Les députés de la République en marche sont réunis pour la première fois ce samedi 23 juin 2017 en séminaire de cohésion, l'occasion de mettre au point le fonctionnement du groupe majoritaire. L'ancien ministre Richard Ferrand a été a été désigné président du groupe.
Après leur rentrée administrative cette semaine, les 308 députés REM, dont seulement 10 % de sortants, se sont retrouvés à huis clos ce samedi 24 juin à la salle des fêtes de l'Hôtel de Lassay, résidence privée du président de l'Assemblée. Le rassemblement se poursuivra ce dimanche 25 juin. "Ce sera un séminaire de cohésion, d'information et de formation pour des députés qui ne se connaissent pas", selon La République en marche. Au menu, le fonctionnement du groupe et l'articulation de son travail avec celui du gouvernement et du mouvement, les méthodes de travail du député, la présentation des premiers textes, etc.
Jean-Paul Delevoye, qui avait présidé la commission d'investiture d'En Marche, a ouvert les travaux. Le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement Christophe Castaner, mais aussi le Premier ministre Edouard Philippe, doivent intervenir. Cette journée sera également l'occasion pour les candidats à des postes de responsabilité à l'Assemblée (présidence et vice-présidences, questeurs, présidences de commission, etc) de se présenter, pour établir des "short-lists". Un premier poste clé a été pourvu dès ce samedi avec l'élection de Richard Ferrand à la présidence du groupe.
L'ex-ministre de la Cohésion des territoires, mis en cause dans une affaire immobilière, a quitté le gouvernement sur demande d'Emmanuel Macron pour briguer ce poste. L'élection de cette cheville ouvrière d'En marche ne faisait pas de doute. "C'est le seul qu'on connaît tous et qui nous connaît tous", résume un jeune élu, Gabriel Attal, une autre, Marie Lebec, pointant sa connaissance de "la vie parlementaire" utile pour "encadrer" moult novices. Le chef du groupe, poste stratégique, doit s'assurer que la majorité applique le programme présidentiel, tout en gérant les revendications des troupes.
Pour le poste le plus prestigieux, président de l'Assemblée, trois députés sont jusqu'à maintenant candidats. L'ancien candidat à la primaire de la gauche François de Rugy a été le premier à se déclarer. Député depuis 2007, il vante son expérience (co-président du groupe écologiste dans son deuxième mandat, vice-président de l'Assemblée) et fait campagne sur la "modernisation" de l'institution dans la foulée des réformes prévues par l'exécutif (réduction du nombre de députés, limitation à trois mandats successifs, etc.). Cet élu de Loire-Atlantique n'a cependant pas exclu de renoncer si l'Élysée, qui regarde de près le choix du quatrième personnage de l'État, voulait l'élection d'une femme, ce qui serait une première.
Or deux candidates se sont déclarées ce vendredi 23 juin, Brigitte Bourguignon (Pas-de-Calais), 58 ans, et Sophie Errante (Loire-Atlantique), 45 ans, deux ex-PS ralliées à En Marche qui entament leur deuxième mandat. Après un homme de droite à Matignon, plusieurs responsables REM militent pour une femme de gauche au "perchoir". Le groupe votera mardi prochain le 27 juin pour désigner son candidat, qui devrait être élu l'après-midi président de l'Assemblée lors de la séance inaugurale.
Pour les présidences de commissions permanentes, qui seront votées jeudi 29 juib, plusieurs noms circulent : Olivier Véran (Affaires sociales), Jean-Jacques Bridey (Défense), Jean-Michel Clément et Alain Tourret (Lois), Barbara Pompili et Matthieu Orphelin (développement durable), Stanislas Guérini et Bruno Bonnell (Affaires économiques), etc. Pour tous ces postes, il faudra un équilibre entre novices et chevronnés, "marcheurs" historiques de gauche et récents de droite, femmes-hommes.
REM devra aussi tenir compte du MoDem, dont les 42 députés se réuniront dimanche à l'Assemblée pour "discuter" sur le même mode qu'En Marche. Seront évoqués la présidence de groupe -Marielle de Sarnez est pressentie, à moins qu'elle n'obtienne une présidence de commission- et les postes que le parti de François Bayrou pourrait convoiter. Des huit commissions, au moins une échappera au groupe majoritaire et son allié, la présidence de la commission des Finances revenant à l'opposition depuis 2008. Éric Woerth est candidat jusqu'alors face au président sortant LR Gilles Carrez.
AFP


