Négociations

Retraites: la CFDT acte un "contrat rompu" et veut revoir les rĂšgles du conclave

  • PubliĂ© le 19 mars 2025 Ă  15:33
  • ActualisĂ© le 19 mars 2025 Ă  15:40
La responsable  du syndicat CFDT Marylise Léon s'adresse à la presse à son arrivée pour une réunion avec le Premier ministre français et les syndicats au ministÚre du Travail, à Paris, le 17 janvier 2025

Continuer Ă  dĂ©battre des retraites, mĂȘme si l'option d'un retour Ă  62 ans a Ă©tĂ© Ă©cartĂ©e par Matignon ? La CFDT veut rester Ă  table mais en redĂ©finissant les "rĂšgles" et les sujets du "conclave" quand la CGT pourrait, aprĂšs FO, claquer la porte mercredi.

Face Ă  un Premier ministre qui a "rompu le contrat", "change les rĂšgles du jeu", et "ne voit pas oĂč est le problĂšme", la CFDT "ira" jeudi Ă  la prochaine sĂ©ance de nĂ©gociations pour "dire on arrĂȘte le conclave retraites tel qu'il existe lĂ , tel qu'il a dĂ©marrĂ©".

Sa numéro un Marylise Léon, offensive mercredi matin sur BFMTV/RMC au lendemain d'une rencontre avec François Bayrou à Matignon, a précisé qu'elle "s'affranchit" désormais "de la lettre de cadrage" du gouvernement et entend négocier "avec ceux qui ont envie vraiment de travailler" pour ouvrir "un autre" conclave.

"On a un gouvernement qui change les rĂšgles du jeu, des organisations qui dĂ©cident de partir et un patronat qui reste mais qui boude dans son coin et qui ne fait aucune proposition", a dĂ©plorĂ© la responsable du premier syndicat français, avec le sentiment d'ĂȘtre "un peu la seule adulte dans la piĂšce".

"Nous, on veut discuter de l'Ăąge, l'Ăąge de dĂ©part. C'est le cƓur du rĂ©acteur. C'est la raison pour laquelle on s'est mobilisĂ©s et pour laquelle on a souhaitĂ© reprendre le fil des discussions", a-t-elle soulignĂ©, sans exiger pour autant un retour Ă  62 ans pour tous les travailleurs.

En réponse, l'entourage de François Bayrou a fait savoir qu'il "continue à souhaiter que sorte de cette discussion un accord de progrÚs et d'équilibre financier" et "salue la volonté des partenaires sociaux de poursuivre la discussion sur des sujets aussi essentiels".

Le Premier ministre "leur a donné la main parce qu'il croit au dialogue social. Depuis le début, ils fixent l'ordre du jour, il est normal qu'ils continuent", selon son entourage.

- "Jouer Ă  cache-cache" -

Le chef du gouvernement a confirmé mardi à l'Assemblée nationale qu'il ne jugeait "pas possible" d'abroger la mesure phare de la réforme des retraites de 2023, qui décale progressivement l'ùge de départ à 64 ans.

Conséquence, le conclave qu'il a annoncé en janvier pour éviter une censure de son gouvernement vacille, alors que les chaises de trois organisations sur huit pourraient rester vides dÚs la prochaine séance, jeudi.

Force ouvriÚre avait claqué la porte dÚs la premiÚre séance le 27 février, jugeant que la concertation tournait à la "mascarade" aprÚs l'exigence de François Bayrou de rétablir l'équilibre financier du systÚme de retraites en 2030, demandant de trouver 6,6 milliards d'économies supplémentaires par rapport à ce qui avait été demandé aux partenaires sociaux en janvier.

Face au refus d'envisager un retour aux 62 ans, la direction de la CGT propose à ses instances de quitter également les négociations. Le syndicat estime que "ce durcissement des positions, sur injonction du Medef, est inacceptable et verrouille le cadre des concertations".

La dĂ©cision pourrait ĂȘtre officialisĂ©e mercredi en fin de journĂ©e aprĂšs consultation du ComitĂ© confĂ©dĂ©ral national, le "parlement" de la CGT. Le syndicat boycotte dĂ©jĂ  les discussions sur les retraites des fonctionnaires mercredi, comme FO et Solidaires.

Sur des positions diamétralement opposées à celles des syndicats, la plus petite des trois organisations patronales, l'U2P (artisans, commerçants et professions libérales) a aussi quitté le "conclave" mardi, qualifiant ces négociations de "jeu de dupes".

Cette organisation estime que l'équilibre du régime des retraites "imposera de repousser l'ùge légal de départ au-delà de 64 ans", sauf pour les métiers difficiles.

Le Medef, premiÚre organisation patronale, a dit mercredi par la voix de son président Patrick Martin vouloir "laisser sa chance" à la discussion et continuer à y participer, à condition que chacun cesse de "jouer à cache-cache" et "abatte ses cartes".

Mais il a aussi estimé que" tous les partenaires sociaux, les politiques a fortiori, doivent prendre en compte cette situation des finances publiques qui devient critique".

AFP

guest
1 Commentaires
Missouk
Missouk
1 an

Quand on pense que les députés PS ont cautionné ce cinéma et fait confiance à Bayrou...