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Scandale Fifa: combien de temps Blatter peut-il encore tenir ?

  • PubliĂ© le 3 octobre 2015 Ă  16:41
Sepp Blatter, le 20 juillet 2015 lors d'une conférence de presse au siÚge de la Fifa à Zurich

AprĂšs les appels Ă  la dĂ©mission lancĂ©s par les partenaires historiques de la Fifa, comment Sepp Blatter, au coeur d'une tempĂȘte judiciaire et mĂ©diatique sans prĂ©cĂ©dent et sous le coup d'une procĂ©dure pĂ©nale, peut-il se maintenir jusqu'en fĂ©vrier prochain, date de l'Ă©lection de son successeur ?<br>Coca-Cola, partenaire historique, prĂ©sent au cĂŽtĂ© de la Fifa depuis 1974, mais aussi McDonald's, Visa et Budweiser : quatre des plus gros partenaires de la FĂ©dĂ©ration internationale de football sont passĂ©es Ă  l'offensive vendredi, demandant le dĂ©part immĂ©diat du Valaisan, ĂągĂ© de 79 ans, afin que puisse ĂȘtre engagĂ© l'indispensable processus de rĂ©forme.


"Pour le bien du football, la compagnie Coca-Cola demande au président de la Fifa, Joseph Blatter, de démissionner immédiatement, afin qu'une procédure de réforme crédible et viable puisse sérieusement commencer", a lancé vendredi la firme d'Atlanta.
Cet appel du plus ancien partenaire de la Fifa est d'autant plus significatif que la marque américaine et la Fédération internationale sont intimement liées depuis la signature en 1974 de l'un des premiers grands contrats de l'histoire du sponsoring sportif, à l'origine du recrutement de Blatter comme responsable du développement.
Visa et Coca-Cola font eux partie des partenaires dits "globaux" de la Fifa : entre 2010 et 2014, ils ont déboursé chacun 30 millions de dollars (26,8 M d'euros) chaque année pour bénéficier de ce statut et pouvoir l'utiliser dans leurs publicités et stratégies marketing.

- 'Il ne démissionnera pas' -

Le groupe Anheuser Busch InBev, maison-mÚre du brasseur Budweiser, sponsor de la Fifa depuis 1986 et qui avait obtenu du Brésil un amendement de la loi pour pouvoir vendre sa biÚre dans les stades lors du Mondial-2014, a indiqué de son cÎté qu'il "serait bienvenu que M. Blatter quitte son poste".
Seul partenaire Ă  ne pas se joindre Ă  cette position, l'Ă©quipementier sportif allemand Adidas a certes rĂ©itĂ©rĂ© samedi ses appels Ă  une rĂ©forme de l'organisation, sans pour autant demander le dĂ©part du Suisse. "Comme nous l'avons dĂ©jĂ  dit Ă  plusieurs reprises par le passĂ©, des changements de taille doivent intervenir Ă  la Fifa, dans l'intĂ©rĂȘt du football. Le processus enclenchĂ© de rĂ©forme doit se poursuivre de maniĂšre transparente et rapidement", Ă©crit l'Ă©quipementier dans une dĂ©claration transmise Ă  l'AFP.
Adidas, partenaire depuis les années 1970 et qui a renouvelé son engagement jusqu'en 2030, est l'un des plus gros sponsors de la Fifa. L'équipementier bavarois fournit aussi ballons et tenues des arbitres des compétitions internationales.
Face à cette levée de boucliers, et aprÚs l'ouverture le 24 septembre par la justice suisse d'une procédure pénale à son encontre pour "soupçon de gestion déloyale" et "abus de confiance", il n'est pas aisé d'évaluer la marge de manoeuvre du président Blatter.
Par la voix de son avocat, le Suisse a rĂ©pliquĂ© dĂšs vendredi et assurĂ© qu'il resterait Ă  son poste jusqu'en fĂ©vrier prochain. "Si Coca-Cola est un sponsor apprĂ©ciĂ© de la Fifa, M. Blatter est, malgrĂ© tout son respect, en dĂ©saccord avec sa position et pense que quitter son poste maintenant ne serait pas dans le meilleur intĂ©rĂȘt de la Fifa ni ne servirait le processus de rĂ©forme. C'est pourquoi il ne dĂ©missionnera pas", a expliquĂ© son avocat, Richard Cullen.

- Visibilité incomparable -

Mais pour le responsable du marketing d'une grande marque européenne, non partenaire de la Fifa, interrogé par l'AFP, "la position de M. Blatter deviendra difficile à tenir si tous les partenaires de la Fifa font front commun".
"Face à un scandale planétaire, on voit le patron de Volkswagen démissionner, comment Blatter, pour le bien de la Fifa, n'en tire-t-il pas les conséquences ?", s'interroge-t-il sous couvert d'anonymat.
A l'inverse, un bon connaisseur du dossier, sollicité par l'AFP, rappelle que "ce ne sont pas les partenaires commerciaux qui pÚsent le plus lourd dans les ressources de la Fifa, mais les détenteurs des droits de télévision".
De plus, ajoute cette source, "la visibilité mondiale offerte par la Coupe du monde de foot est incomparable, donc un sponsor réfléchira à deux fois avant de se retirer".
Dans l'entourage de la Fifa, il se murmure qu'un départ prématuré de Blatter ne serait pas considéré comme la solution idéale pour redorer l'image de l'instance. Car c'est Issa Hayatou, vice-président du Comité exécutif qui statutairement assurerait l'intérim jusqu'au congrÚs du 26 février prochain.
Or le parcours du Camerounais n'est pas totalement exempt de faux-pas. Il a ainsi été sanctionné en décembre 2011 par le Comité international olympique, dont il est membre, pour avoir reçu une commission de la part d'ISL, qui gérait les droits marketing de la Fifa.

Par Sami ACEF - © 2015 AFP
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