Coronavirus

Stockage de provisions, sorties limitées, les New-Yorkais s'adaptent

  • PubliĂ© le 15 mars 2020 Ă  11:37
  • ActualisĂ© le 15 mars 2020 Ă  13:21
Un homme brandissant une pancarte "La fin est proche, appelle Mamie", le 14 mars 2020 Ă  New York

Ils font des réserves au supermarché, se mettent à faire la cuisine au lieu de sortir et s'interrogent sur les habitudes auxquelles il faut renoncer: les New Yorkais commençaient samedi à s'adapter aux bouleversements de la vie quotidienne précipités par le coronavirus.

Le nombre de cas recensés dans la premiÚre ville américaine, a, comme anticipé par les autorités, fortement augmenté ces derniers jours: il dépasse désormais les 200, selon le gouverneur Andrew Cuomo, et devrait franchir les 1.000 la semaine prochaine.  Pour ceux qui n'avaient pas encore eu le temps d'aller au supermarché, la journée ensoleillée de samedi était l'occasion de faire des réserves --nourriture, papier toilette, produits désinfectants-- alors que de nombreux supermarchés ont été pris d'assaut dÚs jeudi.

"Je fais ce métier depuis 40 ans et je n'avais jamais vu ça : pendant l'ouragan Sandy je n'avais pas vu ça, lors (des attentats) du 11 septembre 2001 non plus", déclare à l'AFP Larry Grossman, directeur d'un supermarché du sud de Manhattan, en remplissant les étagÚres dévalisées de son magasin, avec ses 85 employés dont il a allongé les horaires.

Nnenna Doyle et son mari Mark, 34 et 36 ans, qui tĂ©lĂ©travaillent depuis jeudi, se sont rendus dĂšs l'ouverture au populaire Trader Joe's. "On a achetĂ© beaucoup de produits de base - et aussi beaucoup de biĂšre", disent-ils en riant. Ce couple d'origine irlandaise avait prĂ©vu de fĂȘter la Saint-Patrick, la grande fĂȘte des Irlandais, dans un pub samedi soir.

Mais comme beaucoup de New-Yorkais, mĂȘme si les restaurants et bars restent ouverts, ils prĂ©fĂšrent Ă©viter de sortir et ont organisĂ© une soirĂ©e chez eux. Ils avaient invitĂ© 17 personnes, "huit se sont dĂ©commandĂ©es", prĂ©fĂ©rant s'isoler chez elles de peur d'avoir Ă©tĂ© au contact de personnes infectĂ©es, dit Nnenna. Cette jeune cheffe de produits essaiera de saluer son entourage "en se tapant les coudes", mĂȘme si elle dit ĂȘtre "une habituĂ©e des accolades".

- Tout fermer -

Patricia Jamele, 60 ans, et son partenaire James, ont eux aussi profité du soleil pour se promener mais sont partagés: "L'un de nous pense qu'on devrait éviter complÚtement de sortir, l'autre est pour qu'on se balade", dit cette femme de ménage qui n'a aucune possibilité de télétravail. "Il y a une grande anxiété... on ne sait pas si elle est justifiée ou déplacée", dit-elle.

Un peu plus loin, sur la grande place de Union Square, à Greenwich Village, le marché à l'air libre du samedi bat son plein. Plusieurs vendeurs disent avoir davantage de clients que d'habitude.

A la mi-journĂ©e, "on Ă©tait dĂ©jĂ  Ă  court de plusieurs produits alors que, d'habitude, on remballe en fin de journĂ©e," explique un fermier venu du nord de l'Etat de New York, connu localement sous le nom de Paul de Violet Hill. "Les gens restent chez eux. De ce que je vois les restaurants sont vides donc ils restent chez eux et font la cuisine", ajoute-t-il. "Et un marchĂ© en plein air est probablement un des endroits les plus sĂ»rs oĂč acheter de la nourriture".

Bien que sa ferme soit dans un hameau isolĂ© de l'Etat de New York, il n'a pas d'apprĂ©hension Ă  venir en ville mĂȘme s'il pense que les autoritĂ©s qui, Ă  New York, ont maintenu Ă©coles publiques et mĂ©tro ouverts, feraient mieux de "tout fermer". "Je le vois avec les animaux", dit cet Ă©leveur, "quand l'un des animaux est malade, si vous ne l'isolez pas immĂ©diatement, ça se propage comme un feu de forĂȘt".

AFP

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