Un policier de 31 ans, "bon fonctionnaire" apprécié de sa hiérarchie, et qui était en instance de séparation, a tué samedi soir à Sarcelles (Val-d'Oise) trois personnes avec son arme de service et blessé griÚvement sa petite amie avant de se suicider.
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Il est 20H45 quand Arnaud Martin, gardien de la paix au sein de la Compagnie de Sécurité et d'Intervention à Paris, se rend aprÚs son service dans cette ville de grande banlieue parisienne. Là , il retrouve sa petite amie "qui l'attendait pour discuter de leur séparation dans sa voiture", à proximité du pavillon de ses parents, a indiqué dans un communiqué le procureur de la République de Pontoise, Eric Corbaux.
La discussion s'envenime, le fonctionnaire sort son arme et la blesse au visage. La jeune femme, qui Ă©tait "consciente Ă l'arrivĂ©e des secours", se trouvait toujours dans un Ă©tat critique dimanche matin. Arnaud Martin abat ensuite deux personnes qui, selon les premiers Ă©lĂ©ments de l'enquĂȘte, avaient tentĂ© d'intervenir. D'abord un homme ĂągĂ© de 30 ans, qui Ă©coutait de la musique dans sa voiture, garĂ©e face au pavillon de sa mĂšre, et "venait voir ce qui se passait", selon le procureur.
Puis un autre passant, ĂągĂ© de 44 ans, dont le corps a Ă©galement Ă©tĂ© retrouvĂ© Ă proximitĂ©. Ce dernier "Ă©tait sorti acheter des cigarettes. Il s'apprĂȘtait Ă souffler ses bougies d'anniversaire", a tĂ©moignĂ© sa belle-soeur Noria Madani, trĂšs affectĂ©e: "Il a dit Ă ses enfants qu'il revenait tout de suite et la police est venue dire qu'il ne reviendra plus jamais..."
Le gardien de la paix se rend ensuite au pavillon de la famille de sa petite amie, Ă une dizaine de mĂštres de lĂ , oĂč il tue le pĂšre de famille, blesse griĂšvement au thorax la mĂšre tandis que la soeur de la jeune femme reçoit une balle dans le fĂ©mur.
- Un "bon fonctionnaire" -
Le policier, qui a Ă©galement abattu le chien de la famille, est finalement "retrouvĂ© mort d'une balle dans la tĂȘte, son arme Ă la main, au fond du jardin", selon le parquet. "Selon ses chefs de service, c'Ă©tait un bon fonctionnaire, ancien gendarme mobile trĂšs rigoureux", a ajoutĂ© le procureur, qui a confiĂ© l'enquĂȘte Ă la police judiciaire de Versailles. Dimanche matin, le grand pavillon de construction rĂ©cente oĂč vivait la famille de la jeune femme, dans un rue tranquille du vieux Sarcelles, gardait les volets clos.
A l'endroit oĂč les deux riverains ont Ă©tĂ© tuĂ©s, du sable avait Ă©tĂ© rĂ©pandu pour recouvrir les traces de sang. Des gants en latex et des compresses stĂ©riles tĂ©moignant de l'intervention des secours jonchaient la chaussĂ©e. Sur place, le dĂ©putĂ© socialiste et ancien maire de Sarcelles François Pupponi, familier de la plupart des victimes, a fait part de sa "sidĂ©ration".
Au bar-tabac comme Ă la boulangerie de Sarcelles village, toutes les conversations tournaient autour du drame, qui intervient dans un contexte de recrudescence des suicides dans les rangs des forces de l'ordre. AprĂšs les attentats du 13 novembre 2015 Ă Paris et Saint-Denis, les policiers avaient obtenu le droit de garder leur arme de service en permanence.
Une disposition pérennisée et encadrée par plusieurs circulaires depuis l'été 2016: les agents souhaitant porter leur arme hors service doivent en faire la déclaration et avoir effectué au moins trois entrainements de tir par an. Ces conditions s'appliquent aussi aux trajets domicile-travail entre deux services. A tout moment, le chef de service peut s'y opposer.
A Sarcelles, Noria Madani se demandait dimanche ce qu'elle allait dire à ses neveux "inconsolables", de 7, 11 et 14 ans: "On leur dit que la police est là pour les protéger et un policier tue leur pÚre, un homme qui ne supportait pas l'injustice et qui est mort d'avoir voulu sauver une femme".
AFP
