La région est coupée du monde

Tensions au Cachemire: Donald Trump n'entend pas s'impliquer

  • PubliĂ© le 26 aoĂ»t 2019 Ă  18:30
  • ActualisĂ© le 26 aoĂ»t 2019 Ă  18:51
Le Premier ministre indien Narendra Modi et le président américain Donald Trump lors d'une rencontre, le 26 août 2019 à Biarritz

Le président américain Donald Trump n'entend pas s'impliquer au Cachemire, estimant que le Premier ministre indien Narendra Modi qu'il a rencontré lundi en marge du G7 en France, avait la situation "sous contrÎle" en dépit de la tension persistante.

Le prĂ©sident amĂ©ricain avait plusieurs fois dit qu'il Ă©tait prĂȘt Ă  s'impliquer dans ce dossier ultra-sensible entre l'Inde et le Pakistan, mais aprĂšs avoir rencontrĂ© M. Modi, invitĂ© au G7, il a dĂ©clarĂ© : "le Premier ministre a vraiment l'impression d'avoir sous contrĂŽle" la situation.

Cette dĂ©claration a Ă©tĂ© faite au lendemain d'un incident meurtrier dimanche, au moment oĂč le territoire himalayen entre dans sa quatriĂšme semaine de bouclage aprĂšs la rĂ©vocation dĂ©but aoĂ»t par New Delhi de son statut d'autonomie.

L'Inde a révoqué le 5 août le statut d'autonomie de la partie du Cachemire qu'elle contrÎle, provoquant des manifestations. Le Jammu-et-Cachemire (nom donné à cette zone par New Delhi) est peuplé en majorité de musulmans et revendiqué par le Pakistan.

Imran Khan, le Premier ministre pakistanais a annoncĂ© lundi qu'il allait faire une tournĂ©e mondiale "afin d'expliquer ce qui se passe" et dĂ©noncer "la politique poursuivie par Modi" qui fait "des ravages". Il s'est dĂ©clarĂ© convaincu que "de nombreux gouvernements musulmans qui ne nous soutiennent pas ouvertement pour leurs intĂ©rĂȘts economiques, le feront tĂŽt ou tard".

Depuis dĂ©but aoĂ»t, un blocage des communications tĂ©lĂ©phoniques, d'internet, et de fortes restrictions Ă  la circulation ont Ă©tĂ© imposĂ©s par le gouvernement indien. Mais cela n'a pas empĂȘchĂ© des Ă©chauffourĂ©es entre habitants et forces de sĂ©curitĂ©.

Dimanche dans le district d'Anantnag, des manifestants en colĂšre ont lancĂ© des pierres en direction d'un camion qu'ils ont pris pour un vĂ©hicule militaire. Le chauffeur de 42 ans a Ă©tĂ© touchĂ© Ă  la tĂȘte et est dĂ©cĂ©dĂ©, a indiquĂ© la police. Deux hommes ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s aprĂšs l'incident, a rapportĂ© l'agence de presse indienne PTI.

- "Libertés entravées" -

Selon les autorités indiennes, aucun civil n'est mort dans des opérations de police depuis le 5 août. Mais des habitants affirment que trois personnes sont décédées, dont une jeune mÚre, asphyxiée aprÚs l'envoi par la police d'une grenade lacrymogÚne dans son logement. De nombreuses sources au sein d'hÎpitaux ont affirmé à l'AFP qu'au moins 100 personnes ont été blessées, dont certaines par arme à feu.

L'Inde accuse le Pakistan de soutenir en sous-main des groupes armés au Jammu-et-Cachemire. Les deux pays se disputent le Cachemire depuis leur partition en 1947, au terme de la colonisation britannique. Les autorités affirment lever peu à peu les restrictions. Mais une délégation voulant s'enquérir de la situation et menée par une figure de l'opposition, Rahul Gandhi, a été refoulée à son arrivée samedi à l'aéroport de Srinagar -- la plus grande ville de l'Etat.

"Cela fait maintenant 20 jours que le peuple du Jammu-et-Cachemire voit sa liberté et ses libertés civiles entravées", a-t-il réagi sur Twitter. "Lorsque nous avons tenté de visiter Srinagar, les chefs de l'opposition et la presse ont pu avoir un aperçu de l'administration drastique et de la brutalité dirigée contre la population", a-t-il ajouté.

Le chef rĂ©gional de la police, Dilbagh Singh, a justifiĂ© le refoulement de M. Gandhi par la volontĂ© d'Ă©viter toute "dĂ©claration controversĂ©e" au moment oĂč la situation "revient Ă  la normale".

Le gouverneur du Jammu-et-Cachemire, Satya Pal Malik, a dĂ©fendu dimanche les restrictions en cours, assurant qu'elles visent Ă  maintenir la paix dans la zone. "Il n'y a pas eu un seul cas de meurtre au Jammu-et-Cachemire durant les 10 derniers jours. Si le blocage des tĂ©lĂ©communications permet de sauver une vie humaine, alors oĂč est le mal?", a-t-il dĂ©clarĂ©, selon des mĂ©dias indiens.

AFP

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