu'en cas de censure partielle, le président de la République utilise l'article 10 de la Constitution pour permettre de proposer au Parlement une nouvelle délibération.

Une éventuelle validation par les Sages du référendum d'initiative populaire lancée par la gauche pourrait également redonner aux opposants un nouvel objectif, alors que la lassitude menace.

"De grosses journées d'action comme demain, ça va devenir compliqué. On va entrer dans un rythme différent", expliquait mercredi Benoit Teste, le secrétaire général de la FSU. "Si la loi est validée, ainsi que le référendum d'initiative populaire, on pourra s'engager sur une campagne, continuer la mobilisation sous des formes adaptées".

Parmi les hypothÚses envisagées par les états-majors syndicaux pour la suite du mouvement, des manifestations unitaires pour le 1er mai, voire une vaste manifestation à Paris, qui rassemblerait les opposants de toute la France.

L'intersyndicale doit se réunir jeudi soir hors de la présence de la presse, selon des sources concordantes, pour préparer sa réaction aux décisions du Conseil constitutionnel attendues vendredi aprÚs-midi.

Depuis le 19 janvier, onze journées de mobilisation ont été organisées, avec des cortÚges rassemblant des centaines de milliers de personnes dans toute la France, et des grÚves qui ont créé de fortes perturbations, notamment dans les transports et chez les éboueurs.

AFP

guest
1 Commentaires
CHABAN
CHABAN
3 ans

La cfdtđŸ„±