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Terrorisme: 3e jour d'alerte maximale Ă  Bruxelles, Salah Abdeslam introuvable

  • PubliĂ© le 23 novembre 2015 Ă  09:39
Policiers et militaires déployés le 22 novembre 2015 à Bruxelles en alerte antiterroriste maximale

Bruxelles vit lundi sa troisiĂšme journĂ©e d'alerte antiterroriste maximale, au lendemain d'une sĂ©rie d'opĂ©rations policiĂšres qui n'ont pas permis d'arrĂȘter Salah Abdeslam, suspect clĂ© dans l'enquĂȘte sur les attentats de Paris.


En raison d'une menace d'attentat jugée "sérieuse et imminente", Bruxelles sera de nouveau quasiment paralysée, une situation sans précédent pour la capitale de l'Union européenne.
Les autorités ont décidé dimanche de maintenir une journée de plus le niveau d'alerte à son maximum dans la région bruxelloise (1,2 million d'habitants) et de prolonger la fermeture du métro. Les écoles seront fermées, ainsi que les crÚches, les universités et les grandes écoles.
Du jamais vu dans le royaume. Une nouvelle Ă©valuation du niveau d'alerte et des mesures de sĂ©curitĂ© doit ĂȘtre faite par les autoritĂ©s belges dans l'aprĂšs-midi.
"Ce que nous redoutons, ce sont des attaques similaires à Paris, avec plusieurs individus, avec des offensives à plusieurs endroits" avec pour cibles potentielles "des endroits trÚs fréquentés", a déclaré, le ton grave, le Premier ministre belge Charles Michel.
Samedi, il avait déjà évoqué ces risques et pris des mesures drastiques qui ont transformé Bruxelles en ville morte tout au long du week-end, devant le risque d'un carnage comme celui du 13 novembre à Paris, qui a fait 130 morts et 350 blessés.
Dimanche soir, un vaste coup de filet en Belgique n'a pas permis de mettre la main sur Salah Abdeslam, suspect qui a joué un rÎle clé dans les attaques de Paris et reste introuvable depuis. Mais 16 suspects ont été interpellés.
"Le nommé Salah Abdeslam n'a pas été intercepté lors des perquisitions" conduites dans six communes de l'agglomération bruxelloise et à Charleroi (sud de la Belgique), a annoncé le parquet fédéral lors d'une conférence de presse dans la nuit de dimanche à lundi.
Dans un Bruxelles barricadĂ© et quasiment Ă  l'arrĂȘt, la police a procĂ©dĂ© Ă  19 perquisitions. "Ni arme, ni explosifs n'ont Ă©tĂ© dĂ©couverts", mais la police a mis la main sur 16 personnes dont le sort devrait ĂȘtre connu lundi.
Parmi elles, lors d'une descente dans un snack-bar de Molenbeek-Saint-Jean, rĂ©putĂ© fief jihadiste, un individu a Ă©tĂ© blessĂ© par des policiers qui ont tirĂ© lorsqu'il a dirigĂ© sa voiture dans leur direction, selon le parquet. L'homme a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© mais il est impossible Ă  ce stade de dire s'il y a un lien entre cet incident et l'enquĂȘte antiterroriste en cours.
En milieu de nuit, les communes de Molenbeek et Schaerbeek, oĂč se sont notamment dĂ©roulĂ©es les opĂ©rations, avaient retrouvĂ© leur calme, ont constatĂ© des journalistes de l'AFP. La circulation Ă©tait extrĂȘmement faible: seuls quelques voitures, des taxis et des vĂ©hicules de police et de l'armĂ©e Ă©taient visibles. Les passants se faisaient trĂšs rares.
L'armée et la police restaient toutefois sur le qui-vive devant des lieux stratégiques comme la Grand-Place, la résidence de fonction du Premier ministre ou encore son bureau.
- 'ennemi public numéro un' -
MalgrĂ© cette accĂ©lĂ©ration de l'enquĂȘte, Salah Abdeslam s'est Ă©vaporĂ© dans la nature.
Ce Français de 26 ans, résidant en Belgique, a au moins joué un rÎle de logisticien dans les attentats de Paris. Son frÚre Brahim s'est fait exploser dans un restaurant parisien le 13 novembre. "Ennemi public numéro un" pour la presse belge, il aurait été exfiltré vers la Belgique quelques heures aprÚs les attentats de Paris, selon deux hommes qui disent l'avoir aidé.
Son frÚre aßné Mohamed, interviewé dimanche à la télévision, l'a appelé à se rendre.
La police française a de son cĂŽtĂ© diffusĂ© un appel Ă  tĂ©moin, assorti d'une photo, pour identifier le troisiĂšme kamikaze des abords du Stade de France. Cet homme est passĂ© par l'Ăźle grecque de Leros, en mĂȘme temps qu'un autre kamikaze du Stade de France, qui reste non identifiĂ©.
Jusqu'ici, seul l'un des trois auteurs des attaques suicide prÚs du stade a été identifié: il s'agit de Bilal Hadfi, un Français de 20 ans qui résidait en Belgique.
En Belgique, un troisiĂšme suspect arrĂȘtĂ© a Ă©tĂ© inculpĂ© en fin de semaine pour terrorisme. Des armes ont Ă©tĂ© trouvĂ©es Ă  son domicile, mais pas d'explosifs.
L'enquĂȘte se poursuit Ă©galement en Turquie, oĂč un Belge d'origine marocaine - Ahmad Dahmani, 26 ans - soupçonnĂ© d'avoir aider Ă  repĂ©rer des cibles pour les attentats Ă  Paris, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©.
- marathon diplomatique -
Dans ce climat, le prĂ©sident amĂ©ricain Barack Obama a rappelĂ© qu'il se rendrait Ă  la grande confĂ©rence sur le climat Ă  Paris (COP 21), qui dĂ©bute le 30 novembre, appelant les dirigeants de tous les pays Ă  faire de mĂȘme pour montrer que le monde n'a pas peur des "terroristes".
Sur le plan diplomatique, le président François Hollande entame lundi un marathon pour tenter de forger une vaste coalition contre l'EI, qui a revendiqué les attentats.
Il recevra à l'Elysée lundi le Premier ministre britannique David Cameron, avant de s'entretenir avec M. Obama mardi à Washington, avec la chanceliÚre allemande Angela Merkel mercredi à Paris puis avec le président russe Vladimir Poutine jeudi à Moscou.
Sur le terrain militaire, la France va pouvoir engager dÚs lundi contre l'Etat islamique son porte-avions français Charles de Gaulle, arrivé en Méditerranée orientale.
L'armée française va ainsi tripler sa capacité de frappes sur l'Irak et la Syrie, les 26 chasseurs embarqués sur le porte-avions venant s'ajouter aux 12 appareils stationnés aux Emirats arabes unis et en Jordanie.
La France, traumatisée, va rendre hommage à ses morts cette semaine, avec les premiers enterrements qui devraient avoir lieu lundi, avant un hommage national vendredi.

Par Peter MURPHY - © 2015 AFP
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