Plus de 2.100 morts

SĂ©isme au Maroc : le bilan s'alourdit et approche les 2.500 morts

  • PubliĂ© le 11 septembre 2023 Ă  15:00
  • ActualisĂ© le 11 septembre 2023 Ă  15:56
Une habitante du village d'Imi N'Tala, dans le centre du Maroc, pleure au milieu des bùtiments détruits par le séisme, le 10 septembre 2023

Le bilan du puissant sĂ©isme qui a frappĂ© vendredi soir le Maroc s'est alourdi ce lundi Ă  2.497 morts, selon les autoritĂ©s marocaines. Dans le mĂȘme temps, les secouristes marocains, appuyĂ©s par des Ă©quipes Ă©trangĂšres, poursuivent lundi une course contre la montre pour retrouver des survivants et fournir l'assistance Ă  des centaines de sans-abris dont les maisons ont Ă©tĂ© rasĂ©es, plus de 48 heures aprĂšs le sĂ©isme qui a fait plus de 2.100 morts.

Le Maroc a annoncé dimanche dans la soirée avoir répondu favorablement, "à ce stade", aux offres de quatre pays "d'envoyer des équipes de recherche et sauvetage": l'Espagne, la Grande-Bretagne, le Qatar et les Emirats arabes unis.

Ces équipes sont entrées en contact avec leurs homologues au Maroc en vue de coordonner leurs efforts, a précisé le ministÚre de l'Intérieur dans un communiqué.

L'Espagne a affirmé avoir déjà envoyé au Maroc 86 secouristes accompagnés de chiens spécialisés dans la recherche de victimes, tandis qu'un vol humanitaire qatari a décollé dimanche soir de la base aérienne d'Al-Udeid, dans la banlieue de Doha, selon un journaliste de l'AFP.

D'autres offres pourraient ĂȘtre acceptĂ©es Ă  l'avenir "si les besoins devaient Ă©voluer", a ajoutĂ© le ministĂšre.

De nombreux pays, de la France aux Etats-Unis, en passant par Israël, avaient proposé leur aide au Maroc aprÚs le séisme dévastateur qui a fait au moins 2.497 morts et au moins 2.421 blessés, selon un dernier bilan publié dimanche par le ministÚre de l'Intérieur.

En attendant le dĂ©ploiement des Ă©quipes de sauvetage Ă©trangĂšres sur le terrain, les autoritĂ©s marocaines ont commencĂ© Ă  dresser des tentes dans le Haut-Atlas, oĂč des villages ont Ă©tĂ© entiĂšrement dĂ©truits par le sĂ©isme.

- Paysage apocalyptique -

Des secouristes, volontaires et membres des forces armées s'activent de leur cÎté pour retrouver des survivants et extraire des corps des décombres, notamment dans des villages de la province d'Al-Haouz, épicentre du séisme au sud de la cité touristique de Marrakech, dans le centre du royaume.

A Tikht, un petit village prÚs d'Adassil, un minaret et une poignée de maisons en argile non peintes tiennent debout au milieu d'un paysage apocalyptique.

"La vie est finie ici", déplore Mohssin Aksum, 33 ans, un habitant. "Le village est mort".

Non de loin de là, des forces de sécurité marocaines creusent des tombes pour les victimes, tandis que d'autres installent des tentes jaunes pour les rescapés du séisme qui sont restés sans-abris.

Le tremblement de terre survenu tard vendredi soir, de magnitude 7 selon le Centre marocain pour la recherche scientifique et technique (6,8 selon le service sismologique américain), est le plus puissant à avoir jamais été mesuré au Maroc.

Face Ă  l'ampleur de la destruction, la solidaritĂ© s'organise Ă  Marrakech oĂč de nombreux habitants se sont ruĂ©s dans les hĂŽpitaux pour donner du sang pour les victimes.

"Nous sommes en train de collecter des denrées alimentaires pour aider les zones touchées par le tremblement de terre", a déclaré à l'AFP Ibrahim Nachit, membre de l'association Draw Smile qui prévoit aussi l'envoi d'une "caravane médicale" aux zones les plus sinistrées.

"Je pense que les provisions alimentaires collectées aujourd'hui devraient pouvoir soutenir au moins 100 familles pendant une semaine", a ajouté de son cÎté Abdeltif Razouki, vice-président de l'association.

- "Fissures importantes" -

La Croix-Rouge internationale a alerté sur l'importance de l'aide humanitaire à venir. Les "24 à 48 heures (sont) critiques" et il y aura des besoins pour "des mois voire des années".

En plus des pertes humaines et des villages détruits, le patrimoine architectural du royaume a été affecté par le séisme. A Marrakech, sur les 700 hectares de la médina, la vieille ville, les dommages sont par endroits impressionnants.

Les remparts du XIIe siÚcle qui entourent la cité impériale, fondée vers 1070 par la dynastie des Almoravides, sont en partie défigurés.

"On peut d'ores et déjà dire qu'ils (les dégùts) sont beaucoup plus importants qu'on ne l'attendait. Nous avons constaté des fissures importantes sur le minaret de la Koutoubia, la structure la plus emblématique, mais aussi la destruction quasi-complÚte du minaret de la mosquée Kharbouch" sur la place Jemaa el-Fna, note Eric Falt, directeur régional du Bureau de l'Unesco pour le Maghreb.

Ce séisme est le plus meurtrier au Maroc depuis celui qui avait détruit Agadir, sur la cÎte ouest du pays, le 29 février 1960. PrÚs de 15.000 personnes, soit un tiers de la population de la ville, y avaient péri.

AFP

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