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Syrie: Obama intransigeant sur Assad, optimiste sur un succĂšs contre l'EI

  • PubliĂ© le 29 septembre 2015 Ă  20:51
Le président américain Barack Obama à la tribune de l'Onu, le 28 septembre 2015 à New York

Le prĂ©sident amĂ©ricain Barack Obama a de nouveau rĂ©clamĂ© mardi le dĂ©part du prĂ©sident syrien Bachar al-Assad pour vaincre les jihadistes de l'Etat islamique, tout en affirmant qu'ils finiraient par ĂȘtre vaincus, devant les membres de sa coalition antiterroriste.


La Russie, qui insiste au contraire pour maintenir Assad au pouvoir afin de combattre l'EI, a snobé ce sommet antiterroriste en n'y envoyant qu'un diplomate.
M. Obama avait convoqué cette réunion, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, pour remobiliser ses troupes, un an aprÚs le lancement de la coalition militaire contre les jihadistes, à laquelle participent une soixantaine de pays.
Pour le prĂ©sident amĂ©ricain, les jihadistes "finiront par perdre", mĂȘme si le combat sera long et "trĂšs difficile". Il demandera "des efforts soutenus de la part de tous", a-t-il insistĂ©, et "nos efforts militaires ne suffiront pas", a mis en garde le prĂ©sident amĂ©ricain devant les dirigeants de 104 pays.
"En Syrie, vaincre l'EI nĂ©cessite un nouveau dirigeant" remplaçant Bachar al-Assad, a-t-il rĂ©pĂ©tĂ©, comme il l'avait fait la veille Ă  la tribune de l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l'ONU, oĂč il avait croisĂ© le fer avec son homologue russe Vladimir Poutine sur la Syrie.
Face au groupe Etat islamique (EI), M. Poutine a appelé à une "large coalition" incluant Damas et Téhéran alors que M. Obama traitait Bachar al-Assad de "tyran". Les deux pays sont convenus de continuer à discuter de leurs divergences.
En attendant, la Russie a Ă©tabli une tĂȘte de pont dans l'ouest de la Syrie, bastion du rĂ©gime, et n'a pas exclu des frappes contre l'EI.
La Russie avait été invitée au sommet, mais pas l'Iran, qui aide pourtant l'Irak et la Syrie à combattre l'EI.
M. Obama a accueilli le Nigeria, attaqué par le groupe islamiste Boko Haram, la Tunisie et la Malaisie dans la coalition qui compte une soixantaine de pays, dont le Royaume-Uni, la France et les voisins arabes de la Syrie.

- Propagande extrémiste -
Elle a mené depuis un an plus de 5.000 frappes aériennes contre des positions de l'EI en Irak et en Syrie.
La France vient de se joindre aux raids en Syrie en détruisant dimanche un camp d'entraßnement du groupe EI. Ce qui a fait dire mardi à son chef de la diplomatie Laurent Fabius qu'elle "tape Daech (acronyme arabe de l'EI) mais les Russes, pour le moment, pas du tout".
AprÚs les frappes de la coalition, M. Obama a évoqué des succÚs militaires contre l'EI dans le nord de la Syrie, à la frontiÚre avec la Turquie, et la "libération de Tikrit", en Irak.
Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a réclamé "l'aide de la communauté internationale pour financer l'équipement de ses soldats".
En l'absence d'opérations au sol, dont ni Washington ni Moscou ne veulent entendre parler, les jihadistes contrÎlent toujours de vastes territoires en Irak et en Syrie.
L'EI a aussi pris pied au Yémen, en Libye ou en Afghanistan, profitant du chaos ambiant.
Un ambitieux programme de formation de 5.000 rebelles syriens par le Pentagone a également tourné au fiasco.
Etaient également invités au sommet de mardi une centaine d'organisations régionales et de représentants de la société civile et religieuse.
Le sommet devait aussi évoquer la menace que font peser les "combattants terroristes étrangers" une fois revenus des champs de bataille syriens ou irakiens, et la maniÚre de contrer la propagande extrémiste.
L'an dernier, M. Obama avait présidé une session du Conseil de sécurité consacrée à ces jeunes étrangers, dont beaucoup d'Occidentaux, endoctrinés et enrÎlés dans les rangs de l'EI.
Depuis lors, le phénomÚne n'a fait que croßtre. PrÚs de 30.000 jihadistes étrangers, dont 250 Américains, se sont rendus en Syrie et en Irak depuis 2011, selon des responsables du renseignement américain. La précédente estimation, datant d'un an, était de 15.000 seulement.
Les services français de renseignement estiment, eux, à 1.880 le nombre de Français faisant partie de la mouvance jihadiste, dont 491 ont gagné la Syrie ou l'Irak et 133 y ont été tués.


Par Angus MACKINNON - © 2015 AFP
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