Trafic trÚs perturbé

SNCF: pagaille en vue au premier jour des vacances scolaires

  • PubliĂ© le 19 octobre 2019 Ă  05:14
  • ActualisĂ© le 19 octobre 2019 Ă  05:53
TER Ă  Marseille le 3 avril 2018

Comme vendredi, le trafic SNCF va rester trÚs perturbé samedi, au premier jour des vacances scolaires, direction et syndicats n'ayant pas trouvé de compromis pouvant inciter les conducteurs et contrÎleurs à lever leur droit de retrait, exercé aprÚs un accident qui a fait plusieurs blessés mercredi, dont un conducteur de train.

AprÚs cinq heures de discussions, les deux parties se sont séparées sans accord et devraient se voir dans le "courant de la semaine prochaine", a annoncé la direction à l'AFP. D'ici là, elle appelle les conducteurs et contrÎleurs à "reprendre au plus vite le travail car ils sont en situation irréguliÚre", assure-t-elle.

CĂŽtĂ© trafic, "la situation sera trĂšs sensiblement identique" Ă  celle de vendredi, oĂč le rĂ©seau TER et certaines lignes franciliennes ont Ă©tĂ© trĂšs perturbĂ©es. Les TGV seront aussi lĂ©gĂšrement affectĂ©s dans la rĂ©gion Sud-Est (Lyon, Marseille, Nice, Montpellier) et Atlantique-Ouest (Rennes, Nantes, Bordeaux), avec 9 trains sur 10. Le trafic sera normal dans le Nord et l'Est. Il n'y aura aucun train low-cost Ouigo en rĂ©gion Paca.

Lors de la rĂ©union avec l'ensemble des syndicats, qui a dĂ©butĂ© vers 18H30 vendredi, la direction a fait trois propositions: renforcer le dispositif d'alerte et de sĂ©curitĂ© des trains et "passer au crible l'ensemble des mesures de sĂ©curitĂ© Ă  appliquer par le conducteur en cas d'accident", "rĂ©partir dans le temps les nouvelles procĂ©dures de dĂ©part des trains, qui devaient ĂȘtre appliquĂ©es le 15 dĂ©cembre" et "accĂ©lĂ©rer trĂšs fort le recrutement en 2019, en particulier contribuant Ă  la sĂ©curitĂ© des biens et des personnes". "Ces propositions n'ont pas Ă©tĂ© saisies par les organisations syndicales", a soulignĂ© la direction, Ă  l'issue de la rĂ©union.

- "Plusieurs mises en demeure" -

Une autre réunion s'était tenue dans la matinée entre la direction et la CGT, qui réclame la présence obligatoire d'un contrÎleur par train, alors que le conducteur accidenté était le seul agent SNCF à bord de son TER, qui circulait en Champagne-Ardenne. "Cette grÚve sans préavis est totalement irréguliÚre", avait souligné lors d'une conférence de presse vendredi le directeur de la branche TER, Frank Lacroix. Il y a eu "plusieurs mises en demeure", a précisé la direction dans la nuit de vendredi à samedi.

Vendredi aprÚs-midi, la SNCF avait fait état de 55% des TER en circulation. On comptait dans la journée un train Intercités sur deux tandis qu'en région parisienne 70% des Transiliens étaient en circulation, mais là aussi avec d'importantes disparités, les RER B et D étant les plus touchés, ainsi que les lignes R, H, J, K et L.

Dans les principales gares, des agents d'assistance SNCF vĂȘtus d'un gilet rouge orientaient les usagers, parfois en colĂšre.

Cet arrĂȘt de travail fait suite Ă  un accident survenu mercredi soir: un TER reliant Charleville-MĂ©ziĂšres Ă  Reims a percutĂ© un convoi routier exceptionnel coincĂ© sur un passage Ă  niveau Ă  Saint-Pierre-sur-Vence (Ardennes). La prĂ©fecture des Ardennes indique qu'il y a eu "onze blessĂ©s", dont certains ont Ă©tĂ© hospitalisĂ©s.

Des agents de conduite et contrÎleurs ont fait valoir leur droit de retrait dÚs jeudi et plus encore vendredi matin, à la prise de service. Le conducteur, blessé et choqué, "a dû porter secours aux passagers car c'était le seul agent SNCF à bord!", a déploré dans un communiqué SUD-Rail.

Ce syndicat, ainsi que la CGT-Cheminots, FO-Cheminots et la Fgaac-CFDT, contestent le mode d'exploitation "équipement agent seul", qui permet de faire circuler des trains sans contrÎleur, évoquant des risques de sécurité pour les voyageurs, alors que selon la direction "il existe depuis des dizaines d'années".

De son cÎté, le secrétaire d'Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a déploré une "grÚve surprise (...) hors du cadre légal". "Le droit de retrait, c'est un droit des travailleurs pour dire: +attention il se passe quelque chose de grave+", a défendu le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez. "On a évité un drame parce qu'il y a un conducteur consciencieux, attaché au service public ferroviaire, qui a bossé. Mais on ne peut pas continuer comme ça", a-t-il dit.

AFP

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