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Syrie: Assad veut que la trĂȘve tienne

  • PubliĂ© le 2 mars 2016 Ă  07:16
Le président syrien Bachar al-Assad, le 11 février 2016 à Damas lors d'une interview exclusive avec l'AFP

Le président Bachar al-Assad s'est engagé à faire tout son possible pour que le cessez-le-feu en Syrie tienne, et Washington a noté une importante réduction de la violence entre les rebelles et le pouvoir.


Alors que le cessez-le-feu, négocié et surveillé par la Russie et par les Etats-Unis et soutenu par l'ONU, est entré mercredi dans sa cinquiÚme journée, l'émissaire des Nations unies pour la Syrie Staffan de Mistura a annoncé que la reprise à GenÚve des discussions de paix inter-syriennes, prévue pour le 7 mars, était repoussée au 9 mars "pour des raisons pratiques et logistiques".
Sur le terrain, on observe depuis le 27 février un répit dans les combats et les bombardements, bien que le pouvoir de Damas et les rebelles s'accusent mutuellement de violations ponctuelles.
Le prĂ©sident syrien s'est engagĂ© Ă  tout faire pour que la trĂȘve tienne, dans une interview Ă  la tĂ©lĂ©vision publique allemande ARD dont des extraits ont Ă©tĂ© publiĂ©s mardi. "Nous ferons ce qui dĂ©pend de nous pour que tout cela fonctionne", a-t-il assurĂ©.
- 'Amnistie complĂšte' -
Concernant la trĂȘve, "les terroristes l'ont rompue dĂšs la premiĂšre heure", mais "l'armĂ©e syrienne s'est abstenue de toute reprĂ©sailles pour maintenir les chances de survie de l'accord", a affirmĂ© M. Assad.
Le prĂ©sident syrien s'est par ailleurs dit prĂȘt Ă  accorder aux rebelles qui dĂ©poseraient les armes "une amnistie complĂšte" et "un retour Ă  la vie civile".
L'accord de cessation des hostilitĂ©s exclut les mouvements jihadistes comme l'Etat islamique (EI) et le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-QaĂŻda. Ces groupes continuent d'ĂȘtre la cible des frappes des forces gouvernementales, de l'aviation russe et de la coalition internationale menĂ©e par Washington.
Les Etats-Unis se sont félicités en termes prudents de la "réduction notable" de la violence entre pouvoir syrien et rebelles.
Il semble "qu'au cours de ces 24 heures, il n'y ait pas eu davantage de ruptures de la cessation des hostilités" que les jours précédents, a déclaré le porte-parole du département d'Etat, John Kirby. "Il semble que jusqu'à présent cela continue en gros à tenir", a-t-il dit.
La Russie, qui observe elle aussi l'application du cessez-le-feu, a réclamé la fermeture de la frontiÚre turco-syrienne. Cette fermeture permettrait de couper les voies d'approvisionnement des "terroristes", y compris par le biais de convois humanitaires, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangÚres, Sergueï Lavrov.
- 'Restauration du pays' -
"La résolution des problÚmes humanitaires et la restauration du pays, détruit par la guerre, ne seront possibles que grùce au maintien d'un cessez-le-feu durable et à la mise en place d'un dialogue inter-syrien sur l'avenir du pays", a souligné M. Lavrov.
La Turquie, pour sa part, a critiqué la stratégie des Etats-Unis en Syrie. Dans un entretien avec l'AFP, l'influent vice-Premier ministre turc Yalçin Akdogan a appelé Washington à cesser de "faire confiance à un petit groupe terroriste".
Il se référait à la milice kurde syrienne YPG, qui contrÎle une bonne partie du nord syrien le long de la frontiÚre turque et est en premiÚre ligne dans les combats contre le groupe Etat islamique.
AlliĂ© militaire de Damas, le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah, Hassan Nasrallah, s'est dĂ©clarĂ© "heureux de cette trĂȘve". "Si Dieu le veut, elle se poursuivra et mĂšnera Ă  un rĂšglement politique", a-t-il dĂ©clarĂ© dans un discours tĂ©lĂ©visĂ©.
En Jordanie, des affrontements ont opposé mardi les forces de sécurité jordaniennes et des jihadistes présumés dans la région d'Irbid, prÚs de la frontiÚre syrienne, faisant au moins cinq morts dont un officier, selon des sources des services de sécurité jordaniens.
Sur le plan humanitaire, l'ONU a annoncé qu'elle porterait assistance dans les prochains jours à 154.000 personnes dans des localités syriennes assiégées par les belligérants. Des aides ont été livrées lundi à Mouadamiyat al-Cham, ville rebelle encerclée par l'armée au sud-ouest de Damas.
Si la violence a diminué, un retour à la normale n'est pas encore à l'ordre du jour dans de nombreuses localités.
"Les gens ne peuvent vaquer tranquillement Ă  leurs affaires. Ils sont dans la mĂȘme routine car dĂšs qu'il y a un survol d'un avion militaire, ils descendent dans les abris", a dĂ©clarĂ© Ă  l'AFP via internet Hassan Abou Nouh, un militant de TalbissĂ©. Cette localitĂ© de la province de Homs, dans le centre, est l'une de celles qui sont comprises dans l'accord de cessez-le-feu.

Par Anne-Laure MONDESERT - © 2016 AFP
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