Dépistage Covid-19

Sur le bassin d'Arcachon, les touristes se font tester avec "la larme Ă  l'oeil"

  • PubliĂ© le 25 juillet 2020 Ă  15:04
  • ActualisĂ© le 25 juillet 2020 Ă  15:11
File d'attente devant la gare d'Arachon pour pratiquer des tests de dépistage du COVID-19, le 24 juillet 2020

"Si ça met la larme à l'oeil, c'est que ça a été bien fait !": Sous les grands pins de la plage du Petit Nice, prÚs de la Dune du Pilat, une infirmiÚre introduit un écouvillon dans le nez de vacanciers candidats à un dépistage Covid-19 gratuit. Et presque tous écrasent une petite larme.

Depuis lundi, face à la reprise de la circulation active du virus en Gironde, l'Agence régionale de Santé de Nouvelle-Aquitaine a entrepris d'"aller vers" le public, notamment dans les lieux fréquentés par des touristes, comme au Petit Nice, plage océane de La Teste-de-Buch, à l'entrée du bassin d'Arcachon.

Sous la tente blanche devant laquelle patientent une dizaine de personnes, toutes masquĂ©es, l'infirmiĂšre Marion Lefay et deux collĂšgues du centre hospitalier d'Arcachon - visiĂšre, masque, gants, blouse stĂ©rile et charlotte sur la tĂȘte - prĂ©lĂšvent environ une trentaine de personnes par jour depuis lundi.

"Il y a des hommes, des femmes, de 5 à 70 ans, en général en famille. La plupart ne présentent pas de symptÎmes, il viennent préventivement, et ce ne sont pas forcément tous des touristes, il y a aussi des locaux", dit-elle.

A l'image de Fabrice, venu avec femme et enfants d'une commune du Bassin: "On voulait aller à la plage aujourd'hui, on a choisi le Petit Nice parce qu'on pouvait s'y faire tester". "J'avais un peu d'appréhension mais c'est vite fait", glisse-t-il. "On vient plus facilement ici avec plaisir, que dans un hÎpital".

Il suffit d'avoir sa carte Vitale et sa carte d'identitĂ© avec soi. Les rĂ©sultats sont envoyĂ©s dans les 24 Ă  48 heures par texto avec un lien internet. Non loin de la plus haute dune d'Europe, survolĂ©e par des parapentes colorĂ©s, la queue est longue pour entrer dans une autre tente de dĂ©pistage, celle-lĂ  installĂ©e devant la gare d'Arcachon, oĂč se pratiquent une centaine de prĂ©lĂšvements par jour.

Le succÚs est au rendez-vous: il a fallu livrer d'urgence un plus grand réfrigérateur pour stocker les prélÚvements qui attendent de partir vers le CHU de Bordeaux pour analyse.

- "Beaucoup de brassage" -

"Hou là, ça décoiffe", confie une dame à la sortie de la tente, au conduit lacrymal visiblement sensible. Venue de Rennes pour des vacances, Sylvie voulait, elle, rassurer la tante ùgée à qui elle vient rendre visite. "Je voulais prendre mes précautions, dit-elle, ça rassure, ça permet de savoir si on est porteur sain". "C'est trÚs rapide, explique-t-elle, ça va profond dans le nez mais c'est rien du tout en fait, je m'attendais à pire !"

Parmi les six professionnels tout en blanc qui prĂ©lĂšvent jusqu'Ă  quatre personnes en mĂȘme temps, Philippe Veaux explique : "Il y a toujours beaucoup de brassage Ă  la gare d'Arcachon et les Français qui ne partent pas Ă  l'Ă©tranger cet Ă©tĂ© sont lĂ . Alors nos tests et ceux de nos confrĂšres Ă  La Teste vont nous donner trĂšs rapidement une idĂ©e de ce qui se passe sur le terrain au point de vue contamination".

"J'espĂšre qu'on aura de bonnes nouvelles", glisse M. Veaux, prĂ©sident de l'association des mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes d'Arcachon alors que l'ARS juge la l'Ă©volution du Covid-19 "inquiĂ©tante" en Nouvelle-Aquitaine, oĂč la Gironde a Ă©tĂ© placĂ©e en "vigilance modĂ©rĂ©e".

Les autorités sanitaires redoutent en effet les mélanges de population induits par la période estivale, surtout en cette année de tourisme "hexagonal". "On a vu des patients munis de SMS les prévenant qu'ils avaient été en contact à Paris avec des gens testés positifs, des personnes qui venaient de Mayenne et voulaient rassurer leurs proches en se faisant tester, des familles venant d'Angleterre...", égrÚne Philippe Veaux.

"Globalement, on vérifie que le comportement de la population est adaptée à la situation", dit encore le médecin. "Ce n'est pas parce qu'on est sous les pins et en bord de mer qu'on est à l'abri d'une contamination".

AFP

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